23 septembre 2009
Oceanic 815
B.O. ici. Lien Youtube par biais d'Hautetfort ne fonctionne pas. Crotte de bique.
Pourquoi est-ce que je n'entends jamais de métaphore filée sur le couple en tant qu'avion ?
Deux pilotes. Un avec parfois plus de responsabilités que d'autres. Parfois, des petits passagers, qui te demande quand est-ce qu'on arrive parce qu'ils ont envie de faire pipi.
Souvent, des emmerdes. Un orage, un appel intempestif d'un autre pilote, une perte de contrôle temporaire des manettes, des turbulences, plus assez d'essence. Quand un des pilotes n'assure pas, l'autre doit se donner pour redresser le nez et garder le cap. Il n'y a pas vraiment de destination ; on vole surtout pour le plaisir de voler. Avec quelques escales, des étapes.
Et parfois, souvent, ça merde, et survient le crash. Sauf qu'on n'en crève pas.
Pour ma part je navigue à vue et ai l'impression récurrente de ne pas lire la même carte que mon copilote. En lisière du triangle des Bermudes, je fais mon possible pour que le coucou ne se plante pas, mais...

23:01 Publié dans Contacts entre humains et moi-même | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : couple, anton, avion, lost, oceanic 815
09 août 2009
Faut pas pousser Mémé dans les orties
Parce que les orties, c'est peut-être bénéfique pour la circulation sanguine, mais ça irrite le cul.
Donc OUI. Je peux supporter une nouvelle relation à distance.
OUI. Je peux supporter qu'il ait des doutes, plein de doutes.
PEUT-ÊTRE. Supporter qu'on se dispute tous les deux jours en moyenne.
PEUT-ÊTRE serai-je capable de supporter que ses doutes, il les accumule, fait comme s'ils avaient disparu, puis me les ressort à la gueule des semaines plus tard.
NON, je ne peux pas supporter qu'il m'appelle gravement bourré pour me dire qu'il est trop malheureux et qu'il va se suicider, puis qu'il rompe avec moi en disant que je suis la pire chose qui lui soit arrivée et que je ne suis qu'un énorme mensonge, que je peux tromper qui je veux mais pas lui, qu'il espère qu'il ne me reverra jamais et que pour lui je suis morte et enterrée.
Alors, faut pas pousser Mémé dans les orties et j'en connais un qui va devoir en chier pour se faire pardonner.
Ces deux derniers soirs, après nos joyeux appels téléphoniques, je me suis endormie... en comptant les Horcruxes dans Harry Potter. Bizarrement, ça marche super bien. Ma petite soeur lit le dernier tome en anglais et me fait la lecture à haute voix, en français. Quand elle en a assez, je prends le bouquin et recommence à le lire du début (elle a commencé à me faire la lecture au moment de la biche argentée) - donc, toujours plongée dans l'univers Potter. Le soir, du mal à m'endormir : je compte les 7 Horcruxes. Les remets dans l'ordre de leur découverte. Les replace dans les circonstances de trouvaille. Et paf, je m'endors, généralement au moment où je pense à la coupe.
Un des points positifs post-rupture avec Poulet : j'ai recommencé à lire. Lire pour de vrai, lire des livres pour adultes, ne pas feuilleter que des Cosmo et des 20 minutes dans le tramway nommé désir.
Pénurie de bouquins pendant les vacances à l'Ouest cette dernière semaine, achat d'ouvrages d'occasion sur un marché. Alors je me suis plongée dans la transcription des émissions radio avec Françoise Dolto, "Quand l'enfant paraît". Comme c'est étrange de mixer J. K. Rowling et Françoise Dolto.
Je vais écrire un bouquin. Ça s'appellera "Comment j'ai jeté le Prince Charmant pour avoir les mêmes galères qu'une vraie fille lambda".
Avec un peu de chance, ça aura plein de succès et je n'aurai même pas besoin de gagner le Prix Nobel pour avoir de quoi m'acheter une maison en Crête avec des roses trémières dans le jardin.
