23 juin 2009

Saint-Putois, priez pour nous

Bienvenue dans le Pays de la Prise de Tête.

Bien évidemment j'ai été auto-nommée Présidente de cette nouvelle République dictatoriale.

Han, nan, ça pue du cul (oui maman, ça pue du cul, j'ai le droit de le dire, c'est mon blog (non ma mère ne lit pas mon blog, oui elle n'apprécie pas du tout que je dise "ça pue du cul", peut-être à cause de l'assonance ?)) d'être Présidente.

Je suis la Reine.

 

En tant que Reine, je déclare que la séance du jour s'ouvrira sur cet extrait des paroles de la chanson des Fatals Picards "Le Putois" :

[...]

moi...

J'aime le putois
J'aime le putois
Il est franc il est droit
Oui j'aime le putois
J'aime le putois
J'aime le putois
En son nom je me bats
Oui j'aime le putois
[il est toujours joyeux !]

[...]

Commençons la Prise de Tête du Jour.

(Attention, ça cause boulot.)

Vous avez d'un côté, une proposition de stage et thèse dans un laboratoire plus qu'honorable, voire bon, voire très bon, de la région parisienne, à la presque-campagne. Le sujet, bougrement intéressant, porte sur un secteur que la Reine a toujours voulu étudier en Science, et permettrait d'utiliser des techniques chouettes - bien qu'usuelles. (Trop usuelles.) Le virus est cool - vous savez, ce virus qui  vous est transmis par un renard dégueu, atteint les neurones, vous fait baver et donne envie de mordre votre prochain tout en vous rendant l'eau totalement répugnante (ce qui fait que vous pouvez crever de plusieurs façons, cerveau explosé, noyé dans votre bave, mort de soif, ou abattu par les services vétérinaires), et ce serait bien de changer de virus. De toutes façons, la grippe, maintenant que tout le monde l'a, ça a perdu tout son intérêt. (SNOB).

De l'autre côté, vous avez un stage proposé par Gros Lapin et Kazuo. Continuer mon projet, mais avec la technique qui déchire sa race. Mais sans doute pas de poursuite avec la thèse.

 

Donc, pas tellement de nouvelle eau apportée au moulin, si ce ne sont les éclaircissements d'un de mes anciens profs, plus ceux du jury de M2.

D'après eux, faire un stage à l'étranger n'est pas handicapant pour la thèse, tant qu'on anticipe. Qu'on commence à chercher un labo suffisamment tôt pour ne pas être à la traîne, ensuite.
Et surtout : "Vous êtes dans le meilleur labo sur ce sujet. On vous propose de rester, de recommencer un stage. Vous imaginez mieux sur une carte de visite ? Si j'étais vous, je foncerais." ("Pour la thèse, vous aurez encore le temps de voir venir.")

Mais : avis contraire de J., potesse de fac attitrée et surtout major de promo devant l'Éternel (mon berger), grande planificatrice de sa carrière. Avis contraire de Poulet. Avis contraire de Ricardo. Avis contraire de la chercheuse du labo de la presque-campagne.
Pour une foule d'arguments divers et (a)variés : moins de places disponibles pour la thèse, donc moins de choix ; impossible de "tester" le labo avant de s'engager pour trois ans ; délai de temps trop court pour se préparer au concours des écoles doctorales et décrocher la bourse ; trois ans de thèse seulement, peut-être trop peu pour le boulot qu'il y a à faire.

Alors, nous avons d'un côté le jury de mon master, associés aux chercheurs de mon labo actuel, vs. les étudiants et les chercheurs en poste (donc moins habitués à conseiller les étudiants, mais sachant ce qu'ils désirent).

Par-dessus tout ce mic-mac, les pensées personnelles, dans lesquelles j'aimerais pouvoir m'empêcher de m'aventurer. La jungle. Des lianes dans tous les sens, des ronces, des singes hurleurs, des fruits trop mûrs dont l'odeur tourne la tête, des araignées venimeuses.

 

J'essaie de résumer tout ça à la questions simple. Si un de tes amis devaient choisir entre 7 mois d'excellence (et une suite moins assurée...) ou 4 ans de "bon-voire-très-bon", que lui conseillerais-tu ?

Vachement simple, merci cerveau, je suis bien avancée.

 

S'ensuivent trente minutes de brain-storming, les doigts dans le beurre de cacahuètes.

[Les sujets du Royaume de la Prise de Tête ont aussi droit à du beurre de cacahuètes. Beurre de cacahuètes à volonté pour les sujets du Royaume de la Prise de Tête ont aussi droit à du beurre de cacahuètes.]

Si j'étais vous, je foncerais... Nan, trop galère...

Carrière internationale... Excellence... Flou... Incertitude...

Si tu te plantes tu finiras sans diplôme et sans argent et sans copain (ou copine, si je puis me permettre) et des pustules plein la face et tu passeras à "La Vraie Vie des Gens" à 17h30 sur France je-sais-pas-combien, dans la thématique "elle avait tout, elle devait choisir, elle s'est gourée, et paf". (Tiens, comme l'histoire de Paf-le-chien, vous connaissez Paf-le-chien ?)

J'ai 20 piges, bordel.

Le seul problème auquel j'ai envie de réfléchir, c'est "est-ce que j'essaie de me teindre les cheveux ? Roux, rouge ou rose ?"

 

Vraiment trop galère... Franchement, si j'étais vous, je foncerais...

 

La séance Prise de Tête du jour est levée.

Merci de votre visite, n'oubliez pas de remettre les pots vides de beurre de cacahuètes près du frigo. Avant de quitter la pièce, entonnez avec moi les paroles de la chanson de Mo-Do "Eins, Zwei,Polizei" :

Eins, zwei, Polizei,
Drei, vier, grenadier'
Fünf, sechs, alte hex'
Sieben, acht, gute Nacht.
Neun, zehn, auf Wiedersehen!

Oh, oh, oh, oh, oh
...

Ja, ja, ja, was is' los, was ist das ?

01 juin 2009

ké en mwen ka pèd cadence lé

[Elle est vivante ! Elle est vivante !

Je collerais bien une illustration de la créature de Frankenstein, mais coller une illustration entre des parenthèses, enfin des crochets, car quand je parle ce sont des crochets, bref, s'est déjà révélé périlleux.]

 

 

Cette fille à la voix d'ange... Tiens, appellons-la Angela. Je l'ai rencontrée mercredi matin, neuf heures tapantes, pendant une réunion de labo. Elle avait passé quelques années ici, pour sa thèse je crois, et revenait... je ne sais pas pourquoi, pour quelques jours. Petite, physique plutôt médiocre (un peu de charme ? peut-être - mais je crois que pour un garçon, dire qu'une fille a du charme revient à dire qu'elle est moche - l'inverse pour les filles parlant des mecs, alors). Mais dès qu'elle ouvre la bouche, ah. La fille détient une voix de conteuse. Ou d'enchanteresse. Avec un accent britannique délicieux... Pourtant, je l'ai entendue discuter en allemand avec Petra et il ne me semblait pas avoir décelé d'accent étranger. Alors, germaine ou britonnaise ? On s'en fiche, Angela, pitié, parle encore.
Je pourrais payer pour pouvoir entendre cette voix chaque jour. Ça sonne psychopathe, d'écrire quelque chose pareil. Pourtant... je crois n'avoir jamais ressenti une chose pareille en entendant seulement quelqu'un parler. Être uniquement capable de penser Parle encore, ne t'arrête pas, aligne les mots, on s'en tape que cela ait un sens, remarque tu arrives à avoir la plus belle voix que j'ai jamais entendue et à sortir des raisonnements vachement intelligents, mais parle encore !

