11 juin 2008
Dysenterie
Je me sens un peu vidée.
Un peu comme si ça faisait une semaine que mon système digestif ne répondait plus correctement. Houston, répondez ! Ça être nourriture, ça être bon, vous le garder, sinon vous devenir rachitique/anémié/tout maigre puis mourir de faim !
The problem is, tout changement de rythme de vie perturbe mon ventre de déesse.
Un peu comme si un heaume que j'avais pris en affection avait lâché par inadvertance qu'il était "in relationship" alors qu'il ne se conduisait pas du tout en tant que tel (ho, ça va, hein) (je parle à ma conscience là) (et aussi aux deux du fond qui ont pensé que j'étais infréquentable) (oui, je vous vois penser).
The problem is, je possède au fin fond de ma poitrine de déesse un battant d'artichaut qui fond tel le flan pour tout heaume doté de deux yeux océanesques que je côtoie régulièrement. Même le plus crétin des crétins saurait trouver grâce à mes yeux si les siens étaient couleur Atlantique et pétillaient quand je tente une blague. Je retombe donc en affection de sa personne. Mais sans plus, hein.
Un peu comme si je foirais des manips, comme si je n'avais pas été à mon passage de grades en taekwondo parce que je n'avais pas pris le temps d'apprendre mes poomsés, comme si mes connaissances et réflexions en matière de paysage s'étaient évaporées.
The problem is, j'ai la tête comme une citrouille, je n'arrive pas à définir mes priorités, qu'est-ce que je dois faire, qu'est-ce que je dois sacrifier ? Concours en premier, labo en deuxième, taekwondo en fin de liste, où placer Poulet ?
Mais surtout : où est Charlie ?
Un peu comme si on me demandait mon avis, me disait de me débrouiller seule, alors que je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. J'ai l'impression de le répéter à longueur de journée...
The problem is, on ne laissera jamais un gosse décider de lui même quand est-ce qu'il enlèvera la paire de petites roues à son vélo.
Je me sens lasse.
Heureusement que tout ça, c'est du comme si... pas vrai ?
EDIT, 17/06/2008> Cette note a été éditée il n'y a pas plus tard que maintenant (moi bien parler la France), à 18h56 et quelques poussières. Puisque je suis totalement trouvable à partir de mots-clés simples... Et lisible par mes parents.
20:37 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : poulet, vélo, charlie, chéri, boulot, job, labo
05 mars 2008
Success-Story : le retour !
Je n'en pouvais plus de ne pas avoir de job. 30 euros sur mon compte en permanence, ça me déprime.
Alors, j'ai rappelé Apasse.
Naaan, je blague.
Mais vous allez être fiers de moi : j'ai décroché un stage pour le mois de juin, et un job pour le reste de la période "scolaire".
Le stage ? Suite à mon envoi de superbes CV (superbe en partie grâce à ce blog et aux conseils avisés de vous-mêmes, Chéri et J., well done folks) et lettre de motivation (là, c'était un job épaulé moralement par ma petite soeur de 14 ans et intellectuellement par Wikipedia), j'ai reçu une réponse.
Oui, une seule.
Mais en même temps, il faut considérer le fait que je n'avais envoyé qu'une seule demande.
La réponse était positive.
Enfin, presque. Auparavant, je devais spécifier mes attentes. Hmm, comment vous expliquer, mes attentes vous dites ? Avoir une expérience en labo pour savoir si je me plante de voie ou pas... Voir si ce que j'apprends me sert à quelque chose... Avoir quelques lignes de plus dans mon CV...
Le responsable m'a répondu pour m'exposer en détail ce que je pourrais voir pendant le stage. J'ai montré le mail à J. et Chéri, qui m'ont spécifié que ça avait l'air parfait : responsable responsable, techniques intéressantes, sujet collant pile-poil avec mon projet professionnel.
J'ai hésité, parce que le labo se trouve loin de chez moi : Jouy-en-Josas, ce n'est pas la porte à côté.