En attendant... Let's discover California. 8 + 5 heures de trajet aller seront peut-être suffisantes pour écrire mon best-seller (Dans tes rêves, connasse.)
14:00 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : anton, disputes, mémé, orties, harry potter, françoise dolto, horcruxes, doutes
05 avril 2009
Des seins partout
Je ne sais plus trop comment j'en suis arrivée là ; la semaine dernière, pendant que je discutais avec Anton, je lui ai révélé que pendant le développement foetal le tissu mammaire recouvrait tout le corps (discussion totalement glamour, pour continuer sur la lancée choucroute).
Ah si, je sais très bien comment c'est venu. /Accrochez-vous./ Mes carottes râpées n'étaient pas assaisonnées et me faisaient penser à de l'herbe, du coup je lui ai demandé s'il avait déjà essayé de manger du gazon (encore plus glamour que la choucroute, continue comme ça Laure) - bien évidemment, le gars m'a répondu que non (au cas où vous vous poseriez la question : oui, pour ma part j'ai déjà essayé, c'est original mais... désagréable (je dois être une des seules personnes majeures au monde à avoir déjà bouffé du gazon sans jamais avoir essayé de tirer sur un joint)).
La question suivante de votre Servitrice, adressée au pauvre garçon : imagine qu'il existe des gens nés avec plusieurs estomacs. Est-ce tu crois qu'ils peuvent s'en rendre compte ? (lien logique : manger du gazon - vache - plusieurs estomacs)
Réponse du garçon torturé : Heu... Je ne crois pas qu'il existe des gens avec plusieurs estomacs. Déjà, où est-ce qu'on mettrait un deuxième estomac ?
Bah, il y aurait la place si l'intestin ne se développait pas totalement... Et puis le foie pourrait se décaler un peu...
Ouais mais s'il y avait deux estomacs, il y aurait aussi deux coeurs, deux paires de poumons, et là ça commencerait à faire un peu gros !
Le bonhomme germanique avait-il fumé de l'Appenzeller ?
Ma conception du double estomac n'impliquait pas du tout un double de chaque organe ! Ce que je lui rétorquai. Avec un super argument : il y a bien des femmes qui ont trois seins...
Yeux ronds de l'apprenti virologiste.
Si si, je t'assure.
Oui mais les seins ne se développent pas en même temps que les organes internes !
Hmm, j'espérais que tu ne remarquerais pas la faille dans mon argumentation... HÉ, tu sais quoi ? À un certain stade du développement, les foetus sont recouverts de tissu mammaire, et après ça se désagrège pour ne laisser des seins que sur la poitrine !
Gné ? Où est-ce que tu as vu ça ?
Heu... (fille pas très fière) Dans Dr House...
Et là, affreux coup de théâtre : Anton refuse de me croire ! Pire, il refuse de croire 'Greg' !
Et argue du fait que c'est une série, que c'est le seul endroit où j'ai vu cette description, et que c'est tellement invraisemblable que les scénaristes ont dû se dire que les télespectateurs goberaient sans aucun problème.
J'ai bien essayé de sur-arguer, en lui rappelant qu'à la base on avait les doigts palmés, mais que la moitié du volume crevait de lui-même avant la naissance, nous laissant de jolis doigts ciselés, et que le phénomène était donc sûrement possible pour le tissu mammaire, mais le gus n'a pas voulu en démordre.
Moi, je sais bien que Dr House dit toujours la vérité (et ce cas était mon préféré de la saison 4).
Seulement, quand j'ai essayé de vérifier l'information, je n'ai rien trouvé. On dirait que les femmes enceintes ne se focalisent pas sur le tissu mammaire de leur futur gosse mais plutôt du leur, et de l'Avant-Après phénoménal que leurs mamelles vont devoir subir ; quelles égoïstes.
Y a-t'il un biologiste dans la salle ? Aidez-moi à prouver à Anton que Dr House a toujours raison !
(Et que lui aussi, dans le bidon de sa Mutter, a été recouvert de seins... Hin hin.)

22:39 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : vache, estomac, dr house, seins, appenzeller, foetus, anton
24 mars 2009
Jules et Jim (2)
...