Mercredi et jeudi ont été dinguement occupés. Je devais prendre le train à 16h pour arriver à Paris jeudi soir, un entretien à passer vendredi matin pour mon prochain stage. Angela restait jusqu'à vendredi. Mais avec des expériences dans tous les coins, additionnés aux candidatures aux stages et aux documents à rassembler pour le dossier de master, je n'ai plus eu d'occasion de l'entendre. Candidatures aux stages : alors que je discute avec Kazuo de mes différents entretiens, celui du vendredi matin sur la rage, celui de mercredi sur la dengue, il ajoute avec désinvolture que j'ai aussi la possibilité d'effectuer mon stage de M2 au labo. Chose qu'on n'avait jamais discutée et que j'avais donc laissée de côté, restant devant le choix Paris/province/contrée lointaine (récemment, je pensais à l'Australie. Je rêve d'Australie depuis le collège).

 

Crocodile Dundee II.jpg

Alors, pendant mon entretien de vendredi, mes pensées décollent parfois du projet sur la rage pour revenir au labo de Zürich. À mon projet, mon bébé ; à Wilh, Ned, Anton ; à la ville elle-même, la neige en hiver, le lac, les barbecues et les sorties au bord de la rivière en été. Cerveau, reviens à la rage, cerveau, tu envisageras de passer sept mois de plus en contrée suisse plus tard, quand tu seras à plus de quarante centimètres de ta peut-être future boss.
Car ce projet sur la rage se trouve tout à fait intéressant. Et j'ai toujours dit que je choisirais mes stages par rapport au projet. Temps de revenir sur ma parole ? Il me reste plusieurs semaines de réflexion.

 

Samedi, 22h, Kazuo m'envoie un mail. Ma dernière expérience s'est bien déroulée, je peux passer à la suite. Et au fait, il doit me prévenir : Angela a discuté avec Gros Lapin. Elle reviendra au labo en juillet et testera les cibles que j'ai trouvées avec de nouvelles techniques - des techniques qui déchirent sa race, soit dit en passant.

Sous-entendu : Angela reprend ton projet dès que tu te casses, ma poule.

 

Poule.jpg

 

Quoi ?

Excusez-moi, je dois avoir mal esgourdé. Vous trouvez-vous en capacité de répéter la nouvelle à mon ouïe ?

 

Angela reprend mon projet.

 

Moi qui avais tant peur de ne pas avoir le temps de finir, pour ne pas que le projet tombe aux oubliettes, je devrais être contente. Une fille intelligente et expérimentée va prendre la suite, le mener à bien, bébé ne va pas être jeté avec l'eau du bain.

 

Nirvana - Nevermind.jpg

Mais alors : cette proposition de Kazuo ? Était-ce bien une proposition ? Est-ce que je ne me serais pas tout simplement trompée : je pourrais re-postuler pour un stage chez Gros Lapin, mais pas forcément sur mon projet, peut-être avec Kazuo mais pas forcément avec mon bébé, un bébé proche, son frangin peut-être, mais pas mon bébé...
Bam.
Je n'avais pas vraiment envisagé de revenir après juillet.
Si, je l'avais envisagé. Et rapidement chaque fois chassé l'idée, comme on chasse un putain de moustique qui s'approche trop près de l'épaule. Impossible. Même si je n'aime pas tuer les bestioles, tu ne boiras pas de mon sang. Même si j'aurais envie de revenir, j'aimerais faire ce stage en France, et de toutes façons Kazuo ne m'a jamais rien proposé, ne rêve pas.
Et Kazuo proposa (ou pas ?)
Et je laissai le moustique se poser sur mon épaule et commencer à prélever. A+, ce n'est pas très original mais ça a bon goût, pas vrai moustique.

 

Sang - poche.jpg

Et voilà que Kazuo m'annonçait que mon bébé allait tomber dans les mains d'une autre.

Pis, la conteuse à voix mélodieuse se révélait traîtresse.

 

Se répéter pendant des heures que ce n'est pas grave... Que le projet sur la rage est chouette, et prometteur mais ce n'est pas mon bébé. Que non, je ne retournerais pas à Zürich, mais que de toutes façons je ne comptais pas y passer ma vie, pas vrai ? Ça aurait été difficile de rechercher un nouveau logement, ça aurait été difficile d'effectuer ce stage à l'étranger car il aurait fallu des aménagements d'options, ça aurait été difficile de décrocher une bourse de thèse puisque je ne pourrai pas la faire chez Gros Lapin (ou bien ?) Alors, finalement, ça vaut mieux, n'est-ce pas cerveau ?

Cerveau - femelle.gif

Alors, je réponds à Kazuo que j'avais compris, quand il avait formulé sa proposition, que ce serait pour continuer sur mon propre projet ; mais que si Angela le reprenait, ce ne serait pas possible et qu'il fallait qu'on discute de tout ça.

 

Dimanche, aujourd'hui, soir, réponse de Kazuo.

 

Angela revient en juillet, oui. Elle compte continuer avec tes cibles, oui. Elle utilisera ces nouvelles techniques, oui.

Mais elle ne restera que 10 semaines.

Elle effectuera ce travail sans être payée et ce sera peut-être surtout de la mise au point.

 

!!!

 

Si je ne m'abuse, c'est un coming-back de mon bébé. Une remontée en flèche d'Angela dans mon estime.

Et aussi, le signe que mon choix de stage va être terriblement cornélien.

 

 

Corneille.jpg

30 janvier 2009

Bleu, Vert, Rouge

J'ai commencé pour de vrai. Ça y est ! Hier, j'ai balancé des virus grippaux sur mes cellules de poumon. Aujourd'hui, je suis partie à la recherche de ma protéine. NP est une protéine chargée - entre autres - d'emballer le génome du virus. Comme un emballage de Twix emballe... un Twix. Parce que le génome du virus, c'est comme un Twix : précieux, et le plus important dans ce qu'on achète. Un virus qui ne sait pas protéger son génome, c'est naze, parce que qui dit erreur dans le génome dit reproduction presque impossible (est-ce que j'ai besoin de dire pourquoi se reproduire c'est cool ?)

Donc, pour partir à la recherche de la fameuse NP, il faut balancer des anticorps dessus. Des anticorps qui font de la lumière verte - j'adore les trucs qui font de la lumière. Pour voir la lumière, il faut éclairer les cellules avec un rayon laser (mais si, vous savez, le truc avec lequel votre patron fait joujou pendant les présentations Power Point en pointant le crâne chauve de son n-1).

NP.jpg
Ouais, bon, ok, ça fait de la lumière.
C'est très chouette.
Mais ça ne sert pas à grand-chose si on ne sait pas où se situe la lumière verte. Un peu comme si vous aviez faim, regardiez la carte des restaurants Courtepaille, mais ne saviez pas quelle sortie d'autoroute il faut prendre pour aller à la Courtepaille la plus proche.