Je me suis donc dit que j'allais envoyer ma candidature à des labos plus proches. Cependant, y avait pas grand-chose qui me plaisait plus que le projet pour lequel j'étais déjà admise. Et encore moins proche de chez moi. Un sujet à Pasteur, l'autre à Jussieu. Pas envie de me retrouver à Jussieu pendant tout le mois de juin. Envoyé une demande de renseignements pour le sujet à Pasteur (qui n'était pas détaillé, il n'y avait que le titre) : aucune réponse.
Donc, va bene pour le stage à Jouy. Et puis, Jouy c'est cool, y a la forêt, la nature, tout ça.
Pour le job, ok, ce n'est pas grand-chose, mais c'est mon premier job "officiel".
Un soir, ma mère m'a parlé d'une affichette sur la vitrine de la boutique d'Antiquités de la rue d'à côté, indiquant qu'il recherchaient un étudiant pour distribuer des tracts.
Je me suis présentée une semaine plus tard, invoquant les dieux pour qu'ils n'aient pas trouvé quelqu'un avant moi.
P't-être bien qu'oui, p't-être bien qu'non, en tout cas je suis prise. Alleluia !
Le job consiste à arpenter les rues pendant 4h d'affilée pour mettre les tracts sous les essuie-glace. D'ailleurs, c'est un des trucs que je déteste le plus, ce gâchis de papier. Sans blague, peu de gens ont envie de retrouver des tracts de magasins d'Antiquités sur leur bagnole... Heureusement, les rues que je vais couvrir seront ciblées ! Je pense qu'on me fera rester dans le 17ème riche, et me balader dans le 8ème et le 16ème. À la fin, je serai hyper rodée sur les rues des quartiers riches et je pourrai réaliser mon rêve actuel : devenir taxi pour riches en conduisant une Mercedes (ou une autre voiture de riche, je suis pas difficile tant qu'il y a des sièges en cuir et que le moteur ronronne...) Ou alors, appliquer les conseils de Lénia et devenir guide touristique.
Bref, de toutes façons ça me servira - et en plus, j'aurai les jambes minces et fuselées, et le mollet galbé.

Le salaire ?
Le SMIC !
Mais *j'ai envie de dire*, tout ça est secondaire. Faites péter le champagne, j'ai rempli deux de mes quatre principaux objectifs Boulot (les deux autres : trouver un job pour juillet, et réussir suffisamment mon année pour être admise dans le Master que je veux].
Allez, champagne on a dit !

13:06 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : job, boulot, emploi, étudiant, stage, prospectus
28 février 2008
Success-story (5 et... fin)
Par conséquent, la semaine suivante, je n'ai pas contacté Machine. Ni aucun membre maudit d'Apasse. Je m'étais dit que je ferais ça la semaine suivante...

Ma et ma soeur me bombardent aussitôt de questions.
"Tu connais leur nom ?
Elle me l'a dit vite fait, je crois que c'est Bigorneau (vous vous doutez que ces gens n'ont en réalité pas le malheur de s'appeler Bigorneau, hein).
Quand je réponds que non, elle me dit que je peux faire une croix dessus...

09:05 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : boulot, emploi, job, étudiant, garde d'enfant, baby-sitting
22 février 2008
Succes-Story (4)
Le mercredi, normalement, je n'ai pas cours à la fac.
C'est pourquoi je me lève à 10h. Et quand j'ai reçu, à 10h05, un SMS d'Apasse (ha oui, ça, j'ai oublié de le préciser : chez Apasse, ils rappellent les rendez-vous par SMS. En général, leurs machines sont déréglées et en envoient 4 d'affilée. Et le contenu du message, c'est "Apasse : vous êtes convoqué le... à..., à tel endroit". Sympa, l'ambiance), me disant que j'étais convoquée à 11h, j'ai poussé un gros soupir d'exaspération. Mercredi, 11h, c'est le rendez-vous que j'avais fixé avec GM le mercredi précédent... Avant de l'annuler pour vendredi, 9h.
