28 août 2009
Telle la tortilla insomniaque
Tout le monde dit que le jet-lag, c'est de la merde. Erreur. Le jet-lag c'est super fun.
Déjà, pendant les dix heures de ton deuxième vol, tu ne dors pas. Parce qu'en vrai il est tôt... Ou tard. Du côté de la planète d'où tu viens, c'est le milieu de l'après-midi. Les touristes se massent et se pressent pour prendre en photo les flèches du Golden Gate et les faux hippies déambulent devant les friperies et les disquaires dans Haight-Ashbury. Du côté de la planète où tu vas, il fait nuit noire ; il n'est pas encore 5h, donc Paris ne s'est pas éveillée. Pense à tes potes qui sont peut-être encore au troquet, en train de célébrer les derniers jours de vacances - ou de se saoûler la gueule pour oublier que le 1er septembre, c'est dans...
Donc, tu ne dors pas. Mais tu t'en fous ; t'es pas fatigué. Il te reste cinq bonnes heures de vol, tu auras le temps de faire une sieste quand tu en auras envie. Sur les sièges avoisinants, tes parents roupillent à poings fermés, masques de coton bleu roi sur les yeux pour que la lumière des veilleuses de l'avion ne filtre pas. Pendant ce temps, tu regardes Star Trek pour la troisième fois, tu enchaînes avec une partie de pendu (trop l'éclate), voire une partie d'échecs - avant de te rappeler que tu détestes ce jeu parce qu'il te fait sentir super con.
Et puis, vers 5h - pas forcément 5h parisiennes /Jacques, ta gueule/ - après tout, il est toujours 5h quelque part - tu sens tes paupières qui demandent à descendre. Alors tu te tortilles dans ton fauteuil, tu rajustes ton oreiller, tu étends ta petite couverture bleu marine sur tes frêles gambettes (tu parles, Charles), et tu essaies. Trop de bruit. Un bébé qui pleure. Tu sors tes boules Quiès. Pas confortable ; tu te re-tortilles telle la tortilla. Le sommeil vient pas, alors tu comptes les Horcruxes (ou pas). Le sommeil vient toujours pas. Tu te souviens alors avec émotion des deux tasses et demie que tu as bue avant le vol ; et ouais, au Texas il était midi, alors...

T'atterris.
Il est sept heures et demie (Paris est éveillé (oh putain, ta gueule Jacques)).
Et t'as pas dormi.
Pas de souci, c'est les vacances, t'as le temps de récupérer. Tu pionces de dix heures du mat' à cinq heures de l'après-midi. Puis, oh la la, t'es plus fatigué. Donc tu vas faire un tour, tu lis, tu prépares ton dossier pour Pasteur (optionnel). Tu te dis que là où tu étais encore la veille au matin - ou bien l'avant-veille au soir ? Je m'y perds - la journée vient de commencer, les otaries de la jetée 39 se foutent des peignées devant les touristes, pendant que les cousins d'iceux (touristes) se pâment devant les écureuils sur les chemins des parcs nationaux.
Tu te forces à aller te coucher à minuit, l'heure du crime, pour le symbole de la Chose, ou plutôt parce que t'es quand même un brin éreinté.
Et tu te réveilles à 1h. À 2h. À 3h. À 5h. (Il manque un chiffre pour rendre la série complète. Jeu : devine lequel.)
Entre 5h (quand Paris s'est éveillé, quoi (ON SAIT, putain, Jacques)) et 9h, tu lis Millenium - le tome 1 - et tu le finis. Tu t'es bouffé un petit-déj' dans ton plumard et ta couette est maintenant farcie de miettes de baguette et de muffin aux myrtilles (la France et l'Angleterre réunies sur la couette d'une jeune fille. C'est beau) ; quand t'as fini ton bouquin, tu te sors les doigts du cul lèves et vas prendre le petit-déj' officiel. Les pancakes te manquent.

Tu passes ta journée plus ou moins dans le brouillard.
(là j'ai voulu mettre une photo de brouillard mais, heu, comment dire)
À 14h tu as re-envie de te pieuter, mais tu résistes prouve que tu existes. Tu refuses une proposition de sortie pour le soir parce que t'as peur de t'endormir sur la banquette telle la grosse larve et que personne ne veuille se porter volontaire pour porter ton corps frêle alourdi par les burgers jusqu'à l'autre bout de la bourgade (pas encore éveillée).

Du coup tu vas regarder un dévédé avec tes parents.
Tu ne peux pas encore savoir si oui ou non, tu vas encore te réveiller à 5h (au même moment que Paris, c'est fou ça) et si la malédiction du jet-lag va te poursuivre encore pendant des heures, des jours, des décennies, des lustres des millénaires.
Le suspense est à son comble.

19:45 Publié dans On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : tortilla, spock, avion, jet-lag, usa, pancakes, boules quiès
15 janvier 2009
J-1
C'est arrivé tellement vite !
J'ai l'impression d'avoir été engloutie dans un trou noir, une faille spatio-temporelle, depuis le jour où j'ai arrêté ma décision - je partirai.
Les vacances d'été, le premier semestre, la recherche de stage, la recherche de logement, les vacances de Noël, les examens, *fffjjjjjijjjjjff (bruit du tunnel spatio-temporel)*, on y est.
Dans moins de 24h, je serai à Zürich, pour y vivre une demi-année. Très court, très long, tout dépend de l'échelle.