Donc pour ça, on balance de la lumière rouge et de la lumière bleue : la lumière rouge pour délimiter la cellule,
Actine.jpg
(là il y en a 6),

bleue pour localiser le noyau de la cellule :
Noyau.jpg
(1, 2, 3, 4, 5, 6... Le compte est bon, on dirait)

On ne dirait pas comme ça, mais les trois images se superposent.
Ce qui donne une image à trois couleurs qui dit où se trouve la protéine recherchée ! Magique !

En l'occurence, NP se trouve dans le noyau.

Ok, les non-scientifiques se trouvent sûrement en train de se gratter le cuir chevelu, en se demandant mais putain c'est à ça que vont nos impôts ? Faire mumuse avec des anticorps qui font de la lumière ?

La localisation de la NP, c'est le premier pas vers la trouvaille de la manière de la court-circuiter.

Qu'est-ce qui se passe quand on court-circuite un emballage de Twix ?

Le Twix fond.

Qu'est-ce qui se passe quand on court-circuite la NP ?
Y  a plus de grippe !

Moralité :
Un Twix vaut mieux que deux, tu l'auras.



(Sur ce, je vais me coucher, je me lève à 6h15 demain matin pour aller au week-end de ski du labo...)

29 janvier 2009

Sur la liste

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas, dit le dicton - ou Pierce Brosnan dans Mrs Doubtfire.

Pierce Brosnan - Mrs Doubtfire.jpg
"Mais au fait, quel est votre nom ?
Mon nom ? Oh ! Je croyais vous l'avoir dit...
Hé bien, je m'appelle, heu... Doubtfire ! Mrs Doubtfire, très chère."

Ce n'est pas vrai, évidemment. L'une des choses les plus importantes qu'on apprend en biologie c'est que dans la Vie, il n'y jamais de 100%. Il y a des gens qui ne changent pas, jamais. Ou il y a des gens qui changent en surface, mais restent les mêmes en profondeur.
Mais la majorité des gens, y compris les imbéciles, change... Ou plutôt, évolue.


Découvrez Lou Reed!

Cette évolution peut être naturelle, ou provoquée. Par des événements plus ou moins graves ou... d'autres gens. Tout comme certains reviennent transformés de leur voyage au Népal ou au Pérou, j'ai l'impression d'être façonné par certaines rencontres.

Pour moi, le titre "homme/femme de ma vie" (article en partie inspiré par aWa) peut être attribué à toute personne qui a changé notre façon d'être alors qu'on ne s'y attendait pas. En général, on s'attache à cette personne, sans vraiment savoir pourquoi au juste. Pas vraiment un(e) ami(e) ou un(e) amoureux(se) ; pourtant cette personne est spéciale et peut passer avant de vrais amis. Je crois que ce qu'on doit à une telle personne reste de longues années, voire toute une vie ; c'est le genre de personnes dont on sait qu'on dira à ses petits-enfants, Ah, lui... avec les yeux dans le vague et un petit sourire ancré à la joue.

Grand-Mère Feuillage.jpg
Qué, qué, naturura, un jour tu verras...
Viens mon enfant, je vais te conter l'histoire de Pocahontas et John Smith !

Par (ma) définition, les hommes/femmes de ma vie ne sont pas nombreux.

Pour l'instant, je ne vois pas grand-monde : Romain(c'est sûr), Célimène, Ricardo (pourquoi pas), ma prof de génétique de l'année dernière ; ma grand-mère maternelle ; je ne peux pas compter Poulet, il ne rentre pas dans la définition. /Je suis sûre que j'aurais envie de rajouter plein de gens dès demain et que je me sentirai bête de ne pas les avoir comptés. On verra plus tard, donc./

J'ai comme qui dirait l'impression que ma liste va s'agrandir bientôt.

Je sens comme qui dirait une connexion particulière avec Anton, un des étudiants arrivé en même temps que moi. Je ne sais pas vraiment ce qui me fait dire ça, mais il y a un truc, pas encore définissable. Déjà, quand je le vois, je suis toujours de bonne humeur, ce qui n'est pas négligeable pour une fille qui s'identifie à Grincheux. Ensuite, il a toujours les yeux qui brillent, comme s'il était un peu fiévreux, j'adore ça (j'adore les gens avec l'air fiévreux... Qu'ils soient mômes, de mon âge ou grand-parents... Je ne peux pas tomber amoureuse d'Anton, il met du gel. Je ne tombe jamais amoureuse des garçons qui mettent du gel.) Et je sens que si je ne pousse pas la relation au maximum (moi, l'ermite sociale) je le regretterai longtemps - et amèrement. /Je crois que je viens de trouver un de mes mots préférés de la langue française, amer/amère. J'aime beaucoup garçonne, aussi./

Est-ce qu'on peut être amis sans parler la même langue ? Ma tante, française, s'est mariée avec un néerlandais et leur couple dure depuis... Mais quand on est amoureux, on a d'autres façons de communiquer aussi. L'amitié, ça passe quand même beaucoup par les paroles. /Là, je veux bien un témoignage de vraie amitié inter-nationalité, si vous avez ça sous la main./

J'essaie un peu de comprendre pourquoi c'est tombé sur lui.

Je pense qu'il y a de grandes chances que je me plante et qu'Anton régresse de mon point de vue au commun des mortels. Qui sait...

***

À part ça, quelques nouvelles pour poursuivre sur les billets précédents :

J'ai eu mes cellules ce soir. J'ai pu me faire deux boîtes de Pétri (cf. note précédente) pour les cultures et une boîte pour les expériences. Je pourrai les infecter avec mes virus demain matin. Enfin !!

Quand je disais que les chercheurs de ce labo y passaient leur vie, j'étais encore en-dessous de la réalité. Tout à l'heure, Kazuo me sort Ah, ces résultats-là, ça vient de l'expérience que j'ai menée dimanche. Tu étais au labo dimanche ? (interloquée, j'étais) Bah oui, je t'ai envoyé un mail à 22h ! Résultats des courses : Kazuo était au labo dimanche de midi à 23h.

Discutant avec Anton et Gabriele, on plaisante sur le fait qu'on devrait voler des coussins à la caféteria pour pouvoir dormir dans notre salle. Et là, magistralement, intervention d'Anton : sinon, il y a le canapé au troisième étage... j'ai dormi là, la fois où j'avais une expérience jusqu'à 3h30. Votre Servitrice (moi) : 3h30... in the morning ? (interloquée, j'étais de nouveau). Hé oui. Je vais bientôt pouvoir amener mon sac de couchage au labo.

26 janvier 2009

Good night... and good luck

Je me suis rendu compte ce soir que j'avais raté un truc énorme au labo. À Armand, qui se plaignait de sortir tard le soir, vers 18h30-19h, j'ai répondu que pour l'instant, comme je ne manipulais pas, je sortais plus tôt, vers 17h30, mais quand je manipulerais je sortirais sans doute à la même heure que lui.