Quand j'ai écrit la première partie, vendredi soir, j'étais encore dans un état d'esprit particulier.
Vendredi soir, la fille lambda était amoureuse de deux garçons à la fois, amoureuse pour de vrai. Maintenant... je ne sais plus. /Illustration du concept des pensées changeantes... Cette note aurait sûrement été très différente il y a trois jours./ J'aurais dû consigner au maximum le plus tôt possible, sur le moment. Mais j'étais exténuée après avoir fini d'écrire la première partie, j'ai eu d'autres activités le samedi, le dimanche je suis allée skier avec Petra et une autre thésarde. /Illustration du fait que ce blog ne représente qu'un trou de serrure, puisque la dernière fois que j'ai parlé de Petra c'était pour l'étiqueter de ragoteuse.../
...
Après qu'Anton se soit barré avec Germaine, la fille lambda s'est laissée tomber sur sa chaise de bureau comme une enclume. Ce jour-là, elle avait la chaise dont personne ne voulait, une rouge un peu vieille dont le plateau s'affaissait par à-coups, et qui s'est laissée tomber de dix centimètres sous le poids de l'enclume. Merci la chaise, pour ta solidarité.
Abasourdie, j'ai mis quelques minutes à reprendre mes esprits. J'avais plusieurs fois pensé qu'Anton avait une copine. Réaliste, je ne m'attendais pas à que ce garçon (aux yeux verts) soit célibataire. Mais dans ma tête, elle était en Allemagne, et était supposée y rester, je ne la verrais jamais et elle resterait un personnage imaginaire. Pas besoin d'avoir à supporter la réalité d'une fille qui avait le statut de chérie d'un garçon pour lequel je ne savais même pas ce que je ressentais ; pas de réalité, pas de problème. Là, la fille existait, pas de doute possible.
Sensation bizarre dans l'abdomen - dans le coeur ou bien dans le ventre, aucune idée - à mi-chemin entre un gros poids et un grand vide, du mal à penser, du mal tout court d'ailleurs ; je pense à retranscrire les sensations et symptômes directement dans le cahier vert à petits carreaux que j'utilise pour noter tout et n'importe quoi au labo, saisir mon Bic bleu et tout évacuer par l'encre, tout fixer à la minute. Mais je me lève et vais manipuler les cellules que je dois soigner avant le lendemain si je ne veux pas qu'elles crèvent la bouche ouverte /en gardant les yeux grand ouverts pour ne pas chialer comme une connasse, je me répète tu le savais, débile, tu le savais, tu le savais, donc arrête de te comporter comme une môme, grandis, c'est qui ce gars pour toi de toutes façons, et puis tu le savais, oh, arrête ton cinéma.../
Miracle, j'ai réalisé que j'étais devenue adulte.
La seule chose qui m'emmerdait, savoir comment me comporter le lendemain : comme d'habitude, en essayant de me rapprocher un peu, ou pas comme d'habitude, c'est-à-dire pleine de glaciôsité, pour ne pas me rendre encore plus ridicule ?
Bon, d'accord, peut-être pas pleinement adulte. Pour ma vengeance personnelle, j'ai changé de place sa bouteille de PBS (de l'eau avec des trucs dedans pour laver les cellules...) et je l'ai mise derrière toutes les autres. Si j'avais pu partager ce moment avec Poulet, j'aurais éclaté d'un rire de maniaque en hurlant "Ach, ach, ich bin diabolique !" (comme quoi, il vaut mieux parfois garde secrets ses délires de couple). Allez savoir pourquoi, savoir qu'il allait s'énerver 35 secondes en cherchant sa bouteille le lendemain m'a fait un bien fou.
...
Le lendemain, de façon inexplicable, je fais preuve d'une sagesse inhabituelle et ai exactement le même comportement que d'habitude - un tout petit peu plus distant. L'état d'adulte (attention à ne pas faire glisser les doigts vers adultère) me guetterait vraiment, alors.