J'ai tellement peur que je ne comprends pas pourquoi de battre mon coeur ne s'est pas arrêté.
Je me répète en boucle les moteurs de mon départ. Tous.
N'empêche, j'ai toujours peur. Cette fois-ci, même pas de "et si..., et si..." : la peur est indéfinie, mouvante, je ne peux pas en voir les contours mais elle est là et ça fait mal...
Je me heurte à l'incompréhension de Poulet, voire à un "je ne voulais pas te le dire, mais je savais bien que..."
Comment lui expliquer que j'ai l'impression que demain, je naîtrai ? Je me trouve dans un ventre chaud et confortable, pas d'effort à fournir. Demain, je partirai, je m'y suis engagée, je le ferai. Au-dehors du ventre, l'Inconnu ; froid, inconfortable, dur. J'en récolterai sûrement bien plus de bonheur ; "sûrement"...
Oh, j'ai si peur !
(à imaginer avec la voix d'une doublure de film des années 50)
23:22 Publié dans On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : départ, zürich
28 décembre 2008
Vent frais, vent du matin
... vent qui souffle au sommet des grands pins ; joiiiiiiiie du vent qui souffle gnagnagnagnaaaa (je n'ai jamais su ce qui suivait le "souffle")
Est-ce que vous avez déjà remarqué que "changer d'air" n'est pas une simple façon de parler ?
À la mer, l'air est vif et iodé.
À la campagne, l'air est doux et sent la bouse ou le fumier.
À la montagne, l'air est sec et porte l'odeur des flocons, du froid, de la crème solaire, de l'herbe mouillée qui sort l'apex quand la couche de neige commence à fondre, du torrent de montagne et des cascades qui l'accompagnent.
Dans ma chambre, l'air est lourd, sent le renfermé et le Baume du Tigre (je me suis fait un noeud entre le cou et l'épaule le dernier jour de ski. Imaginez : début de piste noire totalement plat. Clotaire et Anatole foncent devant, comme à leur habitude. Moi j'en ai marre, j'ai passé l'après-midi à me demander comment annoncer que je voulais aller skier seule, encore une fois, finalement je n'ai pas osé. Alors, je me comporte comme si j'étais vraiment seule, et que mes soeurs, Clotaire et Anatole étaient de parfaits inconnus skiant sur la même piste que moi. Je zig-zague rapidement et ne vois pas ma soeur Clarisse arriver, fonçant droit vers l'aval. Mes skis se collent aux siens, impossible de tourner, tout va trop vite, je crie, je sens que je tombe mais la seule chose à laquelle je pense c'est pourvu qu'elle ne tombe pas avec moi, je me retrouve par terre au bout d'une chute que j'ai trouvée interminable, je mets quelques minutes à me relever après m'être rendu compte que je suis juste tombée face à la mer face contre terre, sans déchausser. Mal au poignet, mais surtout à la nuque, la douleur n'est pas partie, le noeud est toujours là : j'applique consciencieusement le remède thaïlandais, qui contient 25% de camphre. J'adore cette odeur).

Entre ma chambre et les Alpes, j'ai changé d'air, mais ce n'est qu'en revenant que je m'en suis aperçue. Cette envie immédiate de repartir dès que je monte dans l'ascenseur, que j'ouvre la porte de l'appartement, que je pénètre dans ma chambre.
Altitude de Zürich : 408m.
Quatre-vingts-quatre mètres de plus que si je grimpais en haut de la Tour Eiffel... Mais moins loin des montagnes.
[Les Moon Boots prendront de la place dans la valise. Plus qu'une paire de Converse, j'en ai peur.]
15:34 Publié dans On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : les saisies, montagne, alpes, partir, tour eiffel, paris, baume du tigre
27 octobre 2008
Un peu de grammaire
Je vais partir.
Phrase simplissime. Un sujet : pronom personnel, première personne du singulier ; un verbe, aller au présent de l'indicatif, à la voix active, conjugué à la première personne du singulier (logique) ; un objet, le verbe partir à l'infinitif.
Phrase qui peut avoir plusieurs sens.
Exemples :
Je vais quitter la ville
Je vais changer de plate-forme de blog
Je vais me suicider et mon âme quittera mon enveloppe corporelle, et ce monde de brutes par la même occasion
Je vais faire un voyage
Je vais quitter mon chéri parce que j'en ai marre qu'il préfère regarder Pimp my Ride que mes seins
Je vais me ressourcer au Tibet pour retrouver les racines profondes de mon Être intérieur
... Il manque un complément circonstanciel pour éclairer ça.
Je vais partir à Zürich.
Phrase légèrement complexe, je me souviens qu'il y avait plein de gosses de ma classe qui ne comprenaient pas ce qu'était un complément circonstanciel, comment on faisait pour le reconnaître ; moi, c'était ma fonction grammaticale préférée, ce petit groupe de mots qu'on peut déplacer à volonté pour donner différentes architectures à une phrase.
On peut toujours en tirer plusieurs interprétations.
Exemples :
Je vais à Zürich pour devenir Super-Banquière et m'en mettre plein les fouilles et je serai la SEULE à pouvoir m'offrir des cornichons géants en ces temps de crise économique.
Je vais à Zürich pour visiter ce lieu majeur de la culture européenne.