C'était pendant ma pause, l'échappée que j'avais prise sans demander la permission à qui que ce soit. Kazuo venait vraiment de me saouler. Je ne manipulais pas encore parce que je devais avoir une introduction au travail avec les virus ; introduction que j'ai eue ce matin-même. Pour étudier le virus, il faut des cellules, une responsable nous en avait donné jeudi. Je vais voir Kazuo pendant qu'il entretiens les siennes, il a presque fini ; il met dans un tube le surplus de cellules, dont il ne se servira plus. Est-ce que la responsable t'a donné des cellules ? Oui, mais je vais vérifier qu'elles sont toujours là... J'ouvre l'incubateur et retrouve mes cellules. Kazuo jette donc son tube inutile. Au moment où je rouvre l'incubateur pour remettre ma boîte de cellules : Oh, tes cellules étaient stockées dans l'incubateur utilisé pour les expériences, d'habitude il faut les mettre dans celui utilisé pour la culture... Là, il prend l'air embêté qu'empruntent les lâches quand ils savent qu'à cause d'eux, on est un peu dans la merde. (Connaissant pertinemment la réponse (bis), je lâche un :) Je dois les jeter, c'est ça ? (air embêté, le retour) Je préférerais, oui. (Connaissant pertinemment la réponse (bis), je tente un :) Quand est-ce que je pourrais prendre de tes cellules ? Il faut attendre qu'elles se divisent... Jeudi...
Argh ! J'aurais pu commencer mes manipulations aujourd'hui s'il avait regardé d'où je sortais mes cellules, ou juste attendu trois secondes de plus pour jeter son tube. M'énerve ! M'énerve ! Je pourrai commencer jeudi ; jeudi, mon 9ème jour de stage. Merci Kazuo, c'est pas que je m'emmerde à ne faire que lire des articles, mais un peu quand même, tu vois.

Ah non je me goure ! Ça, c'était la bourde de ce matin, avant que je doive partir en réunion super chiante en banlieue.

Cet après-midi, pendant que je digérais la peine prolongée au purgatoire, l'horrible réunion et mon sandwich au saumon, je vais voir Kazuo pour lui demander de la lecture puisque je n'avais que ça à faire. On discute de mon projet, tout ça, il rechigne à me passer son Power Point explicatif (m'énerve !), puis il me dit que dans quelques minutes il va procéder à l'injection des ARN dans les cellules et qu'il m'appellera pour que je puisse regarder. Je réintègre mes pénates, ou plutôt la salle informatique dans laquelle les étudiants doivent se faire une place et commence à lire, quand Petra, une fille (trop) parfaite comme je n'en avais jamais connue (jolie, blonde, les yeux bleus, mince, toujours souriante, toujours à l'aise, toujours gentille, et forcément intelligente puisqu'elle est en thèse ici), vient me proposer un goûter à base de muffins avec les autres (je vous l'avais dit : (trop) parfaite), dans la salle à côté. La porte est à 1m de la porte de ma salle habituelle.
Au bout d'un quart d'heure, toujours pas de Kazuo. J'ouvre la porte de la salle de culture cellulaire : il est là, en train de manipuler. Je passe ma blouse et entre dans la salle. Regard gêné de Kazuo. Tu as déjà fini, c'est ça ? Oui, je viens juste de finir.
Râââââh mais achevez-le, bon sang de bonsoir ! Il n'est jamais là quand j'ai besoin de lui et il n'est même pas fichu de venir me chercher comme il l'avait promis !
M'énerve !

Mouton à moitié tondu.jpg

(Revenons à nos ovins.)

J'aime bien aller voir Armand, parce que je peux sortir par l'arrière de mon bâtiment pour rejoindre le sien, à deux pas ; l'arrière du bâtiment touche le bois. /Oui, on le saura que tu aimes les arbres et la Nature... Arrête de nous les briser.../
Beaucoup de chercheurs de son équipe parlent français. On discutait depuis 10 minutes quand un gars arrive et sort à Armand, d'un ton vindicatif et avec un accent français à couper au couteau : Who is she ? Oh, c'est une amie de la fac qui fait un stage en même temps que moi, répond Armand. Je suis dans l'unité de Gros Lapin, juste en face, ajoute-je.  Et là, le gars lui sort qu'Armand aurait pu l'informer, qu'il doit savoir exactement qui est présent dans le bâtiment, qu'il y a des gens qui viennent voler des choses, que même si c'est son grand-père qui vient le voir, Armand doit le prévenir. Primo, qu'est-ce qu'il y a à voler ici, à part des pipettes et des bactéries ? Qui viendrait voler des trucs pareils, on a les mêmes en face ? Deuxio : est-ce que j'ai vraiment une tronche à venir subrepticement chouraver des boîtes de Pétri ?

 

(une boîte de Pétri c'est ça : )

Boîte de Pétri.jpg
(article intéressant de l'INRA sur les levures du pain...)

Revenant à mon propre boulot, je découvre que je peux accéder aux ordinateurs avec le mot de passe que m'a donné l'Université. Chouette. J'installe Chrome sur l'ordinateur uniquement doté d'IE (IE =  Evil) (et ça faisait un bail que je voulais tester Chrome) et je commence des recherches Internet parallèles à mes lectures.

Le temps passe, je trouve des bons articles, j'aimerais aller demander des renseignements à Kazuo mais je sais très bien que dans ce domaine il en sait autant que moi (et puis il m'énerve trop). Je me rends compte que la femme qui donnera une conférence jeudi prochain dans mon bâtiment, qui vient de Jussieu, a écrit un article centré exactement sur les papiers qui m'intéressent en ce moment.
Le temps passe, je vois Anton mettre son blouson. Tu pars ? Non, je vais chercher à manger.
Un groupe de chercheurs passe dans le couloir. On vient chercher à manger, tu viens ? Non, je vais partir bientôt je pense... L'ordinateur indique 18h45. Je viens de battre mon record.
Je décide d'attendre Anton pour partir. Gabriele s'en va, étonnée que je reste aussi longtemps ; pour une fois, j'ai envie de finir ce que j'ai commencé.
Anton revient en même temps que le groupe de chercheurs. 19h20. Bah ? Pas encore partie ?
Finalement, je quitte le labo à 19h45. Dehors, il fait nuit noire. Anton et quelques autres sont restés, penchés sur leurs ordinateurs ou leurs papiers.
Sur le chemin, je croise Kazuo, portant fièrement un sandwich et un Coca.

C'est donc ça qui m'attend ?

Arriver au labo à 9h a.m., en repartir à 9h p.m. ?

Lire, manipuler, lire, manipuler, une demi-heure pour déjeuner, on recommence, on prend un sandwich, on recommence, on rentre chez soi pour se coucher et... On recommence encore ?

Dieu du Ciel ! Je comprends maintenant pourquoi plein de chercheurs soutiennent qu'une vie de chercheur est incompatible avec une vie de famille.

Chercheur.jpg

(heureusement que l'arrivée du fils dompteur de dragons de Ricardo est là pour me fournir un contre-exemple)

09 novembre 2008

Laure, Gros Lapin, et les Sept Nains

L'histoire de la recherche de stage de Laure et de ses péripéties avec Gros Lapin, le tout entrecoupé de magnifiques images de Blanche-Neige et les Sept Nains (pour me faire oublier que mon pantalon trop petit fait magnifiquement ressortir mon bourrelet ventral).

 

Le 10 octobre, on m'apprend que je suis sélectionnée pour partir à Zürich.

