10 décembre 2008

Lumière ! (2)

C'est kitsch ! C'est tellement kitsch !

Je l'ai répété de nombreuses fois, pendant ce week-end. Mais la majeure, ce fut devant cette installation-ci (sur Saint-Jean) :

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Je me suis fait huer par les colocs de Poulet, vendredi soir, quand j'ai associé cette illumination au mot kitsch. Pfff, tu sais, avant, toutes les églises et cathédrales étaient comme ça, hein !
Et Célimène, de passage dimanche, qui me charrie tout le temps sur mon amour du kitsch, a fait la même réflexion. Mais ça, ce n'est pas kitsch, puisque c'est une reconstitution de l'ancien aspect des églises... Mais tu ne vas pas me dire que tu ne trouves pas ça kitsch ?? Bordel, tu vois bien les guirlandes clignotantes couleur Gay Pride dans la rosace !!!

Et que dire d'autre, devant l'Hôtel de Ville entièrement barbouillé ?
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C'était lors d'une des plus chouettes animations de la Fête. La Place des Terreaux (sur laquelle se trouve l'Hôtel de Ville, donc) devenait le théâtre d'un rêve d'enfant géant, projeté sur la totalité de la façade de l'Hôtel de Ville et celle du bâtiment adjacent. Une mère raconte à son gosse une histoire, qui se termine sur l'entrée d'un petit géant dans la ville, et le rêve démarre dessus. C'était hallucinant, surtout quand on sait que ceux qui avaient préparé cette animation l'avaient fait seulement sur ordinateur, ne pouvant pas l'essayer avant le Jour J.

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La statue de la Place des Terreaux s'était échappée de la place pour arriver, en pleine forme, dans une énorme bulle projetée sur la façade, pendant le rêve.

Elle n'était pas la seule à s'être échappée et à hanter des lieux inattendus :
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Les insectes qui voletaient autour des lampadaires en bourdonnant se sont retrouvés prisonniers de panneaux d'affichage, de cabines téléphoniques, camping-car, voitures. [D'ailleurs, Célimène a cru un moment voir à l'intérieur du camping-car une ombre chargée d'agiter les insectes pour qu'ils volètent... J'imagine très bien le pauvre gars rester dans son camping-car pendant 4 jours d'affilée, de 18h à 1h du matin, en agitant les bras pour faire voler les papillons ! Je lui ai dit que c'était plutôt un ventilateur...]

Niveau insolite, j'ai aussi pu jouer à la voyeuse, en observant la Vraie Vie des Gens par leur fenêtre (dans l'installation "Fenêtres sur Cour", à Croix-Rousse), comme par exemple cette consultation de deux soeurs siamoise chez un psy :
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Pour en revenir aux classiques, pendant la Fête des Lumières, il y a surtout... des Lumières.

Même si c'est sous la forme de fantômes lumineux, cachés dans les arbres :

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Et juste à côté, de vraies loupiotes dans les arbres, faisant penser à des vers luisants sympathiques :

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Je n'ai pas vu de bougies sur le rebord des fenêtres. Poulet et ses colocs avaient pris soin d'en allumer cette année, mais seulement le samedi ; j'ai l'impression que cette tradition initiale s'est vraiment perdue. Pourtant, c'est si joli, la magie de centaines de petites flammes dans les rues... Heureusement que des jeunôts à l'esprit saltimbanque ont pris, d'une certaine façon, le relais pour la magie du feu ; pas en plaçant des photophores sur leurs balcons, mais avec des bolas enflammées :
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À 1h du matin, les Lumières de la ville ont commencé à s'éteindre. Pour nous, c'était, comme pour le petit garçon de la place des Terreaux, le temps d'aller nous coucher et de rêver des petits géants, en essayant de ne pas trop râler parce que le fonctionnement du métro  lyonnais s'arrête bien trop tôt.

L'après-midi, c'est drôle, aucune trace de la Fête qui prend possession de la ville la nuit. Installations démontées, foule qui procède comme d'habitude à ses achats de l'après-midi, froid soleil sur le pont... Lyon sans les Lumières, c'est chouette aussi.

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09 décembre 2008

Lumière !

Article commandé par Poulet.