Je vais à Zürich pour apprendre le Züridütsch, un dialecte formé entre le XIè et le XIVè siècle de notre ère et papoté par les Zurichois.
Je vais à Zürich pour rencontrer IRL un suisse rencontré Sur Meetic parce que j'adooore les habitants du pays de Milka.
Je vais à Zürich pour visiter l'église Grossmünster.
Je vais à Zürich parce que c'est comme ça et je vous emmerde.
J'irai à Zürich dans trois ans, quand j'aurais les thunes de visiter toute l'Europe.
Je vais quitter mon enveloppe corporelle (et par conséquent ce monde de brutes) pendant mon futur séjour à Zürich.
Un deuxième complément circonstanciel, alors ?
Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain. Ou bien : À Zürich le 15 janvier prochain je vais partir.
... Pour aller au ski ?
... Pour visiter les usines Milka ?
... Pour voir l'église Grossmünter ?
Un troisième complément circonstanciel par-dessus tout ça ?
Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain pour un stage.
Un stage ? Quelle durée ? Où ça ? Pour tes études ? Ou alors tu arrêtes tes études et tu vas faire carrière dans le chocolat ? Ou dans la finance ?
Ok, ok, on termine :
Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain pour un stage Erasmus dans un laboratoire de biologie/biochimie, pendant 6 mois.
Je crois que j'ai tout dit.
J'ai été autorisée par les instances Erasmus de mon parcours à envoyer ma candidature à des laboratoires (très) prestigieux à Zürich. Au départ, je ne pensais pas avoir une chance de postuler là-bas, vu qu'ils sont très sélectifs. Hoshiko, une potesse de fac qui part aussi en Erasmus (et avait fait son stage à l'INRA de Jouy-en-Josas en même temps que moi... On était à 200 mètres d'écart et on s'est croisées une seule fois, à la cantine), voulait absolument y aller. Moi, je n'avais même pas envisagé de poser ma candidature pour cette ville, je pensais que mon dossier n'était pas bon. J'avais choisi Berlin (et si je ne pouvais pas y aller, Porto ou Lisbonne. Il n'y avait aucun partenariat avec la Grande-Bretagne).
Hoshiko a eu son entretien, les instances refusaient de l'envoyer à Zürich parce qu'elle n'avait jamais fait d'allemand.
Quand j'ai eu mon entretien, Instance n°2 a regardé ma lettre de motivation. Mes notes. Vous voulez aller à Berlin ? Mais pourquoi vous n'êtes pas intéressée par Zürich ? Parce que je ne pensais pas avoir un assez bon dossier, j'ai un peu la trouille vu que c'est méga-sélectif. Oh ! Mais vous avez un très bon dossier ! Et surtout, vous avez fait de l'allemand. Vous pouvez tout à fait partir, il n'y a aucune contre-indication, ayez confiance en vous ! Je vous envoie la liste des labos cet après-midi, vous regardez et vous me dites ce que vous avez choisi lundi, ok ?
Bon. C'est vrai qu'à y réfléchir, mon dossier était meilleur que celui de Hoshiko. Mais elle est tellement plus sérieuse que moi !
Si j'y vais, c'est uniquement parce que le labo a un très bon niveau. Ils publient régulièrement dans Nature, Science etc., et ils ont l'air d'avoir du pognon (on est en Suisse, que diable).
Mais sinon, renoncer à Berlin, ça me fout le cafard - j'avais adoré cette ville pendant la semaine que j'y avais passée en août avec Poulet.
Cela dit, j'aurai les montagnes, le lac de Zürich et les vaches Milka, ce n'est pas négligeable.
Cela dit (bis), ce n'est même pas encore sûr que je parte.
J'ai envoyé un mail au responsable des recherches qui me plaisent le plus. Les interactions entre le virus et la cellule qu'il infecte. Je n'ai toujours pas de réponse alors que je lui ai écrit le 15. Vendredi dernier, j'ai reçu un mail d'un ponte Erasmus de là-bas, me disant qu'il l'avait accidentellement croisé et qu'il croulait sous le boulot, donc il valait mieux que je le relance - ce que j'ai fait à l'heure du déjeuner aujourd'hui.
Je ne suis pas la seule à avoir été acceptée pour cette ville. Armand, qui n'avait pas de très bonnes notes mais était parti bosser une année en Angleterre (comme quoi, ça joue, faut pas hésiter à se lancer), a été validé et a posé sa candidature dans des labos. Comme moi, il n'avait pas eu de nouvelles au bout d'un certain temps ; comme moi, il a relancé - mais il l'a fait jeudi. Le jour-même, la responsable de l'équipe de recherche dans laquelle il voulait bosser lui a répondu qu'elle n'avait pas de place pour lui.
Je suis donc en train de me bouffer les doigts, je veux ce stage dans cette équipe. Si je ne l'ai pas, je demanderai à Instance n°1 de me pistonner pour un stage pour modifier génétiquement du maïs (je suis contre les OGM mais en fabriquer, ça peut être intéressant... Ça paraît sûrement débile, dit comme ça. Mais le sujet, les implications, les manipulations à faire, sont extrêmement intéressantes. Je suis une vendue). Mais si je n'ai pas celui-là, beuh, il n'y a plus rien qui m'intéresse. J'ai peur qu'il soit trop tard pour faire du charme à Instance n°2 (qui est une femme) pour qu'elle me laisse demander Berlin si personne ne veut de moi à Zürich. Et je ne veux pas rester ici, je n'en peux plus.