Le week-end suivant, je mate le site du labo, pour repérer les sujets qui me bottent. Je sélectionne Gros Lapin en number one. Gros Lapin travaille sur the sujet, Gros Lapin publie dans les revues scientifiques les plus hype qui soient (bon, j'imagine que hype n'est pas vraiment le terme qui convient, mais c'est pour l'idée, quoi).

Prof.gif

Lundi 13, je me creuse la cervelle pour savoir quoi dire dans mon mail de présentation. Me présenter et montrer que je suis la meilleure und très motivée d'accord, mais in English, je ne l'ai jamais fait.

Timide.jpg

Mercredi 15, j'envoie ce foutu mail de présentation.

Et j'attends.

Au bout d'une semaine, je commence à m'inquiéter, on me conseille de relancer. Armand, le garçon qui part aussi à Zürich va le faire, il faut que je le fasse aussi, ce serait vraiment la loose qu'il parte et pas moi.

Dormeur.jpg

Le 27, une fois qu'Armand m'a raconté qu'il avait relancé et avait reçu une réponse - négative...-, je relance Gros Lapin le soir-même.

Et j'attends.

Et je flippe dès que j'ouvre ma boîte mail.

atchoum - 2.jpg

Le 29, réunion Erasmus. Je suis la seule à ne pas avoir trouvé de stage. Armand a envoyé des mails tous azimuts et s'est fait accepter par un labo qui accueille chaque année des étudiants Erasmus. Je n'ai pas du tout envie d'aller dans un labo avec ce genre de sujets, c'est de la Structure pure. En gros, passer des mois à purifier des protéines, puis essayer par toutes les méthodes barbares (rayons X, balançage d'électrons sur la tronche) imaginables de voir à quoi ça ressemble, à l'angström (10 fois moins qu'un nanomètre, donc 10 000 000 fois moins qu'un millimètre) près. Moi, je veux en découdre avec les virus. Je veux le stage de Gros Lapin. Gros Lapin, Gros Lapin, je veux l'avoir et je l'aurai !
Dès que je rentre, je prends le combiné de mon téléphone. La liaison avec la Suisse met du temps à s'établir, je prie pour que mon téléphone ne fonctionne pas, pour que je n'aie pas à discuter en anglais avec Gros Lapin, qui m'intimide à mort. Mais Gros Lapin décroche, je lui rappelle que je lui ai envoyé deux mails, il me promet de regarder d'ici la fin de la semaine, il raccroche (durée de la conversation : 1'38'', sonnerie du téléphone incluse). On s'en contrefiche : I did it !

Joyeux.jpg

Vendredi 31, 19h, dernier carat pour ma définition personnelle de "la fin de semaine", aucune nouvelle de Gros Lapin, évidemment. Alors j'enfile mon déguisement de carotte et festoie avec mon lapin personnel.

Pan-Pan.jpg
D'accord, ce n'est pas dans Blanche-Neige, mais ça manquait un peu de lapins dans le coin... Non ?

Lundi 3 novembre, j'envoie un mail au responsable Erasmus (alias Instance n°1) de ma fac. Je ne trouve plus son adresse mail, alors j'envoie à prénom.nom@fac.fr.

Mardi 4 novembre, je demande l'adresse mail à Hoshiko. C'est nom@organismederecherche.fr, répond-elle. J'envoie le mail une deuxième fois, puis copie-colle l'adresse mail dans la barre Google, pour vérifier. Google me sort l'adresse prénom.nom@organismederecherche.fr. Bon. J'envoie le mail une troisième fois.
Le soir-même, je reçois une réponse. "Excusez-moi, mais vous vous êtes trompée, je suis étudiant en 4ème année de médecine, vous vouliez sans doute contacter Mr Prénom Nom, grand ponte de l'enseignement en médecine ?  [heu, non, anabanler, comme dirait Hugh G.] Ce n'est pas grave, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive..." Hem.

Simplet nain.jpg

Mercredi 5 novembre, mail du véritable Prénom Nom. Il avait envoyé un mail d'éloges avant que je le lui demande, vendredi dernier, alleluia !
Mais alors, pourquoi n'ai-je toujours pas été contactée par Gros Lapin ?

Grincheux.jpg

Jeudi 6 novembre. Toujours pas de nouvelles. Je tombe en dépressionitude (heureusement que l'enveloppe kraft maudite ne squatte plus ma chambre, ça faisait toujours ça d'ondes négatives en moins). Plus que 9 jours avant la remise des dossiers, et si ça se trouve je n'aurai même pas de stage, la loose intégrale. Je veux partir, mais surtout je veux un stage chez Gros Lapin. Je mate quand même les derniers sujets de recherche que je n'avais pas regardés. Hé, il y en a un pas mal là, sur une vilaine bactérie... Ça pourrait être chouette.
Je me bouge le cul pour envoyer trois mails. Le premier, à Gros Lapin évidemment. En substance, "écoute mec, je sais que tu es méga occupé, mais tu as promis, alors maintenant remue tes fesses lapinesques, j'ai pas que ça à faire, et puis je te rappelle que c'est chez toi que je veux aller, hein, l'oublie pas". Le deuxième à Instance n°1, pour lui demander de me pistonner chez son poteau qui fait des OGM. Le troisième, à Monsieur Bactérie, pour lui dire que je suis faaaan des bactéries et que j'adoooorerais bosser avec lui parce que j'adoooore les bactéries (comment ça, je l'ai déjà dit ?).

Blanche-Neige.jpg

Vendredi 7 novembre. Je n'ai que deux heures de cours, le matin. En rentrant chez moi, j'allume immédiatement mon PC et consulte ma boîte mail. Punaise ! Monsieur Bactérie m'a déjà répondu ! Suspense, roulements de tambour : évidemment, Monsieur Bactérie n'est pas Gros Lapin, mais son sujet est chouette. Si Gros Lapin me refusait, j'aimerais bien aller chez Monsieur Bactérie. Mais s'il a répondu si vite, ça doit être parce qu'il n'a pas de place, pas possible autrement, d'ailleurs je continue à espérer que si Gros Lapin ne m'a pas répondu, c'est juste qu'il est trop overbooké pour être sûr de me caser quelque part...
Le mail s'ouvre.
"Dear Laure,

Congratulations !"

Waoh. En l'espace de 12h, Monsieur Bactérie a lu mon mail, demandé à tous ses doctorants s'ils avaient de la place, et en a dégoté un (même pas moche (et avec yeux bleus (un détail qui a son importance))), sur le sujet qui m'intéresse. Ça me change.

Poulet me passe le coup de bigo vers 16h. Pendant ce temps, je consulte machinalement mes mails pour m'occuper les mains, les yeux (et c'est tout, puisque c'est tout ce qu'on peut faire avec une boîte de réception virtuelle).

Quand soudain,

Surgit face au vent...

Un mail de Gros Lapin !

Le premier en l'espace de 3 semaines de harcèlement lancinant !

Poulet ne se vexe même pas que je ne lui sois pas entièrement dévouée, corps et âme compris, pendant la conversation téléphonique. Après tout, ça lui octroie le privilège d'être le premier à savoir ce que Gros Lapin a répondu...

"Dear Laure,

Désolé d'avoir mis tant de temps à répondre (ouais c'est ça ouais !).

Mais...

Les nouvelles sont bonnes !"

En balourd, Gros Lapin a enfin torturé ses doctorants et post-doctorants. Je suis prise en stage chez Gros Lapin !