J'ai passé cinq jours à Lyon, à l'occasion de la Fête des Lumières. Arrivée jeudi midi et repartie lundi après-midi, je n'en ai pas raté grand-chose, en tout cas je n'ai rien raté de spectaculaire. Après avoir arpenté les rues et pris moult photos, Poulet m'a demandé avec empressement si j'allais faire une note dessus. Je me disais que ça ne serait pas très utile, vu que Luciole et moult autres blogueurs lyonnais allaient sûrement faire un compte-rendu et que tout ce qu'allaient apporter mes photos floues, c'est de la redondance inutile. Mais la perspective d'une note sur cette édition de la Fête des Lumières passée en sa compagnie avait l'air de lui faire grandement plaisir, alors... la note.

 

Pendant la Fête des Lumières, il y a...

Des manèges bizarres

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Installé dans la cour de l'Hôtel Dieu, ce manège qui n'en est pas un m'a un peu fichu la citrouille. Les lumières, la musique ; mais pas de mouvement, pas d'environnement forain, pas d'odeurs de barbe-à-papa, pas de rires, des enfants qui se taisent en donnant la main à leurs parents.

Et des manèges plus 'normaux'.

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(La grande roue installée place Bellecour.)

Des statues qui chantent...
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Mais qui ne chantent pas n'importe quoi : du métal mélodique.

 

(Désolée aux fans de métal, je ne m'y suis jamais retrouvée dans la classification des genres. Alors j'ai mis ce que je préférais parmi ce qui se rapprochait de la chanson de la statue...)


Et qui ne chantent pas n'importe où : dans les fontaines magiques !

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Et, se baladant hors de ces fontaines, des poissons semblant un brin transgéniques.

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Hors des lacs, tapissant le macadam devant le Parc de la Tête d'Or, des nénuphars aux couleurs explosives... Moi qui avais toujours rêvé de marcher sur les nénuphars.
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Les fleurs n'étaient pas les seuls à s'être parées de rose, les arbres du parc de la Tête d'Or avaient aussi revêtu cette couleur :
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Pendant cette fête, mon vocabulaire a été par conséquent un peu réduit.

Oooooh c'est beau !

Oh la vache ! C'est tellement kitsch !

Suite (une note de la même teneur : photos avec bribes de texte) demain.

27 octobre 2008

Un peu de grammaire

Je vais partir.

Phrase simplissime. Un sujet : pronom personnel, première personne du singulier ; un verbe, aller au présent de l'indicatif, à la voix active, conjugué à la première personne du singulier (logique) ; un objet, le verbe partir à l'infinitif.

Phrase qui peut avoir plusieurs sens.

Exemples :

Je vais quitter la ville

Je vais changer de plate-forme de blog

Je vais me suicider et mon âme quittera mon enveloppe corporelle, et ce monde de brutes par la même occasion

Je vais faire un voyage

Je vais quitter mon chéri parce que j'en ai marre qu'il préfère regarder Pimp my Ride que mes seins

Je vais me ressourcer au Tibet pour retrouver les racines profondes de mon Être intérieur

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... Il manque un complément circonstanciel pour éclairer ça.

Je vais partir à Zürich.

Phrase légèrement complexe, je me souviens qu'il y avait plein de gosses de ma classe qui ne comprenaient pas ce qu'était un complément circonstanciel, comment on faisait pour le reconnaître ; moi, c'était ma fonction grammaticale préférée, ce petit groupe de mots qu'on peut déplacer à volonté pour donner différentes architectures à une phrase.

On peut toujours en tirer plusieurs interprétations.

Exemples :

Je vais à Zürich pour devenir Super-Banquière et m'en mettre plein les fouilles et je serai la SEULE à pouvoir m'offrir des cornichons géants en ces temps de crise économique.

Je vais à Zürich pour visiter ce lieu majeur de la culture européenne.

Je vais à Zürich pour apprendre le Züridütsch, un dialecte formé entre le XIè et le XIVè siècle de notre ère et papoté par les Zurichois.

Je vais à Zürich pour rencontrer IRL un suisse rencontré Sur Meetic parce que j'adooore les habitants du pays de Milka.

Je vais à Zürich pour visiter l'église Grossmünster.

Je vais à Zürich parce que c'est comme ça et je vous emmerde.

J'irai à Zürich dans trois ans, quand j'aurais les thunes de visiter toute l'Europe.

Je vais quitter mon enveloppe corporelle (et par conséquent ce monde de brutes) pendant mon futur séjour à Zürich.

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Jeu : localise Zürich sur la carte suisse !
(Oui, aujourd'hui je suis d'humeur très culturelle)

 

Un deuxième complément circonstanciel, alors ?

Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain. Ou bien : À Zürich le 15 janvier prochain je vais partir.

... Pour aller au ski ?

... Pour visiter les usines Milka ?

... Pour voir l'église Grossmünter ?

 

Un troisième complément circonstanciel par-dessus tout ça ?

Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain pour un stage.

Un stage ? Quelle durée ? Où ça ? Pour tes études ? Ou alors tu arrêtes tes études et tu vas faire carrière dans le chocolat ? Ou dans la finance ?

Ok, ok, on termine :

Je vais partir à Zürich le 15 janvier prochain pour un stage Erasmus dans un laboratoire de biologie/biochimie, pendant 6 mois.

 

 

Je crois que j'ai tout dit.

J'ai été autorisée par les instances Erasmus de mon parcours à envoyer ma candidature à des laboratoires (très) prestigieux à Zürich. Au départ, je ne pensais pas avoir une chance de postuler là-bas, vu qu'ils sont très sélectifs. Hoshiko, une potesse de fac qui part aussi en Erasmus (et avait fait son stage à l'INRA de Jouy-en-Josas en même temps que moi... On était à 200 mètres d'écart et on s'est croisées une seule fois, à la cantine), voulait absolument y aller. Moi, je n'avais même pas envisagé de poser ma candidature pour cette ville, je pensais que mon dossier n'était pas bon. J'avais choisi Berlin (et si je ne pouvais pas y aller, Porto ou Lisbonne. Il n'y avait aucun partenariat avec la Grande-Bretagne).
Hoshiko a eu son entretien, les instances refusaient de l'envoyer à Zürich parce qu'elle n'avait jamais fait d'allemand.
Quand j'ai eu mon entretien, Instance n°2 a regardé ma lettre de motivation. Mes notes. Vous voulez aller à Berlin ? Mais pourquoi vous n'êtes pas intéressée par Zürich ? Parce que je ne pensais pas avoir un assez bon dossier, j'ai un peu la trouille vu que c'est méga-sélectif. Oh ! Mais vous avez un très bon dossier ! Et surtout, vous avez fait de l'allemand. Vous pouvez tout à fait partir, il n'y a aucune contre-indication, ayez confiance en vous ! Je vous envoie la liste des labos cet après-midi, vous regardez et vous me dites ce que vous avez choisi lundi, ok ?

Bon. C'est vrai qu'à y réfléchir, mon dossier était meilleur que celui de Hoshiko. Mais elle est tellement plus sérieuse que moi !

Si j'y vais, c'est uniquement parce que le labo a un très bon niveau. Ils publient régulièrement dans Nature, Science etc., et ils ont l'air d'avoir du pognon (on est en Suisse, que diable).
Mais sinon, renoncer à Berlin, ça me fout le cafard - j'avais adoré cette ville pendant la semaine que j'y avais passée en août avec Poulet.
Cela dit, j'aurai les montagnes, le lac de Zürich et les vaches Milka, ce n'est pas négligeable.

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Cela dit (bis), ce n'est même pas encore sûr que je parte.

J'ai envoyé un mail au responsable des recherches qui me plaisent le plus. Les interactions entre le virus et la cellule qu'il infecte. Je n'ai toujours pas de réponse alors que je lui ai écrit le 15. Vendredi dernier, j'ai reçu un mail d'un ponte Erasmus de là-bas, me disant qu'il l'avait accidentellement croisé et qu'il croulait sous le boulot, donc il valait mieux que je le relance - ce que j'ai fait à l'heure du déjeuner aujourd'hui.

Je ne suis pas la seule à avoir été acceptée pour cette ville. Armand, qui n'avait pas de très bonnes notes mais était parti bosser une année en Angleterre (comme quoi, ça joue, faut pas hésiter à se lancer), a été validé et a posé sa candidature dans des labos. Comme moi, il n'avait pas eu de nouvelles au bout d'un certain temps ; comme moi, il a relancé - mais il l'a fait jeudi. Le jour-même, la responsable de l'équipe de recherche dans laquelle il voulait bosser lui a répondu qu'elle n'avait pas de place pour lui.