Je prends le temps de prendre mon petit-déj' avant d'appeler pour leur rappeler que le rendez-vous a été annulé.
10h25 Heu... Bonjour, j'aimerais parler à GM, s'il vous plaît.
il n'est pas disponible pour le moment, je vous laisse patienter...
Heuuu non, c'est jsute pour dire que j'ai été convoquée alors que notre rendez-vous avait été annulé, bref rappeler que je ne viens pas, quoi...
Ha oui mais non, pour ça vous devez lui parler en personne ! Je vous laisse patienter.
[Musique joyeusement entraînante]
GM d'Apasse, bonjour ?
Oui, heu, bonjour, Laure *** à l'appareil, je vous appelle parce que j'ai été convoquée par SMS alors qu'on avait annulé ce rendez-vous...
Hmm...Vous êtes Laure, c'est ça ? [Ce doit être sa phrase préférée]
Heu... bah oui.
On n'a pas fait d'erreur, on a trouvé des offres qui pourraient vous correspondre, des cours pour le lundi et le vendredi...
Haaaa d'accord !
Vous pouvez venir ? Vous serez en retard, c'est ça ?
Heu... bah oui, vu que j'ai été prévenue tard...
Pas de problème, je suis disponible.[Ha, GM, tu gères ! Youpi, youpi, un boulot !]
Je prends le temps de me laver les cheveux, quitte à arriver en retard et les cheveux mouillés chez Apasse (j'ai une sainte horreur du sèche-cheveux). Ca leur apprendra, à me convoquer une heure avant le rendez-vous.
11h20. Je suis en retard, et alors.
11h35. De toutes façons, on dirait que GM n'était pas si impatient que ça de me voir. Au moins, mes cheveux ont le temps de sécher pendant que je poireaute sur ma chaise. Ho zut, mon jean est destroy en bas...
11h37. Le jean de GM est aussi destroy en bas que le mien. Sauf que lui, il porte un pull en cachemire.
"Bonjour, désolé de vous avoir fait attendre...
Alors... Vous êtes Laure, c'est ça ? [Je manque d'en avaler ma cravate. Heureusement que je n'en porte pas, de cravate.]
Alors, il y a de nouvelles demandes... Je vous ai dit "lundi et vendredi", c'est ça ?
Heu... Oui, c'est ça.
Bon... Alors, ou est-ce qu'il est passé celui-là... Hmm... Non... Non... Ha bah il semblerait que l'offre ne soit plus valable.
[Attention. Mon sang s'échauffe. Je me fabrique un sourire de psychopathe dément destiné à le faire trembler d'horreur, mais absorbé par son fichier Excel tout moche, il ne remarque rien.]
Donc en fait on n'a plus que le vendredi. Ca vous va ?
[Ouf.] Heu, oui.
Bon, alors vous allez voir Machine là-bas...
Machine est déjà occupée. Alors comme d'hab', je pose mon cul et j'attends.
10 minutes plus tard, Machine s'occupe de Me, Myself and I. Ô joie.
Re-fourragement dans fichier Excel tout pourri.
Alors, ce serait dans le 15ème, ça vous va le 15ème ?
Oui. [J'ai arrêté les Heu et parle sous le coup d'une détermination farouche.]
Le vendredi...
Oui.
De 16h à...
[suspense insoutenable]
19h30. C'est bon pour vous ?
[Je manque mâcher le dossier de ma chaise.]
Non. Non, non. [Martinon, non, non] 19h30, c'est trop tard, j'ai...
Vous avez cours, c'est ça ?
... Ouiii. [Merci machine de m'avoir empêchée de placer que 19h30, ça m'empêcherait surtout deprendre le train pour Lyon, ça fait pas très professionnel quand même.]
Ha bon.
[Silence]
Bah je suis vraiment désolée, hein...
[Moi aussi... C'est rien de le dire.]
Et *comme d'habitude*, je réintègre mes pénates sans avoir décroché la moindre promesse de ramassage de blé.