Blanche-Neige et le Prince Charmant, le couple le plus niais du Monde.jpg

Deux os dans le potage : je vais devoir répondre à Monsieur Bactérie que finalement, non ; le post-doctorant chez Gros Lapin est japonais et j'ai la vieille impression que je ne vais rien piger à ce qu'il blablate (J. m'a déjà raconté plusieurs anecdotes de stage avec des Japonais qu'elle ne comprenait pas quand ils parlaient - à cause de l'accent -... On n'aura plus qu'à communiquer par langue des signes...)

27 octobre 2008

Un peu de grammaire

Je vais partir.

Phrase simplissime. Un sujet : pronom personnel, première personne du singulier ; un verbe, aller au présent de l'indicatif, à la voix active, conjugué à la première personne du singulier (logique) ; un objet, le verbe partir à l'infinitif.

Phrase qui peut avoir plusieurs sens.

Exemples :

Je vais quitter la ville

Je vais changer de plate-forme de blog

Je vais me suicider et mon âme quittera mon enveloppe corporelle, et ce monde de brutes par la même occasion

Je vais faire un voyage

Je vais quitter mon chéri parce que j'en ai marre qu'il préfère regarder Pimp my Ride que mes seins

Je vais me ressourcer au Tibet pour retrouver les racines profondes de mon Être intérieur

Moine bouddhiste.jpg

 

... Il manque un complément circonstanciel pour éclairer ça.

Je vais partir à Zürich.

Phrase légèrement complexe, je me souviens qu'il y avait plein de gosses de ma classe qui ne comprenaient pas ce qu'était un complément circonstanciel, comment on faisait pour le reconnaître ; moi, c'était ma fonction grammaticale préférée, ce petit groupe de mots qu'on peut déplacer à volonté pour donner différentes architectures à une phrase.

On peut toujours en tirer plusieurs interprétations.

Exemples :

Je vais à Zürich pour devenir Super-Banquière et m'en mettre plein les fouilles et je serai la SEULE à pouvoir m'offrir des cornichons géants en ces temps de crise économique.

Je vais à Zürich pour visiter ce lieu majeur de la culture européenne.

Je vais à Zürich pour apprendre le Züridütsch, un dialecte formé entre le XIè et le XIVè siècle de notre ère et papoté par les Zurichois.

Je vais à Zürich pour rencontrer IRL un suisse rencontré Sur Meetic parce que j'adooore les habitants du pays de Milka.

Je vais à Zürich pour visiter l'église Grossmünster.

Je vais à Zürich parce que c'est comme ça et je vous emmerde.

J'irai à Zürich dans trois ans, quand j'aurais les thunes de visiter toute l'Europe.

Je vais quitter mon enveloppe corporelle (et par conséquent ce monde de brutes) pendant mon futur séjour à Zürich.

Suisse.gif
Jeu : localise Zürich sur la carte suisse !
(Oui, aujourd'hui je suis d'humeur très culturelle)

 

Un deuxième complément circonstanciel, alors ?

Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain. Ou bien : À Zürich le 15 janvier prochain je vais partir.

... Pour aller au ski ?

... Pour visiter les usines Milka ?

... Pour voir l'église Grossmünter ?

 

Un troisième complément circonstanciel par-dessus tout ça ?

Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain pour un stage.

Un stage ? Quelle durée ? Où ça ? Pour tes études ? Ou alors tu arrêtes tes études et tu vas faire carrière dans le chocolat ? Ou dans la finance ?

Ok, ok, on termine :

Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain pour un stage Erasmus dans un laboratoire de biologie/biochimie, pendant 6 mois.

 

 

Je crois que j'ai tout dit.

J'ai été autorisée par les instances Erasmus de mon parcours à envoyer ma candidature à des laboratoires (très) prestigieux à Zürich. Au départ, je ne pensais pas avoir une chance de postuler là-bas, vu qu'ils sont très sélectifs. Hoshiko, une potesse de fac qui part aussi en Erasmus (et avait fait son stage à l'INRA de Jouy-en-Josas en même temps que moi... On était à 200 mètres d'écart et on s'est croisées une seule fois, à la cantine), voulait absolument y aller. Moi, je n'avais même pas envisagé de poser ma candidature pour cette ville, je pensais que mon dossier n'était pas bon. J'avais choisi Berlin (et si je ne pouvais pas y aller, Porto ou Lisbonne. Il n'y avait aucun partenariat avec la Grande-Bretagne).
Hoshiko a eu son entretien, les instances refusaient de l'envoyer à Zürich parce qu'elle n'avait jamais fait d'allemand.
Quand j'ai eu mon entretien, Instance n°2 a regardé ma lettre de motivation. Mes notes. Vous voulez aller à Berlin ? Mais pourquoi vous n'êtes pas intéressée par Zürich ? Parce que je ne pensais pas avoir un assez bon dossier, j'ai un peu la trouille vu que c'est méga-sélectif. Oh ! Mais vous avez un très bon dossier ! Et surtout, vous avez fait de l'allemand. Vous pouvez tout à fait partir, il n'y a aucune contre-indication, ayez confiance en vous ! Je vous envoie la liste des labos cet après-midi, vous regardez et vous me dites ce que vous avez choisi lundi, ok ?

Bon. C'est vrai qu'à y réfléchir, mon dossier était meilleur que celui de Hoshiko. Mais elle est tellement plus sérieuse que moi !

Si j'y vais, c'est uniquement parce que le labo a un très bon niveau. Ils publient régulièrement dans Nature, Science etc., et ils ont l'air d'avoir du pognon (on est en Suisse, que diable).
Mais sinon, renoncer à Berlin, ça me fout le cafard - j'avais adoré cette ville pendant la semaine que j'y avais passée en août avec Poulet.
Cela dit, j'aurai les montagnes, le lac de Zürich et les vaches Milka, ce n'est pas négligeable.

Vache milka.jpg

 

Cela dit (bis), ce n'est même pas encore sûr que je parte.

J'ai envoyé un mail au responsable des recherches qui me plaisent le plus. Les interactions entre le virus et la cellule qu'il infecte. Je n'ai toujours pas de réponse alors que je lui ai écrit le 15. Vendredi dernier, j'ai reçu un mail d'un ponte Erasmus de là-bas, me disant qu'il l'avait accidentellement croisé et qu'il croulait sous le boulot, donc il valait mieux que je le relance - ce que j'ai fait à l'heure du déjeuner aujourd'hui.

Je ne suis pas la seule à avoir été acceptée pour cette ville. Armand, qui n'avait pas de très bonnes notes mais était parti bosser une année en Angleterre (comme quoi, ça joue, faut pas hésiter à se lancer), a été validé et a posé sa candidature dans des labos. Comme moi, il n'avait pas eu de nouvelles au bout d'un certain temps ; comme moi, il a relancé - mais il l'a fait jeudi. Le jour-même, la responsable de l'équipe de recherche dans laquelle il voulait bosser lui a répondu qu'elle n'avait pas de place pour lui.