Le soir, à six heures tapantes, je quitte le labo exactement en même temps qu'Anton. Au moment où on est censés partir chacun de notre côté, lui vers le parking, moi vers l'arrêt de bus (description romantique, quand tu nous tiens) /là j'aimerais pouvoir raconter quelque chose de vraiment romanesque et stupide, Anton me tire par la manche de mon blouson, me sort une phrase en dialecte hébreu en me regardant droit dans les yeux puis s'enfuit en courant dans les escaliers, par exemple/, on blablate quelques minutes. Et là, j'arrive à poser la question que j'ai envie de poser depuis la veille : la fille, bordel, c'est ta copine ou bien ?
Parce que la scène de la veille était ambigüe. Certes, Germaine était venu le chercher au labo un peu avant 20h et ils étaient repartis de conserve. Et elle m'avait jeté le regard qui tue. Cependant, à ce compte-là, Germaine pouvait tout aussi bien être sa meilleure potesse - et moi, méprise sur le coup des yeux revolver.
Oh, no, no, she's not !
Anton détaille un peu. La fille voulait, lui non, elle lui a rendu visite quand même. +1 pour Laure sur l'interprétation des yeux revolver. Le reste, on s'en balance ; tout est redevenu comme avant, finalement...
D'humeur euphorique, la fille lambda décide de profiter du printemps et de rentrer à pied. Sur la descente de la colline, elle prend un chemin qui déboule sur des vignes. Exactement à ce moment-là, le soleil se couche derrière les montagnes, balançant du magenta à foison sur les nuages.
/Et en cet instant, la fille lambda est sûre et certaine d'être parfaitement amoureuse à la fois de Poulet et d'Anton, pas de la même manière, mais de façon plutôt équilibrée, que finalement ce n'est pas si anormal, et que les joies que ça lui apporte compensent largement les peines. Qu'elle pourrait vivre comme si elle était dans un film français, en aimant deux hommes./
Ce matin, je m'aperçois que sa bouteille de PBS est maintenant juste à côté de la mienne.
00:52 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : anton, poulet, hésitation, amour, relations, rêveries, adulte
21 mars 2009
Jules et Jim (1)
Donnerstag (jeudi) après-midi, j'ai pensé que ma journée était trop belle pour ne pas se terminer de façon tout à fait merdique. Excellentes surprises au boulot le matin, sociabilisations en série avec les apprentis-chercheurs ; comme je ne passe jamais une journée agréable sans qu'une couille vienne contrebalancer le tout - généralement, la taille de la couille correspondant au taux d'agréabilitude de la journée -, j'étais prête à sortir mon parapluie. J'avais pris du retard dans mes manipulations, ce qui allait me faire partir tard du laboratoire ; mais ça ne me dérange pas vraiment de partir tard, puisque habituellement Anton reste plus tard que moi (de la compagnie et la preuve qu'il y a plus no-life que moi).

Quand soudain.
Je me rendis compte que j'allais rentrer à la maison à 21h au moins, avec un frigo vide et seulement une boîte de thon dans mon placard (bon, et du muësli croustillant au chocolat, aussi) - car s'il y a bien un truc que je déteste dans la vie d'étudiante "célibataire" (définition des instituts de sondage : quand tu n'es ni mariée ni concubine, tu es célibataire, un point c'est tout), c'est le rituel des courses seule. Faire la cuisine seule, dîner seule, dormir seule ; pourquoi pas ; ça permet de faire des expériences culinaires étranges, de dîner en regardant la BBC ou Californication, de faire l'étoile de mer dans le plumard. Faire les courses seule, c'est juste chiant, stressant, emmerdant - et lourd à porter, aussi.

Donc, que j'avais à faire les courses, seule, ce soir-là. Sachant que le supermarché ferme à 21h, la seule possibilité était de quitter le labo pendant que les protéines vivaient leur vie de protéines (c'est-à-dire une non-vie, en fait, à moins qu'on ne puisse qualifier de vie le fait d'être obligée de se translater vers une électrode en se contorsionnant à travers des mailles de filet ulta-serrées), ce qui me laissait deux heures, faire le plein au supermarché, déposer les victuailles dans mon réfrigérateur et revenir au labo - ce qui me saoûlait pour plusieurs raisons : les courses seule donc, les multiples trajets en tram/bus, revenir tard, rater la pause du soir, quand j'accompagne parfois Anton prendre son dîner à la cantine (pendant ce temps-là, je goûte).