Et ce n'est pas encore fini.... Héhé.
Je rappelle que j'avais rempli une fiche indiquant toutes mes disponibilités lors de mon inscription au groupe. Pour le vendredi, j'avais noté 13h-17h => j'aime bien râler, mais là ce n'est pas gratuit.
22:55 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : boulot, job, étudiant, emploi, baby-sitting, garde d'enfant, cours particulier
18 février 2008
Success-story (3)
Pas folle la guêpe.
À peine rentrée chez moi, je fomente un plan : le Grand Manitou de chez Apasse n'est au courant de rien concernant le déroulement des études, des inscriptions ou par exemple des formalités d'emploi du temps. Par conséquent, il peut croire à ce que je m'apprête à lui dire : Surprise, mon emploi du temps est arrivé l'après-midi même de mon entretien ! Abadidon, quelle coïncidence, c'est fou.
Comme ça, je peux demander à garder le rendez-vous que m'a fourni l'ordinateur (vendredi, 9h) et annuler celui que j'ai pris avec Grand Manitou himself. Envoyons un mail poli à Grand Manitou... C'est dans la boîte.
Quelques heures plus tard, Grand Manitou me répond que c'est ok pour vendredi, 9h.
Vendredi, 7h30. Ouch, ça fait mal de se lever si tôt quand on n'a pas cours de la journée. Mais les affaires sont les affaires, comme ils disent dans Management (Mens sana in corpe sano, ça passe par de super lectures).
8h25 Cette fois, je n'oublie pas mon planning. Ni tous les papiers d'identité que Mélissa m'avait demandés. Je rembarque même mon CV, et de la lecture scientifique pour m'occuper. Je m'éblouis moi-même par tant de non-oubli.
8h26 Ma têêêêêêêête ! Ma têêêêêêêêêête ! J'ai oublié ma têêêêêêêêêête !
8h27 Nan, je blague, elle était bien à sa place (sur mon cou, entre les deux épaules).
8h50 Je suis une déesse. Tout le monde m'a toujours dit que 10 minutes d'avance à un entretien, c'était le top. (Par "tout le monde", j'entends "ma mère")
8h53 Peut-être pas super top quand c'est pour se retrouver avec trois collègues de Mélissa, le bureau de Grand Manitou désespérément vide, la femme de ménage encore en train de passer l'aspirateur, et de la transpiration dans le dos pour s'être dépêchée.
9h Bon, GM (Grand Manitou), tu fous quoi là ? La moitié de tes potos est arrivée et a déjà chaussé son casque de télécom'...
9h04 Ha, enfin ! J'ai failli attendre.
9h10 Grand Manitou pourrait-il arrêter de papoter avec ses potos ? J'en ai rien à fiche, moi, de leurs problèmes de compatibilité de photocopieuse... Et vas-y que je regarde mes mails, que j'écoute mon répondeur, mais non ça ne me dérange pas, mais si tu pouvais arriver avant l'heure de ton rendez-vous pour faire tout ça, ça m'arrangerait...
9h13 Oui, c'est bien avec toi que j'ai rendez-vous, Grand Manitou. Oui, Laure c'est moi, oui c'est bien moi qui t'ai envoyé un mail, oui j'ai mon planning...
Grand Manitou consulte mes disponibilités, que j'ai recopiées au crayon papier sur une feuille de brouillon toute moche (je milite pour le recyclage des feuilles de brouillon toutes moches). Il rentre tout dans son PC - j'aurais pu le faire de chez moi, ça, GM. Et pis il compare avec les demandes qu'on lui a soumises.
Forcément, vu que les seuls cours que j'ai de la semaine sont casés entre 16h et 18h30, je ne suis pas dispo pour des sorties d'école. "Bon, bah y a rien qu'y va hein, vous pouvez pas vous arranger ?" (J'ai comme une impression de déjà-entendu...)