Je suis donc en train de me bouffer les doigts, je veux ce stage dans cette équipe. Si je ne l'ai pas, je demanderai à Instance n°1 de me pistonner pour un stage pour modifier génétiquement du maïs (je suis contre les OGM mais en fabriquer, ça peut être intéressant... Ça paraît sûrement débile, dit comme ça. Mais le sujet, les implications, les manipulations à faire, sont extrêmement intéressantes. Je suis une vendue). Mais si je n'ai pas celui-là, beuh, il n'y a plus rien qui m'intéresse. J'ai peur qu'il soit trop tard pour faire du charme à Instance n°2 (qui est une femme) pour qu'elle me laisse demander Berlin si personne ne veut de moi à Zürich. Et je ne veux pas rester ici, je n'en peux plus.

 

Donc, je croise les doigts. Croisez les doigts aussi, pour que Gros Lapin réponde, et que la réponse soit YES. Ou Jawohl, Laure, komm mit uns, we're gonna have fun together avec de la Carboglace et des PipetMan !

Oui, il s'appelle Gros Lapin.

Quand j'ai regardé la liste des labos là-bas, j'ai vu que sur chaque fiche, il y avait la photo d'identité. Trop fort, me suis-je murmuré à moi-même à l'intérieur de ma boîte crânienne. Je pourrais choisir en fonction du physique du responsable, ça serait fun. Ah ouais, me suis-je répondu à moi-même (toujours à l'intérieur de ma boîte crânienne), mais je suis sûre et certaine que le sujet qui t'intéresse le plus sera détenu par le mec le plus moche du labo, c'est o-bli-gé.
C'était obligé.
Gros Lapin est effectivement le responsable le moins affriolant de tout le labo... Je croyais que j'exagérais, mais à chaque fois que je montre sa photo d'identité, les gens partent d'un grand éclat de rire.
Barbe (et sans doute la chemise à carreaux qui va avec), crâne dégarni, yeux gentils, et dents de lapin, c'est effectivement... Gros Lapin !

 

Lapin crétin.JPG
Non, mon futur chef n'est PAS un crétin, mais je suis certaine qu'il adoooore faire la tambouille.

 

Et pour la prochaine fois, vous me ferez l'analyse grammaticale complète de la dernière phrase de l'énoncé (sur une copie double petit format grands carreaux).

08 octobre 2008

Ça brille !

C'est énorme.

J'imagine que vous savez tous qu'en ce moment, c'est la distrib' des Prix Nobel. Et que vous avez tous forcément entendu qui avait gagné quoi, à la radio ou à la télé. Mais surtout, que c'est entré par une oreille et ressorti par l'autre... Parce que la Science, finalement, ça intéresse peu de gens. Surtout cette Science récompensée par les Nobel : de la vieille Science - pourquoi les distributeurs de médailles Nobel  attendent-ils si longtemps avant de récompenser une découverte magistrale ? Pour pouvoir voir l'impact sur la société et la recherche quelques années plus tard, avant de décider si ça vaut le coup ?

La Science, ça intéresse peu de monde. Dans les dîners, mieux vaut parler société, économie, politique. Maria m'a demandé un jour ce que je voulais faire plus tard : "chercheuse ? Mais je croyais que tu plaisantais... Mais il y a beaucoup de gens qui font ça ? Et qu'est-ce qu'ils font en fait ? C'est dingue quand même, c'est totalement coupé du monde..." Même le journaliste à la radio a dit que le plus important des  prix Nobel, c'était celui de la Paix. Pardon ?

Cependant, cette année le prix Nobel de Médecine a été attribué pour des découvertes qui, pour une fois, "parlent" à tout un chacun. Les professeurs Luc Montagnier et Françoise Barré-Senoussi ont découvert le VIH, et Harald zur Hausen a découvert les papillomavirus, responsables du cancer de l'utérus.
Pour moi qui suis passionnée de Virologie, c'est miraculeux. Les découvreurs du VIH (enfin, les deux principaux, mais il y a eu (au moins) un oublié) ont quand même mis 25 ans à être récompensés, alors que l'ampleur des dégâts dûs au SIDA n'est pas des moindres.

 

Mais ce qui m'a fait trépigner de joie sur ma chaise en plexi transparent, c'est le prix Nobel de Chimie.

En train de rédiger mon rapport de stage, j'écris quelques lignes sur un contrôle d'expérience effectué. Pour cette vérification, il s'agit de faire exprimer une certaine protéine par les cellules qu'on a utilisées : la GFP (Green Fluorescence Protein, c'est-à-dire Protéine de Fluorescence Verte).

On prend un flacon avec des cellules dedans. On prend quelques millilitres de ci, quelques millilitres de ça, quelques microgrammes d'ADN. On attend un ou deux jours avant de vérifier que l'ADN est rentré correctement à l'intérieur des cellules.
Comment on fait pour vérifier ?
On met les cellules sous un microscope, on regarde. À la lumière normale, on voit ça :

293T (2).JPG
Crédit illustrations : moi-même à l'INRA.
(Je me la pète)

Mais y a moyen d'éteindre la lumière (NON ce n'était pas Ricardo qui me supervisait) et de balancer des rayons UV sur les pauvres cellules.

Et là, on voit ça :

Transfection GFP 293T (63X) - Copie (2).JPG
Crédit illustrations : moi-même à l'INRA.
(J'adore me la péter)

Je ne sais pas si ça se perçoit sur la photo, mais :

LES CELLULES BRILLENT DANS LE NOIR !!!!

 

J'étais autant émue en voyant ça que quand j'ai vu Saturne pour la première fois (toute, toute première fois), et je peux vous dire que ce n'est pas rien. Limite si Poulet me demandait en mariage, je ne sais pas si je serais autant... non rien.

La protéine a été isolée d'une méduse du Pacifique (son petit nom c'est Aequorea victoria). Je me souviens qu'à un atelier sur les OGM, on m'avait montré une photo d'un lapin qu'on avait forcé à produire la protéine... La pauvre bête était entièrement fluorescente. Oui oui, c'était un lapin qui brillait dans le noir... Je me souviens d'avoir pensé que ça serait bien pratique pour la chasse nocturne.

Bref, la GFP est sans doute la protéine la plus cool du monde.

Et en tapant "GFP" sur Google pour avoir des infos dessus, j'apprends que trois chercheurs (Roger Tsien, Martin Chalfie et Osamu Shimomura) viennent d'être récompensés pour sa découverte et la mise au point de son utilisation par un prix Nobel !

 

Vous vous rendez compte ?

Mouiiii, j'ai reçu un Nobel en 2008.
Pour avoir découvert une protéine qui brillait dans le noir !

(Beaucoup plus efficace qu'un mascara phosphorescent, cette affaire.)

 

Si je tenais absolument à écrire une note dessus, c'est à cause d'une photo excellente, trouvée sur cet article de Futura Sciences.

Roger Tsien (on parle du Prix Nobel, là) a filé des protéines fluorescentes à plein de bactéries différentes. Des protéines de différentes couleurs, parce qu'on a trouvé plein de variants de protéines : rouges, bleues, mauve...

Donc, les bactéries faisaient de la lumière avec des couleurs différentes.

Qu'est-ce que vous faites, avec ça à disposition ?

  • Si vous n'êtes pas chercheur, vous jetez les bactéries à la poubelle.
  • Si vous êtes un faux chercheur, vous faites des tests et vous empressez d'écrire un article.
  • Si vous êtes un vrai chercheur, vous allez les faires, ces tests et ces articles... Mais d'abord : vous faites mumuse !!!