Donc, je croise les doigts. Croisez les doigts aussi, pour que Gros Lapin réponde, et que la réponse soit YES. Ou Jawohl, Laure, komm mit uns, we're gonna have fun together avec de la Carboglace et des PipetMan !
Oui, il s'appelle Gros Lapin.
Quand j'ai regardé la liste des labos là-bas, j'ai vu que sur chaque fiche, il y avait la photo d'identité. Trop fort, me suis-je murmuré à moi-même à l'intérieur de ma boîte crânienne. Je pourrais choisir en fonction du physique du responsable, ça serait fun. Ah ouais, me suis-je répondu à moi-même (toujours à l'intérieur de ma boîte crânienne), mais je suis sûre et certaine que le sujet qui t'intéresse le plus sera détenu par le mec le plus moche du labo, c'est o-bli-gé.
C'était obligé.
Gros Lapin est effectivement le responsable le moins affriolant de tout le labo... Je croyais que j'exagérais, mais à chaque fois que je montre sa photo d'identité, les gens partent d'un grand éclat de rire.
Barbe (et sans doute la chemise à carreaux qui va avec), crâne dégarni, yeux gentils, et dents de lapin, c'est effectivement... Gros Lapin !
Et pour la prochaine fois, vous me ferez l'analyse grammaticale complète de la dernière phrase de l'énoncé (sur une copie double petit format grands carreaux).
20:44 Publié dans Baroudage, J'adoooooore la Science, On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : grammaire, suisse, zürich, stage, erasmus, partir, gros lapin
21 juin 2008
Campagne
Je n'ai pas mis longtemps à m'habituer à la campagne. Oui, Jouy-en-Josas, même si elle est accessible en 10 minutes à partir de Versailles, fait partie de la campagne, c'est clair.
En tout cas, son voisinage immédiat en est imprégné. Pour rentrer à Paris le soir, mon responsable de stage (Ricardo) (bien fait, je n'allais pas te donner un prénom cool, quand même) (je dis ''tu'' au cas où Ricardo tombe sur cette page, ce qui est après tout probable) et moi-même n'allons pas toujours prendre le tortillard à Jouy. Parfois, on passe par derrière – si j'ose dire – et on chope le même tortillard à la gare d'avant, Vauboyen.
Vauboyen, c'est la campagne pour de vrai. Pour accéder à la gare, on longe la rivière et les champs pendant quelques minutes. Devant le passage à niveau, il y a des parcelles de potager. Mercredi dernier, en passant devant la parcelle, j'ai vu – de mes yeux vu – le potageur. À qui j'ai quémandé le renseignement légumier : ces plantes en pleine floraison violacée, là, c'était quoi ?
... Des pommes de terre. Comment annoncer qu'on vient de Paris en se payant la honte face à un potageur officiel, tome 1. J'ai eu droit à 5 minutes de causette avec le potageur, pendant lesquelles on a discuté des rutabagas et des topinambours. (Ensuite j'ai pris congé parce que je ne connaissais pas l'horaire de mon train et que je l'aurais eu mauvaise s'il m'était passé sous le nez.)
Quand je suis sur le quai de cette station, puisqu'on ne peut pas parler de gare : il y a juste deux quais posés au milieu de la verdure (et paf les quais, en gros), je ne pense que plénitude et Into the Wild. Les oiseaux gazouillent et le seul élément d'urbanisme qu'on puisse apercevoir est le clocher du village. C'est juste Haaaaaaaaaa, un point c'est tout.
Tout à l'heure, en rentrant à Paris, j'ai voulu retourner voir le square Récamier (dans le 7ème arrondissement), en passe de devenir mon jardin parisien préféré.
En sortant du métro, je me suis rendu compte que je commençais à devenir étrangère à la ville. Où est passé le ciel ? Mais d'où viennent ces immenses blocs de pierre, qui les a posés là, comment les gens font-ils pour vivre dedans ? C'est quoi tout ce bruit ? Et pourquoi l'air sent mauvais ? (Devant mon bâtiment à l'INRA, le chemin est flanqué d'un côté par une haie de rosiers qui sont actuellement en fleurs. Ça embaume tellement que j'en viens presque à aimer les rosiers.)
Le square me semble toujours chouette, mais je ne me suis pas éternisée. On était quatre à l'intérieur. Tout petit, mais conçu pour donner des impressions de recoins, d'intimité, de cachettes. Une femme lisait (ou essayait) sur un banc. J'ai fini mon petit tour en passant devant un couple que j'avais voulu éviter pour ne pas déranger. La fille se raclait la gorge bruyamment au moment où je me suis approchée. Assise sur les genoux de son mec, elle rabaissait sa jupe relevée sur ses cuisses. Le mec avait le pantalon descendu juste en-dessous des fesses. Je n'ai même pas trouvé ça dégueu. Comment passer pour une fille à l'esprit large quand on ne connaît rien à la vie, tome 1.