"Heu.. Bah non... Non, pour les sorties d'école, je peux jamais, mais vous n'avez jamais besoin de quelqu'un à d'autres horaires ?
Ha non. Vous savez bien, pour les gardes régulières, c'est sorties d'école ou rien...
Heu... Bon. Mais, heu... La dernière fois, vous m'aviez parlé de donner des cours particuliers...
Ha bon ?
Heu... oui. Comme je...
Oui oui, vous êtes en troisième année c'est ça ? En Licence ? Vous avez déjà donné des cours, c'est ça ?
Heu... Bah oui. [À mes petites soeurs. Sur un CV, je suis pas sûre que ça le fasse.]
Bon, on va voir ce qu'on a...
Mardi, gnagna, non vous pouvez pas... Mercredi, gnagna, là vous pouvez ?
Heu... Bah non, c'est trop tard, ça déborde sur mon cours...
Le jeu du "Et là, vous pouvez ? Heu... Bah non" se poursuit pendant 5 bonnes minutes.
J'essayais d'afficher un sourire de circonstance, mais je sentais mes coins de lèvres s'affaisser à chaque "Et là ?" GM avait l'air totalement horripilé. Et en bande sonore, on avait toujours la voix de Mélissa en pleine prospection.
Jusqu'à ce que GM déclare forfait.
Me dise qu'on m'appellera si on trouve chaussure à mon pied.
Me remercie.
Et me serre la main en se levant.
9h35 Joli score : 20 minutes de perdues à attendre GM, 20 autresà discourir sur des disponibilités que je n'ai pas (alors que je ne fous rien de mes journées). Hors temps de transport, évidemment.
Et pourtant, cette fois-ci, je l'avais, mon emploi du temps.

Encore une fois : à suivre...
22:20 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : boulot, job, emploi, étudiant, baby-sitting, garde d'enfant, cours particulier
12 février 2008
Success-story (2)
9h25, je suis dans le métro.
Et je m'aperçois que j'ai oublié mon planning.
Comment est-ce que je vais pouvoir indiquer mes disponibilités sans mon planning ?
Panique.
Je tilte que j'ai mon portable et qu'un portable, ça sert à aider dans les moments de panique (oubli du lieu de rendez-vous pour visite scolaire, oubli de CB à la borne de la banque, oubli de planning avant entretien d'embauche, au hasard bien sûr, tout ceci ne pourrait m'arriver à moi...). J'appelle Léa et la tire du lit pour qu'elle me donne nos horaires de fin de cours. Manque de bol, j'ai des options très irrégulières qui me font terminer à 19h trois fois dans le semestre. Je n'ai pas beaucoup de crédit, j'ai l'impression d'être en retard, je lui demande de ne me donner que les horaires maximaux. Que j'écris au dos de Studyramag plutôt qu'au verso de mon vieux CV, apporté au cas où et déjà plié en quatre.
9h55. Je suis devant l'immeuble d'Apasse. De jeunes cadres dynamiques sont en pleine pause café-clope. Je sonne à l'interphone, qui a une tronche bizarre, et qui me bippe effrontément à la figure.
9h57. Je débarque dans une grande salle avec une vingtaine d'employés en open-space, casque de télécom sur les oreilles, les yeux collés à un ordinateur. Je regarde autour de moi, qu'est-ce que je suis censée faire, à qui est-ce que je dois aller parler ?
Quand soudain, vers le fond de ma salle, j'entends la voix honnie...
Allo, Machine ? [...] Bonjour, c'est Mélissa d'Apasse...
Argh ! Elle est encore pire que je ne l'avais imaginée.
Avachie vers son écran, les cheveux gras, elle mâchouille un chewing-gum. Un chewing-gum ! Quand on a un job qui demande à blablater au téléphone toute la journée, c'est plutôt moyen...
Une jeune femme d'aspect rebondi s'avance vers moi. Hamster Jovial me demande à quelle heure j'ai rendez-vous.
« Heu... Dix heures.
Vous êtes déjà inscrite ?
Heu... Non.