Je suis donc en train de me bouffer les doigts, je veux ce stage dans cette équipe. Si je ne l'ai pas, je demanderai à Instance n°1 de me pistonner pour un stage pour modifier génétiquement du maïs (je suis contre les OGM mais en fabriquer, ça peut être intéressant... Ça paraît sûrement débile, dit comme ça. Mais le sujet, les implications, les manipulations à faire, sont extrêmement intéressantes. Je suis une vendue). Mais si je n'ai pas celui-là, beuh, il n'y a plus rien qui m'intéresse. J'ai peur qu'il soit trop tard pour faire du charme à Instance n°2 (qui est une femme) pour qu'elle me laisse demander Berlin si personne ne veut de moi à Zürich. Et je ne veux pas rester ici, je n'en peux plus.

 

Donc, je croise les doigts. Croisez les doigts aussi, pour que Gros Lapin réponde, et que la réponse soit YES. Ou Jawohl, Laure, komm mit uns, we're gonna have fun together avec de la Carboglace et des PipetMan !

Oui, il s'appelle Gros Lapin.

Quand j'ai regardé la liste des labos là-bas, j'ai vu que sur chaque fiche, il y avait la photo d'identité. Trop fort, me suis-je murmuré à moi-même à l'intérieur de ma boîte crânienne. Je pourrais choisir en fonction du physique du responsable, ça serait fun. Ah ouais, me suis-je répondu à moi-même (toujours à l'intérieur de ma boîte crânienne), mais je suis sûre et certaine que le sujet qui t'intéresse le plus sera détenu par le mec le plus moche du labo, c'est o-bli-gé.
C'était obligé.
Gros Lapin est effectivement le responsable le moins affriolant de tout le labo... Je croyais que j'exagérais, mais à chaque fois que je montre sa photo d'identité, les gens partent d'un grand éclat de rire.
Barbe (et sans doute la chemise à carreaux qui va avec), crâne dégarni, yeux gentils, et dents de lapin, c'est effectivement... Gros Lapin !

 

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Non, mon futur chef n'est PAS un crétin, mais je suis certaine qu'il adoooore faire la tambouille.

 

Et pour la prochaine fois, vous me ferez l'analyse grammaticale complète de la dernière phrase de l'énoncé (sur une copie double petit format grands carreaux).

07 juillet 2008

Soli-jours

J'ai passé trois jours plutôt formidables. Les Solidays se vivent vraiment mieux quand on loge au camping. Être sur place, ne pas quitter l'ambiance un seul instant, être entouré de chouettes gens. Dormir sous sa tente, décider du programme. S'empiffrer de Brownie Brossard au petit-déj', faire passer le tout avec du café ultra-dilué ; répondre super fort aux bla-bla à haut volume des voisins de tente ; se laver les dents au même lavabo que tous les autres campeurs, rigoler quand l'eau au débit mal dosé nous pète à la gueule, danser comme des cons avec des gens qu'on ne connaît pas et qu'on ne connaîtra jamais.
 
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(Flemme de faire un dessin Paint, j'emprunte ceux des autres (ici) grâce à mon aminche Goooogle, as usual
 
 
On a assisté à une vingtaine de concerts, sans se cantonner aux trucs qu'on voulait voir à la base. Poulet écoutait du rap il y a quelques années, donc on est allés voir IAM et on s'est avancés pendant le *concert des 10 ans* pour bien voir NTM. P. était hyper motivée pour le concert de The Gossip, Maria était à fond pour aller voir aAron. Notre voisin de tente nous a convaincus d'aller voir Patrice. Bref, j'ai découvert pas mal de trucs.
 
J'ai l'impression de devenir une vieille routarde de ce festival. C'est la troisième fois en quatre ans que j'y viens, la deuxième fois que j'installe ma tente au camping. À chaque fois, c'est aussi bon.
 
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Bonjour, mes soeurs ! 
 
Ces trois jours m'ont permis d'effacer les pensées désagréables. Je n'ai pas eu mon concours, mon grand-père est en train de mourir à l'hôpital, un heaume me manque ? Pfffffft. On se fatigue et on arrête d'y penser non-stop... Ça va passer. En attendant, on arrête de tourner en rond, on profite, on se focalise sur Poulet, P., et les 149.998 (à une vache près) autres festivaliers, sur la musique, sur la fraternité tangible là-bas, sur le sourire franc d'Akhenaton (gosh, ce mec va avoir 40 ans ! on dirait que le rap c'est comme la recherche... ça conserve...).
 
Maintenant, je suis fatiguée, toutes les préoccupations sont loin, loin, loin. 
 