Les cinq autres étudiants du semestre quittent souvent le labo à 18h, voire avant, et j'aime ces petits moments d'après-18h grappillés avec Anton. Même si on se parle peu, même si je suis souvent embarrassée. La situation n'est toujours pas claire, je ne sais toujours pas exactement ce que je ressens (je suis sûre d'être toujours amoureuse de Poulet, mais le statut d'Anton n'est toujours pas décidé), je ne sais même pas s'il m'apprécie ou s'il s'en branle - mais ce jeudi matin-là, quand je suis arrivée tard au labo, que je l'ai croisé dans l'escalier et que j'ai vu son sourire s'élargir et ses yeux pétiller quand il m'a vue, m'avait bigrement donné envie de rester plus longtemps. Le gars est pour moi un casse-tête ambulant : contrairement à moi, qui essaie d'être un livre ouvert (bougrement plus pratique et plus simple), il ne dévoile rien - peut-être qu'il n'a rien à dévoiler, tout simplement, mais ça m'intrigue.
Ce soir-là, quand je suis revenue, il venait de dîner à la cantine - comme tous les soirs - et ses yeux pétillaient toujours. Je récupère mes protéines et m'aperçois que j'ai maintenant le choix entre les foutre au frigo, me casser et aller manger du poulet suisse, ou bien les transférer pendant une heure, les récupérer puis me casser et manger du poulet suisse. Le transfert avait l'avantage de me faire gagner beaucoup de temps sur les manipulations du lendemain. Mais j'étais crevée. Restait le facteur Anton - et je rappelle que le facteur sonne toujours deux fois ; je suis restée.

Je faisais mes manips, écrivais des trucs dans mon cahier, consultais mes mails toutes les 47 secondes. Anton travaillait avec application entre son PC et ses notes.
Quand soudain.
Il a enfilé son pull et est sorti, son portable à la main. Cute, il va appeler sa copine germaine, ai-je pensé (indice du pull indiquant qu'il en aurait peut-être longtemps au téléphone, vu qu'il sort en t-shirt pour se rendre à la cantine. Appelez-moi Sherlock. Pour le fait qu'il ait une copine germaine, ça faisait longtemps que je me disais que rentrer en Germanie chaque week-end relevait peut-être plus que de la fidélité pour une super bande de potes. Mais je rappelle que ce garçon ne se dévoile pas), avant de me rendre dans la salle des manips. Où je manipule.
Quand soudain.
J'entends Anton revenir, discuter dans le couloir et blaguer dans la langue de Goethe.
C'est malencontreusement à ce moment-là que j'ai fini mes activités de la minute et que je me trouve contrainte de retrouver dans la *salle informatique*.
Et que je tombe sur la fille, dans l'encadrure de la porte.
Brune, un ou deux ans de plus que moi, pas très jolie, appuyée au chambranle, elle regarde Anton empaqueter ses affaires et éteindre son PC. Et me lance le regard-revolver quand je passe devant elle pour entrer dans la pièce, vous savez, ce regard qui veut dire Ne le touche pas morveuse, il est à moi, ou encore Tu passes tes journées dans la même pièce que Lui, je te hais, pouffiasse.
Il me souhaite une bonne soirée.
Et ils s'en vont tous les deux.
Je les entends descendre l'escalier en discutant, j'entends la porte s'ouvrir puis claquer, puis plus rien.
Je me retrouve avec une demi-heure d'attente avant la fin de la manipulation, presque seule dans le labo, seule dans notre salle, il fait nuit depuis longtemps, je suis fatiguée et surtout j'ai très faim (malgré le goûter tomates + tartines à la ricotta).
Et je me sens particulièrement stupide.