À part ça, j'ai suivi vos conseils à propos du chocolat comme remède imparable contre l'attaque des heaumes (ou plutôt, du heaume. Et ce n'est même pas une attaque. Bref, je suis encore en plein délire) : je mange du chocolat. Plein de chocolat. Je me gave de chocolat. L'autre jour, j'ai fait un gâteau au chocolat avec ma sœur. Il manquait trois œufs (14 œufs, dont 5 périmés depuis le 6, et 8 réservés pour ma mère) pour accomplir la recette dans toute sa perfection. Du coup, j'ai décidé d'augmenter les doses en chocolat, beurre et farine. Et d'ajouter du lait. Du coup, le gâteau était en fait une sorte de caramel chocolaté géant qui nous a englué les molaires. Et puis j'engloutis tous les carrés de chocolat passant à ma portée. Réserves d'écureuil au moment du café, chapardage de chocolat en placard de maisonnée, empiffrage de cookies.
Et vous savez quoi ?
Je crois que la dose n'est pas encore assez forte, parce qu'à part une prise d'embonpoint débutante, je n'en ressens pas les effets.
12:33 Publié dans On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : pomme de terre, chocolat, écureuil, tic et tac, stage, paris, jouy-en-josas
13 avril 2008
L'amour, la mort, toujours, encore.
La colo, c'est une sorte de mini-vie hyper condensée. On fait connaissance, on se fait des amis, on fait plein de trucs, on vit 100 fois plus fort, on tombe amoureux, et à la fin on se quitte tous. En se promettant de se revoir, mais on ne le fait jamais, ou presque.
En 2002, j'étais jeune et belle je suis partie à ma première colo. Oui, c'était un peu tardif, mais j'avais du mal à quitter les jupons de ma mère. Du coup, je suis allée au centre aéré jusqu'à l'été entre ma 6ème et ma 5ème... Légèrement honteux de se retrouver avec des gamins de 8 ans à faire des Kappla quand on est déjà chez les Grands. Trois étés plus tard (je ne suis pas retournée au centre aéré entre-temps, rassurez-vous), j'ai enfin eu le courage de choisir le moins pire : une colo scientifique. Un organisme super cool (mais aujourd'hui un peu sur le déclin face à des concurrents envahissants) me proposait trois semaines dans les Cévennes à observer les crevettes, le vautour fauve, les plantes carnivores. J'ai dit oui, et j'ai passé les mois qui me séparaient de ma première colo à me moquer de l'endroit super paumé et du vautour fauve.
Mal m'en a pris, parce que c'était plus que génial. Dans le Top Five des meilleures vacances de ma vie, je dirais. Des super potesses, des rigolades, des amoureux à la pelle (35 mecs pour 5 filles : qui dit mieux ?) mais malheureusement pas celui que je voulais, un thème Star Wars hyper suivi par les monos, plein de gens qui me disaient que j'étais cool, des boums, une expéd' camping où j'ai vu le fameux vautour fauve et des chenilles et tout ça, des chamallows grillés et du camping dans une maison abandonnée... La moitié de toutes les premières fois d'ado, quoi.
Après ça, y en a avec qui j'ai gardé contact. J'écrivais régulièrement à une des 4 filles que j'avais connues là-bas. Elle était fan de Britney Spears et rêvait d'un piercing au nombril, et sa potesse était fan de chevaux et super chiante. J'ai failli aller chez une autre en vacances, mais mes parents m'ont estimée trop jeune pour faire Paris-Perpignan en train toute seule. Elle était fan de poésie et de J-J Goldman, portait les sweats de son grand frère et avait commencé à écrire un roman.

J'ai aussi découvert l'astro, le bonheur d'observer les étoiles et les galaxies à 30 cm du garçon dont on est hyper secrètement amoureuse [je viens de me rendre compte que tous les mecs avec qui je suis sortie aimais l'astronomie ! C'est fou], d'essayer d'attirer son attention en m'aspergeant de parfum Yves Rocher à la pêche, tout ça tout ça.
J'ai essayé de garder contact avec lui par lettres, mais il a du prendre peur tellement je le harcelais. Pour 5 que je lui ai envoyées, je n'en ai reçu que deux, ce qui était somme toute un joli score.
Par contre, un de mes admirateurs m'a écrit, et j'ai gardé contact avec lui. Il habitait Grenoble, kiffait la robotique et portait de grosses lunettes. Il avait une tronche d'informaticien mais était vraiment super gentil. [En plus, il m'envoyait des cadeaux pour mon anniversaire !]
On s'écrivait régulièrement, des lettres et des mails. Puis un peu moins, on ne s'était pas vus depuis un certain temps, mon mail ne marchait plus avec Hotmail, j'ai rechigné à lui donner mon numéro de portable.
À chaque gros événement, les vacances, Halloween, Noël, son anniversaire, Pâques, et on recommence, depuis 2 ans je crois, je me disais qu'il fallait que je lui écrive, lui donner des nouvelles, reprendre des siennes. Finalement, j'avais toujours la flemme.
Jusqu'à son anniversaire, en mars. Je lui ai dessiné une petite carte rapidement, écrit quelques mots pour prendre des nouvelles, et posté le tout le jour même de son anniversaire, un dimanche. La carte a du arriver avec deux jours de retard.
La même semaine, Léa a envoyé des cartes à des amis de Guadeloupe, dont un type avec qui elle voulait reprendre contact alors qu'ils s'étaient perdus de vue il y a looooooongtemps (mais à l'époque, il était beau).
Du coup, on s'était dit que si le mien répondait, le sien répondrait, CQFD.
Le mien n'a pas répondu. Le sien non plus.
Sauf que le mien s'est suicidé une semaine avant de recevoir ma carte, je l'ai appris ce week-end.