Bon alors voilà, vous vous installez à cet ordinateur et vous remplissez le formulaire. N'oubliez pas d'indiquer qui vous a contactée. » [Comment l'oublier ? Ha, Mélissa... Ta voix hantera désormais mes jours et mes nuits...]
Formulaire basique, Nom-Prénom-Âge-Niveau d'études. Ca se corse pour mes motivations. Qu'est-ce que je veux ? Bah, gagner des sous en en faisant le moins possible, comme je l'ai spécifié à ma mère dernièrement. Disponibilités : je mets « 19h-23h59 » pour chaque jour de la semaine, en ajoutant les trous géants en milieu de journée que comporte mon emploi du temps.
Je fais virtuellement la course avec la fille sur l'ordinateur d'à côté, qui a commencé à remplir son formulaire quelques secondes avant moi. (Quand je dis virtuellement, ça signifie qu'elle n'est pas officiellement au courant qu'on fait la course. On s'amuse comme on peut, na.)
Tout à la fin, « j'accepte les condititions d'Apasse ». Je clique pour en savoir plus et tombe sur le règlement, ça peut servir. Je ne comprends pas pourquoi ils ne vérifient même pas qu'on l'ait lu... Ca peut quand même être intéressant de savoir qu'on sera embauché en CDI (Un CDI pour tous ! Un CDI pour tous !) au bout de 10 heures de période d'essai, que pour démissionner pendant ce CDI il faut un préavis 1 mois à l'avance, etc.
Après avoir lu le règlement, je reviens à mon formulaire. Et non, en fait. J'ai du faire une fausse manip' qui a fermé la fenêtre, je dois tout recommencer de zéro... Nom-Prénom-Âge-Niveau d'études-Dernier diplôme obtenu-Numéro de CNI...
La fille à côté de moi a fini largement avant moi. Tant pis, elle sera bien embêtée quand elle voudra donner sa démission et qu'on lui dira « Ok, mais encore un mois à fournir ! Haha, dans ton cul ! » A moins que contrairement à moi, elle connaisse les règles du CDI. Hmm, faudrait que je pense à me culturer.
L'ordi m'affiche ensuite une page pour prendre rendez-vous. Bizarre, j'y suis, à mon rendez-vous. Bon. Je prends ''Vendredi, 9h'', pour avoir le temps avant mon train vers Lyon.
10h10. Hamster Jovial, le retour : « On va vous faire passer avec Grand Manitou, attendez sur cette chaise. »
J'attends un bon quart d'heure que Grand Manitou ait fini d'interroger la fille qui m'a devancée et de répondre à des questions existentielles de Collègues & C°.
10h27. « Vous êtes Laure, c'est ça ?
Heu... oui.
Bien, bien. Troisième année, c'est ça ?
Heu... oui.
Et donc, vos horaires... Holala ! C'est parce que vous êtes en Sciences que votre emploi du temps est si chargé ?
Heu... peut-être, mais c'est surtout parce que j'ai plein de trous dans la journée...
Ho mais dites, vous ne pouvez pas vous arranger ? Parce que ça ne colle pas du tout avec nos demandes, ça !
Heu... Bah non, je peux pas, je suis dans un cursus de 40 personnes donc on ne peut pas vraiment s'arranger, si vous voyez ce que je veux dire...
Bon, bon... Et en cours particuliers, vous seriez disponible ?
Heu... oui ! (Mon rêve ! Comme je ne suis pas encore Bac+3, je ne pensais pas pouvoir !)
Bon, on aura peut-être quelque chose qui collera mieux... Attendez, je regarde mes demandes... bah non, y a rien pour vous, c'est vraiment trop tard... Vous êtes sûre de ne pas pouvoir vous arranger ? »
Et là, je crache le morceau sur mes options.
« Vous me parlez du second semestre, là ? Vous avez votre emploi du temps ?
Heu non non, pas encore... La semaine prochaine sûrement... [Mytho de première, mais je ne pouvais pas admettre que je l'avais oublié !]