(Là je vais me coucher parce que je suis fatiguée... Et que c'est à raconter en deux temps, anyway.)
01:54 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : anton, poulet, couille, déception, mecs, même guillaume musso me trouverait ridicule
10 mars 2009
Master mention "Faites fuir les mâles à toutes guibolles"
Leçon numéro 2, quand la Journée de l'Antisexualité (polaire, choucroute) n'a pas porté ses fruits. /Pour apporter une touche d'humour à ce blog qui devient carrément fadasse, la rédaction a décidé d'ôter les articles définis et indéfinis à toutes les phrases de la leçon./
Garçon entre dans pièce avec café et pose gobelet de café sur table.
Fille lambda : ooh, ça sent bon !
Garçon : quoi, café ?
Fille lambda : Bah oui café... Pas toi !
Fille lambda peut ensuite devenir cramoisie, rigoler nerveusement et se ratatiner sur chaise de bureau tout en marmonnant excuses étranges. Grand art : en plus d'avoir sorti réplique de l'année, fille lambda a gommé d'un coup tout ce qui aurait pu être interprété comme assurance ou sex-appeal.
À bientôt pour une prochaine leçon de repoussage de Mâles !
00:21 Publié dans Contacts entre humains et moi-même | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : maladresse, gaffe, anton, timidité, je suis et resterai éternellement une couillonne
02 mars 2009
Bis repetita
J'aimerais bien causer des deux derniers films que j'ai vus, qui n'ont en commun que d'avoir été réalisés par d'honnêtes citoyens américains et de dépeindre l'Amérique (et aussi, il y a des gens avec des armes dedans) : Mars Attacks (vu jeudi soir, sur Arte) et Gran Torino (dimanche matin, au ciné).
J'aimerais bien, mais j'en suis dans l'impossibilité, terrassée par une atroce maladie tropicale inconnue, sans doute chopée en traversant les frontières. Je tombe souvent malade à cause de la climatisation dans les transports ; notamment revenue deux fois de suite de mes vacances en Grèce avec une crève de cheval - à cause de la clim' de l'avion - il faut le faire. Là, le trajet Lyon-Zürich de dimanche soir m'a achevée.
Fièvre et un buisson en pleine croissance dans la gorge - ne me dites pas que c'est impossible, je sens les bourgeons qui éclosent le long des parois et chatouillent mes cordes vocales.
À part ça, je me pose une question existentielle (bis repetita) :
Prenez une fille lambda. Tout à fait lambda.
Quand ladite fille lambda se trouve en présence d'un garçon G, qu'elle apprécie beaucoup et à qui elle pense (malheureusement) souvent, elle perd toute sa lambda-ïtude. Bafouille, se prend les chaises dans les pattes, n'ose plus ouvrir la bouche même pour demander du sel, se tétanise. Choisit des spaghetti (pesto-parmesan) au resto U et n'en mange que trois fourchettées, parce que comme elle est assise en face de lui, elle a oublié comment on était censé manger des spaghetti. Laisse tomber des trucs, genre sa fourchette, en plein milieu de l'assiette de spaghetti-pesto-parmesan, ou un verre dans la salle café - et embarrassée par sa maladresse pitoyable, la fille lambda pose sa main vacante où elle peut, c'est-à-dire sur la paroi métallique de la bouilloire, bouillante, aïe.
Se pourrait-il que la fille lambda soit amoureuse du garçon G ? Ou bien la maladresse en sa présence (et uniquement en sa présence) est-elle pure coïncidence génétique, incompatibilité hormonale, que sais-je ?
La première option impliquerait deux conséquences physiologiquement impossibles : que la fille lambda soit amoureuse de deux garçons à la fois... et qu'elle se soit finalement entichée d'un garçon avec du gel dans les cheveux.
Fichtre.