Ce qui est horrible, c'est que je me disais que s'il répondait à ma carte, on pourrait peut-être se revoir. Cinq ans après, je suis sûre que je me serais fait un ami (je veux dire, plus qu'un correspondant) à Grenoble.
Non, ce qui est horrible, c'est qu'il se soit tué...
23:03 Publié dans On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : suicide, colo, jeunesse, spears, goldman, robotique, astronomie
30 décembre 2007
sexki à ixx
Deux Noëls :
Dans le Nord, puis à Chamonixx. Avec la grande famille paternelle, puis dans l'intimité avec juste mes parents et mes deux soeurs.
Niveau cadeauxx... Ca faisait longtemps que j'avais eu aussi peu ! Ca m'a fait tout bizarre. Même si en fait, j'ai été plutôt gâtée : de la part de mon cousin, j'ai reçu ça :

que j'avais demandé expressément.
Et, hmmm, une "lampe-porte-bougie-chauffe-plat" qui ne m'a pas vraiment plu,mais mon cousin ne me connaît pas tellement bien... En fait, pour le Noël en Grande Famille, on a un système de tirage au sort pour les cadeaux entre "adultes". Chacun tire quelqu'un d'autre au sort et doit lui offrir un cadeau, entre 25 et 100€ selon la personne... Mon cousin (le mari de ma cousine, histoire de compliquer les choses) m'a tirée au sort, et moi j'avais tiré un autre cousin - qui se trouve être le beau-frère de celui qui m'a offert le cadeau. Je lui ai fabriqué des truffes (d'après la recette de Luciole en couleurs) et ma mère lui a acheté pour moi un coffret de chaussettes (une paire par jour pendant une semaine) dans un magasin cher.
Pour la première fois depuis longtemps, j'ai apprécié le Noël en famille. Mes cousins plus jeunes ont enfin passé la puberté et sont plus accessibles. Et il n'y a que deux personnes qui m'ont demandé ce que je faisais cette année et pourquoi je n'étais pas en école de paysagisme (parce que j'ai raté le concouuuuuuuurs !).
Le 24, soir de notre arrivée à Chamonixx, ma mère avait prévu une raclette. Inutile de dire que depuis, mes bras et mes cuisses sont entièrement faits de fromage !
J'ai tristement regardé ma famille recevoir leurs cadeaux, parce que je n'ai eu qu'un seul paquet ; mais pas des moindres: un lecteur mp3.
Celui-là même, mais en blanc.
Le problème, ce n'est pas qu'il n'est pas bien. Je ne l'ai pas encore essayé.
Le problème, c'est que ma petite soeur de 14 ans s'est fait offrir le dernier iPod Nano par son parrain. Et qu'elle a reçu une grosse enveloppe de sa marraine. Bref, le soir de Noël, au moment des cadeaux, j'étais jalouse et plutôt d'humeur à casser des briques, alors qu'il n'y a franchement pas de quoi !
Sinon, sur Chamonixx, tout s'est bien passé. J'ai skié 3 jours pendant 5h d'affilée, j'étais affublée d'une splendide combi rose pâle et j'arrivais presque à m'en foutre, j'étais très laide avec mes bonnet, grosses lunettes et écharpe. Comment font les autres pour être sexy au ski (pour être sexki) ? Je veux la recette. J'ai visité un bout de Suisse et je n'ai même pas vu de vache. J'ai mangé du boudin et téléphoné près de la cheminée de la résidence. Et bu du vin chaud. Et assisté à la messe de Noël. Je voulais me faire des potos mais je n'ai parlé à personne... en partie aprce que Chamonixxest peuplée aux 3/4 d'Anglais !
Bref, ce fut une bonne semaine de vacances, et j'étais triste de revenir à Paris ! La montagne me manque.
14:55 Publié dans Baroudage, Contacts entre humains et moi-même, Manger !!!, On s'en va ?, Un bouquin ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ski, chamonix, noël
20 décembre 2007
Ascenseur émotionnel
Il arrive à Paris cet après-midi. Comme d'habitude, je vais dormir chez lui un soir sur les deux jours où on peut se voir. Ca fait deux semaines qu'on ne s'est pas vus, j'attendais donc avec impatience de le revoir, de dîner tranquillement avec lui, de passer une bonne soirée, avec cadeaux de Noël et tout - puisque je pars samedi après-midi avec ma famille et qu'on ne se reverra pas avant le 30, voire le 31.
Lundi soir, déjà bien entamée moralement par la perte de ma carte bancaire et la perspective (erronée) d'avoir à douiller un maximum pour la récupérer, j'apprends que sa mère a organisé un dîner de famille avec son grand frère qu'il ne voit pas souvent. Il y a de l'obligation dans l'air, et ça me fout en rogne. Apprendre 3 jours avant un truc que j'attendais avec impatience que cedit truc ne va pas pouvoir avoir lieu, ça me saoûle. Maintenant, j'ai le choix entre ne pas dîner avec lui ou dîner avec sa famille. Super. Je dis que j'y réfléchirai, et que je donnerai ma réponse la veille, voilà.
La veille, donc hier, j'étais bien décidée à venir. Pour le voir plus, pour connaître son grand frère, pour voir le reste de sa famille que j'aime plutôt bien, pour passer un dîner "en famille" avant Noël, peut-être le seul dîner de cette période qui ne me fera pas trop chier... et puis, l'occasion d'offrir mes truffes.