(Je cherche à prolonger le suspense avant d'introduire le truc... Ça m'éclate tellement, je ne veux pas non plus que vous soyez déçus, donc j'envoie la bête : )

 

GFP dessin palmiers.jpg
Une composition obtenue par Roger Tsien en colorant différemment des colonies bactériennes à l'aide de GFP mutées et de dsRed, obtenu chez le corail Discosoma. © R. Tsien
(source : Futura Sciences)


J'adore !

01 juillet 2008

C'est arrivé dans les Yvelines

Gare Jouy-en-Josas.jpg

La scène se tient sur les quais de la gare de Jouy-en-Josas. Il fait chaud et lourd. Peu de gens sur le quai, la majorité s'est réfugiée sous la partie ombragée (pas le tunnel qui sent la pisse, mais l'endroit où il y a des bancs).

Protagonistes : Laure, chaussures à talons toutes pourries, pantalon noir doté de trop longues jambes emprunté à sa petite soeur, chemise blanche empruntée à son autre petite soeur.

Ricardo, plus petit que Laure à cause des chaussures à talons toutes pourries, gel dans les cheveux, T-shirt noir, jean, Converse noires (moi aussi je veux être chercheuse, je pourrais rester en Converse toute ma vie... je serai directrice de labo en Converse, ce serait hyper chouette)

Laure et Ricardo ont chacun une bière à la main, relief d'un pot de la matinée en l'honneur du départ de deux stagiaires. Avoir une bière à la main sur le quai de la gare de Jouy-en-Josas confère une attitude très rebelle-punk ((trop pas)).

Mort aux cons.jpg

 

Laure _ Bon, si tu veux de la lecture, je peux te passer un super livre de Julien Gracq si tu veux...

Ricardo _ Non, moi je préfère lire ton blog.

Laure _ Heu, quoi ?  (Hier fut marqué par le retour en force du Heu...)

Ricardo _ Je préfère lire ton blog !

Laure _ .... [silence éloquent]

Ricardo _ .... [silence éloquent]

Laure _ .... [silence éloquent]

Ricardo _ Non, c'est pas vrai en fait... Je l'ai pas trouvé...

Laure _ .... [silence éloquent again]

Ricardo _ Mais c'est pas faute d'avoir cherché !

 

***

 

Bon, l'oral.

En allant à Versailles, j'ai pris mon désormais bien-aimé RER C. Deux stations après moi est montée une fille qui s'est installée en face de mon auguste personne et a sorti un des livres de la bibliographie du concours. Quand elle l'a fini, j'ai engagé la conversation [je n'aurais jamais été capable de faire ça avant... mon affreuse timidité s'émousse de plus en plus, ça fait plaisir]. Églantine sortait elle aussi (aussi signifiant "comme Dahlia, dont vous vous souvenez forcément, vu que je l'ai mentionnée une fois dans ma note du 21 avril") d'un BTS Design d'Espace. Élias a débarqué à l'école un quart d'heure après nous. Il arborait un coquard sous chaque oeil (et comme il a deux yeux, ça fait deux coquards) : il s'était cassé le nez la semaine précédente en recevant un ballon de basket en pleine poire.

Poires.jpg
Si je ne savais pas à quoi ressemble une fleur de patate, je ne vois pas pourquoi il n'existerait pas des gens qui ne savent pas à quoi ressemblent des poires.  Gens, ce dessin représente des poires sur leur branche.

 

On a attendu le cul sur la pierre froide pendant une heure (on avait une demi-heure d'avance, on est passés une demi-heure en retard). 

Enfin, à 9h45, tirage au sort des sujets.

"Le sujet portera sur le livre de Julien Gracq : la forme d'une ville.

Lire les pages 24 à 26.

Question : il existe d'autres moyens de décrire une ville que ceux utilisés habituellement (cartes, coupes, photos).

Quelle expérience en avez-vous ?" 

Glups, glups, double-glups. Aucune idée.

On dispose chacun d'une heure et demie de préparation. Pendant l'heure et demie, je m'arrache conscienscieusement les sourcils (pas les cheveux car j'appréhende fortement la calvitie précoce) et dessine plein de petits visages sur mon brouillon. Je rédige aussi une intro,une conclu, et le plan détaillé entre les deux.
L'heure et demie passe vite. Je passe dans la salle où m'attend le jury. Un homme, deux femmes.
Mon exposé a grosso modo consisté en la lecture de mon plan détaillé. J'avais les mains moites, l'haleine fétide, et je tremblotais tel le Parkinsonien sur ma chaise.
L'entretien s'est peut-être mieux déroulé... Questions-piège, contradictions, demandes de précision inquisitrices. L'impression de sortir par moments des conneries grosses comme moi était moins pire que celle de voir le mec du jury s'endormir. Il regardait ailleurs, baîllait poliment, et à la fin a posé ses bésicles sur la table et a fermé les yeux. 

Dormeur.jpg

 

Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir tout déchiré. On verra bien, résultats le 4. 

27 juin 2008

Debbie et Charlie

 "Avant-dernier" jour de stage aujourd'hui. Officiellement, le dernier jour c'est lundi, mais le matin je serai à Versailles pour mon oral. Je déprime carrément un peu beaucoup, j'imagine que c'est normal quand on vient de passer un mois génial avec maintenant la perspective d'un mois à glander et distribuer des prospectus. Surtout quand on sait que les gens géniaux qu'on a côtoyés pendant ce mois ne feront plus jamais partie du décor. Je n'ai plus qu'à réussir mon concours et me barrer à Marseille. Seule la perspective de redémarrer de zéro le plus tôt possible empêche mon battant d'artichaut de se décortiquer tout seul. 
 


(Debbie and Charlie, du groupe Mud Flow, extrait de la compil' des inrocks "BO de l'été 2005")
(Mud Flow ça veut dire Coulée de boue en anglais... C'est-y pas strange d'appeler son groupe Coulée de boue ? est-ce que j'appellerai mon blog "gros caca vert", moi ?)
 
 
J'ai eu l'excellente idée de causer de mon blog à Ricardo ce soir. Je me suis dit qu'il était peut-être temps de lui causer du léger problème qui occupe mes pensées en ce moment (et dont je ne peux pas parler ici) et le blog fut mentionné. Bien. Donc, faites coucou à Ricardo...
(Il serait temps que je change de plate-forme, moi...) 
 
IMG132.JPG
Photo prise dans le tortillard, un jour d'expédition à l'ENSP de Versailles pour trouver the bouquin manquant de la bibliographie obligatoire.
On s'amuse bien, dans les tortillards.
 
(Je me demande si j'irai à la Gay Pride samedi ou pas) 
 
 
Comment on fait pour dire à des gens qu'ils ont été adorables, qu'ils vont beaucoup [me] manquer, que sans eux ç'aurait peut-être été tout pourri, et qu'on se souviendra sûrement d'eux toute sa vie avec des trémolos dans le cerveau, tout ça sans verser la moindre larmichette ? On met des allumettes entre les dents et on serre très fort ? J'aurais besoin de la recette, parce que je sens que ça va être dur, lundi...
 
(Bon, et à part ça, j'essaie de continuer le régime chocolat. Mais mon ventre n'est pas toujours d'accord, malheureusement.) 

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