22:24 Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : malade, rhume, anton, poulet
10 février 2009
Choucroute garnie
Honorables lecteurs, qui êtes humains : il peut arriver (un jour lointain) que vous vous trouviez dans une situation ambigüe. Au hasard : après avoir rêvé plus ou moins chaudement d'un collègue sympathique pendant la nuit, vous vous retrouvez à rougir, bafouiller et babultier telle la jeune pucelle dès que vous vous rapprochez à moins de deux mètres quarante-sept (précisément (mais ça fait combien de miles ?) de l'individu en question. En gros, le rêve vous a confusionnée, que ressentez-vous exactement, devez-vous larguer votre Poulet avant la Saint-V. (et pour la fanatique de la Saint-V. que je suis, ça serait quand même résolument dingue), le chat de Schrödinger est-il mort, la température à l'intérieur de la salle informatique va-t'elle encore prendre un degré ?
Après un week-end loin de la salle maudite, vos idées seront déjà un peu plus claires.

Le collègue sympathique est formidable mais n'est certainement pas l'homme de votre vie.
Ainsi donc, il convient de dissiper le malentendu qui aurait pu naître dans l'esprit du collègue.
Étape numéro un : tentez de détendre l'atmosphère en faisant croire que vous êtes à l'aise.
J'ai squizzé l'étape numéro 1. Trop difficile.
Étape numéro deux : détruisez à tout jamais votre sex-appeal.
Si possible, portez une polaire Quechua. Celle qui envoie clairement le message c'est de la polaire, c'est doux, mais si je porte un truc informe, doux, chaud et confortable, c'est parce que je suis dans la période durant laquelle si tu me touches, je te balance un ap chagi dans ta tronche. /Si mes souvenirs sont bons, au taekwondo, ap chagi signifie coup de pied fouetté. Le menton qui le reçoit s'en rappellera longtemps./ /En l'occurence, je ne suis pas dans cette période-là mais j'avais envie de porter ma polaire. Ne poussez pas des cris horrifiés, je suis une future chercheuse après tout, j'attends juste que la barbe me pousse./

À la cantine, choisissez le plat le plus antisexuel disponible.
Méchant coup de bol (ou chance de cocue), heute le 'restaurant universitaire' (l'appellation mérite les guillemets puisqu'on y mange grosso modo l'équivalent de surgelés Leader Price pour plus cher que des Picard) proposait en menu économique... de la choucroute. Je suis incapable de résister à de la choucroute - et aujourd'hui le chou était accompagné de rösti (prononcer reuchti), la spécialité patataise du canton.
Restez dans les sujets de conversation les plus bateau possible. La fac. Le labo. L'Allemagne, la France, la Suisse. La choucroute.

Une fois le repas terminé, quand le collègue sympathique s'affale dans sa chaise en poussant des grognements de contentement et en se serrant la panse, dites-lui qu'il a l'attitude typique d'un mec devant un match de foot.
Étape numéro trois : L'après-midi, ne lui parlez pas beaucoup. Émettez quelques (silencieux) judicieux renvois fleurant bon la saucisse teutonne. Vous pouvez vous aider d'un lecteur mp3 qui vous isolera facilement - c'est (malheureusement) dingue, le pouvoir dissuasif d'une paire d'écouteurs.
De son côté, collègue sympathique n'éprouvera pas le besoin de chercher à communiquer. Quand il partira dîner à 18h30 (les Germains soupent à l'heure où je goûte... incompatibilité gastronomique intra-européenne) il ne vous proposera pas de l'accompagner, après tout, vous n'êtes que collègues et il sait que vous n'avez pas encore faim.

Je dédicace cette choucroute à ceux qui me lisent au petit-déjeuner : bon appétit.
Mission accomplie.
Pour collègue sympathique, vous n'êtes maintenant plus une amoureuse perturbée mais... une autiste qui aime la choucroute.
Bien joué.
23:35 Publié dans Contacts entre humains et moi-même | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : anton, choucroute, collègue, deux mètres quarante-sept
05 février 2009
NaHCO3
Gloria, Gloria, Alleluia.
Depuis le week-end de ski, Kazuo a changé de pull, il porte un jean, il a tenté une autre paire de chaussures, il a même osé la chemise.
On claque tous des doigts pour Kazuo ! (Référence : La Blonde contre-attaque...)