Et puis voilà qu'il m'annonce quouasi de but en blanc : Au fait, pour demain, je suis désolé mais ma mère m'a dit que mon père lui a dit qu'il ne préférerait pas que tu viennes, à cause de mon frère tu sais...
En gros, comme son frère est un peu dépressif par moments et qu'il n'arrive pas à avoir une relation stable avec une fille, Beau-Papa craint que fiston soit crès crès criste ou pète une Durit de me voir assister au dîner en tant que compagne officielle de son frangin plus jeune que lui.
Donc je suis reléguée au rang de pouilleuse (ça me change tellement des autres Noël, après tout) pour que fiston ne soit pas incommodé par ma vue.
Coucou ! C'est moi la pouilleuse !
Je sais bien que ce n'est pas raisonnable de le prendre aussi mal, après tout je verrai Chéri avant et après, et je dînerai avec ma famille. Seulement : on m'a sucré mon dîner romantique, on ne m'a prévenue que trois jours à l'avance, on me fait miroiter des trucs pour me les enlever juste après.
Je ne suis même pas énervée contre Chéri... Juste contre ses parents -- fallait bien que ça m'arrive un jour. Hé quoi, quand on se mariera, il faudra le faire en secret pour ne pas que Grand Frère soit jaloux ??
Après ça, je me suis souvenu du dernier Noël dans l'appartement de ma grand-mère maternelle. J'avais été prévenue seulement dans la voiture, le soir du 24, en route vers chez elle, qu'on ne fêterait pas Noël. A l'arrivée, pas de sapin, pas de cadeaux, des navets cuits à la vapeur, et une grand-mère qui ne se souvenait pas qu'on était le 24 et que le 24 on fêtait Noël. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais ce souvenir a déclenché un vrai torrent. Je n'avais pas chialé comme ça depuis qu'elle est morte (en avril), et pourtant ces jours-ci je pleure tout le temps. A posteriori, je me sens toujours ridicule, mais sur le coup j'étais totalement déchirée...
14:40 Publié dans On s'en va ?, Tout ça c'est de sa faute à LUI, là | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06 décembre 2007
Ca fait plaisir.
Mercredi matin, interro et rendu d'exposé dans la même matière. La veille, j'imprime mon exposé en disant à ma binôme que ce serait ballot de l'oublier à la maison. Je passe ensuite toute la soirée sur un compte-rendu de TP sur la spectrométrie de masse, donc je n'ai pas le temps de réviser mon interro. Je me dis que je la réviserai dans le métro.
Mercredi matin donc, je me dépêche et pars avec un peu d'avance.
Je descends la moitié de l'escalier dans le noir (je déteste allumer la lumière pour moins d'une minute), jusqu'au moment où mon voisin du 1er allume la lumière et manque défaillir en me voyant débouler dans le noir complet (oui parce qu'il ne fait jour qu'à 8h du mat', je ne sais pas si vous avez remarqué, et là il était effectivement moins de 8 heures du mat'), je sors de mon immeuble, traverse la rue. Et me rends compte que j'ai oublié les 6 feuilles de l'exposé, à rendre pour ce cours-là dernière limite, bien au chaud dans ma chambre. Grrrmbl.
Les 6 précieuses feuilles à l'abri dans mon Eastpak 'Built to resist', je cavale jusqu'au métro. Je suis 5 minutes en retard sur mes 5 minutes d'avance. En gros, je suis pile à l'heure et ça me fait chier.
Ligne 1, je sors ma pochette de cours pour réviser. Je ris jaune. Tous mes cours sont dans la pochette. Sauf celui-là. Ayant assez peu de notions de base sur le cycle de l'azote, je me dis que ma vie est fichue et que je vais avoir une note encore pire que pour ma première interro (4) (mais il y en a eu d'autres entre-temps, je m'étais un peu rattrapée) et que j'allais bousiller ma moyenne, mon année, ma vie, que mes parents, J. et Chéri allaient me jeter des cailloux et que je me retrouverai en amphi avec Lancelot l'année prochaine. Oui, parce que c'est maintenant officiel, Lancelot va redoubler. Crotte, mon seul poto de TD... Ca aussi, ça fait plaisir.
Mercredi soir, toujours en train de plancher sur le compte-rendu de TP, ma mère me demande si je viens regarder Desperate Housewives. Peux pas, je suis en train de travailler et j'en ai jusqu'à 23h minimum. Du coup, la family se retrouve sur le canap' à rigoler comme des baleines pendant que je galère dans les Banques de Données de Protéines. Bouh.
Ce matin, amphi. J'ai pu dormir quasiment suffisamment parce que Lancelot s'est gentiment chargé de la conclusion du Compte-rendu, de la mise en page et de l'impression. Heureusement, parce qu'avec l'Epson 700 de la maison, y en avait pour 2h au bas mot. Derrière moi, un mec de mon groupe de TD se prend le chou avec deux comparses féminines au sujet de la différence entre deux bactéries. Je me retourne pour lui expliquer, je sors "les bactéries Gram+ elles ont une grosse couche de peptidoglycane". Le mec me regarde deux secondes, ne répond rien, tourne la tête et recommence à se prendre le chou avec ses comparses comme si j'étais un figurine en carton-pâte qui ne venait absolument pas de se retourner pour l'aider à son problème. Environ trente secondes plus tard, une de ses potesses répète ce que je viens de dire sur le ton de la fille qui vient d'inventer le shampooinbg anti-pellicules (ou la pastille lave-vaisselle à emballage qui fond tout seul). Heureusement, j'avais une fille plutôt sympa à côté de moi, parce que j'avais en alternance envie de lui faire bouffer les tampons effaceurs pleins de craie du tableau et de tester sur lui les nouveaux coups qu'on a appris au taekwondo, genre choper le mec par son dobok et lui exploser le sternum contre mon coude.