Mais quand la semaine prochaine ?
Heu, je sais pas...
Bon, mercredi prochain, vous l'aurez ?
Heu, je...
Ok, bon, vous savez quoi, on va reprendre rendez-vous, mercredi prochain, 11h ça va ? Vous m'enverrez un mail si vous l'avez plus tôt, on pourra décaler, ou si vous ne l'avez pas ça sera pas la peine de venir. »
Grand Manitou se lève, me fait un sourire avec la bouche mais avec les yeux qui disent Putain, j'ai perdu mon temps, me serre la main en me disant À bientôt, et je m'en vais.
10h40. On peut dire que j'ai su perdre mon temps, moi aussi... Tout ça à cause de l'oubli de mon emploi du temps à la maison. Un jour, il faudrait que j'apprenne à ne plus oublier les trucs utiles à la maison... (Ce qui peut se traduire par Un jour, il faudrait que je grandisse, moi !)
12:30 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : boulot, job, emploi, soutien scolaire, baby-sitting, garde d'enfant, étudiant
11 février 2008
Success-story (1)
Bon, je l'avoue : j'ai écrit ma réponse à la chaîne des tags.
Et, je l'avoue : ça m'a saoûlée.
Les créateurs de la chaîne demandent à ce qu'on raconte 6 choses sans importance sur nous. Bah, si c'est sans importance, je ne saurais pas le trouver. Ca va m'ennuyer de l'écrire. Et ça va ennuyer ceux qui me lisent.
Je l'ai écrit, et c'est un peu à pleurer. Il y a plus intéressant, je trouve.
C'est pour ça que j'ai décidé de ne pas la publier sur le blog (pas maintenant, ou jamais), et de plutôt vous raconter ma Success-story avec une société pourrave. En plusieurs épisodes, c'est plus drôle.
C'était un bel après-midi d'hiver. Janvier. Mardi. Cloîtrée entre 4 murs bétonnés dans notre nouvelle fac, attendant que mon premier cours d'anglais commence.
Mon portable vibre, un appel ''privé''.
"Allo, Laure ?
Heu... Oui. C'est moi-même.
Bonjour, c'est Mélissa d'Ap.... » (nom de société de soutien scolaire, garde d'enfants, ménage/repassage, ça commence par Aprè* et ça finit par *a classe (attention, il manque 2 lettres. Jeu : sauras-tu les retrouver ?))
« Seriez-vous intéressée par de la garde d'enfants sur Paris et région parisienne ?
Heu... oui. (je suis particulièrement dans la dèche, Noël vient de passer et je dois acheter un billet de train.)
Bien, alors nous pourrions prendre rendez-vous... Vous êtes libre demain ?
Heu... oui. (quelle répartie dynamique, vous ne trouvez pas ?)
A quelle heure ?
Le matin, si possible...
10h ça vous va ?
Heu... oui.
Bon alors voilà l'adresse, xx rue Xxx, métro Xxx, vous direz bien que vous venez de la part de Mélissa. Au revoir Marie."
(Après qu'elle ait raccroché :) Heu... Je m'appelle pas Marie...
Ca commençait bien... "Mélissa" avait une voix digne d'une vache après 5 Prozac. Je la sentais totalement motivée par son travail. Elle me donnait vraiment envie de m'inscrire pour m'esclavagiser chez Ap...asse (j'écrirai Apasse, dorénavant).
J'avais besoin de thunes, un job me tombait tout cuit dans le bec, j'ai béni le Ciel.
Et j'y suis allée.
Évidemment :
À suivre.......



18:05 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : job, baby-sitting, emploi, soutien scolaire, fac, étudiant
23 janvier 2008
Même en congé, elle pense au boulot.
Journée de libre. Pour ne pas culpabiliser de rester at home sans rien faire, j'ai cherché quelque chose d'utile. Et puis, je n'ai rien d'autre que le boulot pour m'occuper (ça me déprime de rentrer dans ma chambre, c'est un bordel intégral et j'ai pas le courage de ranger !)