Pendant ce temps, je défraîchis telle la plante arrosée au bicarbonate de soude.
Gabriele n'est pas venue au labo depuis deux jours (depuis le fameux rêve, donc depuis le moment où j'aurais le plus besoin de quelqu'un d'autre dans cette fichue pièce). Je ris jaune aux blagues des autres, souvent je n'écoute pas et accroche à mes joues un large sourire quand les autres s'esclaffent. Les conversations en anglais me fatiguent, surtout qu'elles ne me concernent pas. Je n'arrive pas à trouver un sujet de conversation à lancer. Hier je n'ai pas manipulé, aujourd'hui j'ai accordé les soins minimaux à mes cellules, je ne fais que lire des articles (et m'ennuyer). À midi, on déjeune le plus souvent dans la cantine du bâtiment de Physique ; comme elle est en travaux, on a l'insigne honneur de manger de la bouffe encore moins bonne que d'habitude dans des assiettes en plastique. Je sors du labo bien après que la nuit soit tombée.
Hier, je suis allée faire un tour dans le bois qui jouxte le campus. Je me suis crue dans un conte de fées ; les arbres ont éclipsé les bâtiments modernes, le chemin s'est couvert de neige glacée, et au croisement sont arrivés... Un berger, sa petite fille et leurs trois chèvres.
J'aimerais y retourner, mais avec un(e) ami(e). J'adorerais y aller avec Gabriele, qui ne reviendra peut-être pas de sitôt. J'aimerais y aller avec Anton, avec qui je suis toujours aussi gênée.
Quand il se trouve dans la même pièce, mon corps devient aussi raide que l'écorce. Quand il regarde dans ma direction, je baisse la tête dans mon sac. Quand il me parle, je réponds en bafouillant. C'est affreux, affreux, affreux, affreux. J'adore ce garçon et je déteste être en sa compagnie.
Je me suis rendu compte tout à l'heure de tout ce qui me manquait. Gabriele me manque. La chaleur me manque. Les couleurs me manquent ; la Suisse, c'est joli, mais en hiver les couleurs sont délavées, comme si elle était restée trop longtemps dans le lave-linge. Ma famille et mes amis me manquent. Paris me manque.
Pourtant, j'aime être ici.
Mais quand on ne s'y amuse pas, Zürich est terne...
21:26 Publié dans S'installer ailleurs | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : alleluia, kazuo, anton, gabriele, zürich
04 février 2009
Explain the night
Découvrez Noa!
Crappy day à cause d'un rêve, cette nuit, où je trompais Poulet avec Anton. Va passer la journée dans la même pièce qu'Anton, à deux mètres de lui, après ça, comment ne pas rougir à chaque fois qu'il regarde dans ta direction, comment ne pas te demander pourquoi..., et si... ? Encore une fois, mon inconscient m'emmerde [et ce n'était pas du tout un rêve désagréable]

Le rêve a laissé la place à un autre, plus étrange mais moins embarrassant. J'étais avec le Président du pays où j'habitais jusqu'à il y a trois semaines, dans sa limousine. Il me prenait par le bras pour me montrer la carte de Paris : regarde, regarde Laure, tout ce que je fais pour empêcher ces putain de manifestations, pour emmerder les chercheurs et les étudiants. Ah, ça t'emmerde hein ? Je sais que ça t'emmerde, je sais ce que tu as fait pendant le CPE...
Et moi, goguenarde, telle Muriel à Phil dans le premier épidode de LPSP (en qualité pourrie, là) : Mais, mon petit Nico, tu sais, on est plus forts que toi... Tu peux faire ce que tu veux, essayer de nous mettre des bâtons dans les roues, on te tiendra toujours en échec !

Bizarrement, un des rêves a pris beaucoup plus de place dans ma tête que l'autre, aujourd'hui. Bizarrement, quand j'ai parlé à Poulet ce soir, je n'ai évoqué qu'un seul des deux rêves.
À quand la psychanalyse ?

21:50 Publié dans Inconsciemment | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : rêve, anton, poulet, inconscient, sarkozy