Une heure plus tard, je me suis rendu compte que j'avais oublié à la maison la partie de mon compte-rendu qu'on avait déjà imprimée. Primordiale. Et bien entendu, le compte-rendu était à rendre pour 13h (sachant que mes cours finissait à 12h45 et que l'aller-retour prend 1h20 minimum). J'ai du sécher le cours suivant, alors que c'est pour moi le plus intéressant du cursus.
J'ai pu revenir à temps pour avoir un bout du cours. Ensuite, Lancelot est venu me voir pour qu'on aille relier le compte-rendu. Enfin, je croyais. Parce qu'en fait, il n'avait rien imprimé du tout... Pour ne pas avoir à payer des millionsn le faisant imprimer à la reprographie, Lancelot a eu l'idée d'aller demander au secrétariat de l'UFR. Bien sûr, elle va nous imprimer 30 pages en couleur comme ça, avec le sourire...
Elle l'a fait. Sans le sourire, et avec une petite remarque désagréable, mais elle l'a fait.
Je sais, je suis trop belle.
En chemin jusqu'au métro, Lancelot s'est encore disputé avec Ana. J'ai croisé J. et elle n'avait pas l'air hyper contente de me croiser. Ce soir, elle va au théâtre avec Anita et elles ne m'ont pas proposé de venir (elles m'en avaient déjà parlé il y a trois jours sans me le proposer, mais ce qui m'avait le plus horrifiée ce jour-là c'était qu'elles parlaient ouvertement d'une soirée à laquelle elles allaient entre potesses... en ayant l'air de ne même pas imaginer que j'avais envie d'y aller).
Bref, en ce moment j'en ai légèrement ma claque. J'ai près de moi des gens adorables, comme ma famille, Léa, ou l'autre fille assise à côté de moi en amphi. Dans mon groupe de TD, je discute avec Lancelot et un autre mec sympa, Dan, et puis il y en a d'autres sympa... Mais ça me pèse beaucoup de ne plus voir ceux que j'appelais mes amis l'année dernière. Si on ajoute ça à ma fatigue chronique, et à cet énorme bouton en train de pousser sur mon nez (hier soir, ça me faisait tellement mal que je me suis demandé s'il n'était pas cassé ! (mon nez, pas l'orrible pustule)) et qui aura à tous les coups atteint son maximum de germination pile pendant mon dîner avec Chéri, en plus de ces partiels pour lesquels je ne suis absolument pas motivée à travailler...
Y a des moments, j'aimerais bien couper le courant et hiberner.

EDIT- Ma petite soeur avait réussi à se faire prêter le dvd de Desperate Housewives, et je n'arrive pas à le lire sur mon pc ! Soit j'ai seulement un fichier son, ou bien (quand j'essaye avec Media Center) on me dit qu'il me manque des codecs. J'ai Windows Vista, quelqu'un aurait-il déjà eu ce problème et m'aiderait à le résoudre ?
19:30 Publié dans On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
29 novembre 2007
M'abandonne pas
Ce matin, tête dans le pâté, j'allume la radio. L'animateur est en train de parler, j'entends confusément "Rita Mitsouko, poursuivre seul(e), cancer foudroyant, disparu(e) à 53 ans seulement, tristesse"... Argh, non, impossible ! Pas ça ! Pas les Rita Mitsouko !
Ma tête émerge un instant du pâté. On parle duquel, là ? Comme dirait la Grand-mère dans Je vous trouve très beau (je crois), C'est quiiii qu'est mooort ? La fille ou le mec ? Catherine Ringer ou Fred Chichin ? Celle qui chante monstrueusement bien ou celui dont je me tape un peu ? Je crois me souvenir d'une brève dans Matin Plus qui disait qu'ils ont interrompu leur tournée parce qu'elle avait mal à la gorge, elle n'a quand même pas été foudroyée par un cancer de la gorge ? Ho mon Dieu non, pas les Rita Mitsouko, crotte ! C'est horrible ! Et dire qu'ils avaient juste entamé leur retour et que j'avais envie de les voir en concert ! Ho Gott, une voix tellement classe, des chansons tellement démentes, un groupe si génial, 53 ans c'est beaucoup trop jeune (re-ho Gott, 53 ans déjà !)...
15 minutes plus tard, j'entends que c'est Fred Chichin qui est mort. La radio diffuse le dernier single et promet plein d'émissions spéciales. Mais qu'est-ce que ça peut faire ? Les diffusions d'accoustique, c'est bien pour découvrir de nouvelles facettes des artistes, ou pour rappeler le son du temps passé, mais à quoi ça sert alors qu'il vient juste de mourir ? Hommage ? Je veux pas d'hommage, moi, je veux juste qu'il résurrectionne.
Et puis je l'ai toujours dit, le cancer c'est dégueulasse.
15:00 Publié dans Au bonheur des tympans, On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
