Alors je vais dormir, et si possible revivre un peu de ces trois jours une fois que j'aurai sombré de l'autre côté.  

21 avril 2008

Inondation

Vendredi
 
 
7h14 Mon père me dépose devant les grilles du Potager du Roy (la classe). Je reconnais tout de suite Élias, mais qu'est-ce qu'il fait là celui-là ? En fac de géographie actuellement, il a été dans ma classe pendant 3 ans (je crois) au collège. Je n'étais pas très proche de lui pour plusieurs raisons, dont ma timidité calamiteuse, ou son foutage de gueule permanent envers une de mes meilleures amies (Dominique ? Nique-nique ! /// Hé les gars, mangez pas la pizza au thon, faut pas faire de mal à la famille de Dominique ! Charmant). Au lycée, il a choisi la voie L et ne suivait avec moi que les cours d'allemand - ce qui explique qu'on ne se parlait plus.
 
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Mais Dominique ! Qu'est-ce que tu fous là ?
(Cliquez sur l'image, c'est la recette !!)  

Bref, ça m'a fait très bizarre de le retrouver là. Surtout quand il m'explique qu'il vient en touriste, par envie de quitter le système de la fac. Ha. Bah moi c'est parce que c'est le métier que j'ai envie d'exercer... 
 
7h50 Appel fait, consignes énoncées, départ en car vers le site-mystère.
Personne ne s'est mis à côté de moi, je suis au fond, devant deux mecs qui discutent - je peux écouter, j'aime bien. C'est juste frustrant quand ils parlent de sujets que je connais, comme Darjeeling Limited.
 
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De belles têtes de vainqueurs, pas vrai ? 
 
 
8h et quelques - en fait, j'avais oublié ma montre... Arrivée sur un parking en bord de Seine. Entre Bougival et Louveciennes.
Le chauffeur recule pour faire sa marche arrière, on dirait qu'il veut nous enfouir dans les branches d'érable.
Et schbliiiing ! Reculé un peu trop. Toute la vitre de l'arrière du car explose ! Bizarrement, c'est moins spectaculaire que dans les films.
Tout le monde a été épargné par les morceaux de verre. J'espère que le chauffeur s'est pris une engueulade, parce qu'il m'a fait peur cet abruti ! 
 
Heureusement qu'il y a...
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8h55 Distribution des sujets : consigne, périmètre du site, carte IGN, photo aérienne en couleur. C'est parti mon kiki.
 
Alors, le site... Je n'ai pas trop aimé. Déjà, la Seine en occupait la moitié. Ensuite, niveau végétaux, je n'étais pas vraiment à la fête - je ne reconnaissais rien à part les basiques qui poussent partout.
Je n'ai sans doute pas assez fait de croquis, mais je n'avais pas envie de m'installer à côté d'une masse d'étudiants. Me saoulait. 
Je croisais fréquemment Élias, qui ne semblait jamais très motivé.
 
Nan mais sans blague ! La Seine ok, des écluses ok, un pont ok, mais bon... La moitié du site était occupée par la Seine, et la moitié de la moitié qu'il restait était remplie de propriétés privées. Pfffff.
 
12h05 On remonte dans le car. Enfin, on remonte dans un nouveau car, héhé. Une fille que je catalogue tout de suite en études artistiques s'installe à côté de moi. Les signes qui ne trompent pas : la boucle d'oreille en bois (must-have en école d'art) et le foulard jaune à fins motifs bordeaux (idem). J'adorais le look 'école d'art' avant d'aller au Salon des formations artistiques l'année dernière. Une horreur : le style que je pensais rebelle - dreads, colliers multicolores à grosses perles, larges jupes de couleur - était fièrement arboré par des centaines de clones. [Au milieu, j'essayais de cacher mon jean !]
 
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Et apparemment, y a le choix ! 

J'ai aussi pu voir que les taches de peinture sur les fringues étaient fièrement portées comme des signes de reconnaissance par ceux qui venaient des arts plastiques. Dire que j'avais exactement la même réaction... Ho Laure, t'as une tache jaune sur la manche ! Oué j'sais, j'ai fait de la peinture à l'huile mercredi, haha... (voix d'artiste snob) Beurk !
[Je n'ai rien contre les étudiants en arts eux-mêmes. Mais je commence à avoir une dent féroce contre leur communautarisme. Aaah çay est, je me sens réac' !]
Je discute un peu avec elle, ma tablette de chocolat aux noisettes aide un peu. Elle habite à Lyon, ça aide aussi.  
 