J'essaye de rédiger mon CV, pour enfin trouver un job pendant le mois de juillet (premier pas vers l'Indépendance ! Yiihah !) et un stage en laboratoire entre la fin de mes examens (15 mai) et le 1er juillet.
Je n'ai jamais fait de stage. Ca m'a été vivement conseillé par à peu près tout le monde : Chéri, J., ma mère - qui me bottera les fesses si jamais je n'en ai pas un pour cet été, Princesse Brownie (que j'ai rencontrée mardi dernier), Léa, les responsables de mon UFR. Donc, ok, un stage. Où donc ? Entreprise privée ou labo public ? Quel sujet ?
Pour les labos publics, on m'a fait une liste. INSERM, INRA, Pasteur, labos de facs...
Pour le privé, prrrt, c'est démerde-toi toute seule Ginette ! Mais comme mon ambition suprême, c'est de m'en mettre plein les fouilles, j'aimerais bien bosser pour le privé plutôt que de m'échiner pour un salaire de misère dans le public... À moins que je ne mette la main sur un sujet qui me passionne. Des candidats ?
Ce que je préfèrerais, c'est étudier les conséquences dans l'agro de l'intégration des virus chez les plantes. En gros, les manipulations génétiques qu'on fait entre plantes et virus. Quand je l'ai dit à Célimène, une copine qui fait de la physique, elle s'est foutue de moi à bloc. C'est vrai qu'énoncé comme ça, ça ne semble pas passionnant.
Méchant coup de bol, ça colle pile-poil avec mon CV.
Revenons-y, à ce grigou-là. Le nombre de guides ou d'articles de presse pour aider à la confection d'un CV m'avait toujours étonnée. Quand on me met face à mon PC, pour un tête-à-tête spécial boulot, je comprends mieux. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir jacter ? Mes seules expériences de boulot, c'était des baby-sittings, et un mois de service à la caisse de la librairie-presse-papeterie chez mon parrain (hyper enrichissant : je n'ai vendu que des Closer, L'Équipe (c'était la coupe du Monde de Foot), et le livre de Sarkozy...).

Hmmm que tu es beau, Monsieur Sarkozy ! Je comprends qu'on soit tellement fan de toi à Boulogne-Billancourt...
Donc, dans la rubrique "Expérience professionnelle", je sais pas si j'ai vraiment quelque chose à mettre. Sous quel intitulé ai-je le doit de caser mes mini-boulots ? Est-il raisonnable d'ajouter mon stage en entreprise d'une semaine en Troisième à la bibliothèque municipale ?
Idem, dans la rubrique "Études et diplômes". Comment formuler le fait que j'en suis à ma troisième année de Licence, que du coup je n'ai pas encore de *vrai* diplôme, mais que ça va venir Monsieur, et qu'en attendant j'ai validé mon Bac+2 ?
Pour "Langues et Informatique", j'ai un léger problème pour l'Anglais. Je n'ai pas encore le niveau courant je crois (J. s'était foutue de ma gueule quand j'avais envisagé de le mettre... trop sympa, elle m'avait jamais entendu parler anglais...), mais je suis quand même au-dessus du Lu, Parlé, Écrit - mon problème est plus dans le vocabulaire que dans la compréhension orale. Et pour l'Allemand, j'ai pas pratiqué depuis la Terminale, mais j'avais un assez bon niveau à ce moment-là...
Et encore, on n'en est qu'au contenu, et pas à la mise en forme !
En plus, j'aimerais faire un CV différent pour ma demande de labos (voire des CV différents pour quelques labos) et pour ma recherche de job d'été.
Restera la recherche de postes intéressants, la lettre de motivation, le stress de l'attente, l'entretien. Argh ! C'est trop dur d'être adulte !
16:45 Publié dans Boulot, J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : boulot, cv, job, recherche, labo, travail


