- Pique-nique - Je mange comme une truie. Des miettes partout sur mon pull, par terre dans l'atelier ; je me mets du Yop au chocolat partout.
Je déjeune en compagnie de Dahlia, une fille sympa venant d'un BTS Design de l'espace. 
 
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Après le déj', on retrouve Élias. On discute encore.
 
13h45 Départ pour la base militaire où se trouve notre salle d'exam', à un kilomètre et quelques du potager.
 
14h10 On est parqués dans la salle des fêtes des militaires ! Très bizarre. Immense salle, on tient tous dedans ; et surtout, les tables sont immenses. Par rapport à l'année dernière (salle de lycée, tables de lycée), c'est le grand luxe. On peut s'étaler, les feuilles ne débordent pas... 
Une boule à facettes très usée est suspendue au plafond. Il y a des spots de couleur dans les coins et une estrade qui a l'air d'attendre les accordéonistes. J'ai du mal à imaginer un bal musette chez les militaires...
 
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Et pourtant : tout un programme ! 
 
 
14h20 C'est parti pour la description. Le sujet, on le connaît depuis 9h du matin : le pont-barrage de Bougival. 
Je choisis deux axes : Domestication de la Seine (et transformation du paysage) et Liaison de deux atmosphères : entre Seine et RN13. 
En 400 mots, c'est dur.
 
17h Grosse déprime. J'ia pu lire la première page de la copie de la fille qui attendait devant moi pour la rendre. Elle était en train d'en discuter avec une autre. Ce qui m'a foutu le cafard (et les jetons), c'est la facilité avec laquelle elle a tout synthétisé. Dualité, attrait touristique, activités économiques - des aspects qui ne m'intéressaient pas vraiment, mais cette aisance pour la condensation... Argh. Cela dit, je n'ai vu que la première page. Si ça se trouve, le reste était composé de bouse de mouches. Mais apparemment, elle avait réussi à faire le lien entre les panneaux indicateurs du Pays Impressionniste et la présence de la Renouée du Japon. Déprimant, je vous l'avais dit...
 
Et puis, quel intérêt, quand on sait que la Renouée du Japon c'est ça : 
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? 
 
 
17h20 On rempile, après pause (pendant laquelle discussion avec Élias et Dahlia). Épreuve d'expression graphique.
Deux sujets, un à choisir.  
L'inondation : Une inondation exceptionnelle submerge durablement les villes. En quelques vues, montrez la nouvelle vue qui s'installe sur le site.
L'échafaudage : D'importants travaux de rénovation du pont entraînent la mise en place d'échafaudages et de dispositifs de protection qui permettent de regarder le site différemment ; en quelques vues, montrez-le.
 
Comme vous l'avez deviné grâce au titre de ma note, j'ai choisi le premier. 
J'ai organisé ma première feuille en BD, listé tout ce qui me semblait s'imposer pour reformer un lieu de vie après une énorme inondation, et casé tout ça dans les cases (logique). Le dessin, l'encrage et la couleur m'ont pris 1h30; il m'avait fallu une demi-heure pour me décider sur ce que j'allais faire ; si vous comptez bien, la durée de l'épreuve étant de 2h30, il ne me restait qu'une demi-heure pour la deuxième feuille (et ces feuilles-là ne boxent pas dans la catégorie poids plume, en fait). J'ai dessiné un plan d'ensemble à l'arrache.
 
Du coup, je n'étais absolument pas fière de moi... J'ai l'impression d'avoir vraiment merdé. C'est clair, je ne l'aurai pas - et ça me fait chier !
 
 
Il a commencé à pleuvoir à 20h, heure de fin des épreuves. Apparemment la salle des fêtes n'était pas très étanche, l'eau giclait du toit. J'aurais bien aimé qu'elle le fasse sur ma table : j'avais fait ma Mimi Cracra, la table était couverte d'encre. De Chine. Indélébile. Il n'y avait pas de savon dans les toilettes. Hahahahaha (rire de démente : le retour !)
 
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20h20 Je renonce à nettoyer la table. Je sais, c'est mal, mais je n'en peux plus.
Il pleut des chiens et des chats. Chouette.
On s'aventure sous la flotte entre concurrents. On attend patiemment le bus.
Qui nous dépose à la gare.
Train à 20h54. 
Arrivée à la maison à 21h45.
 
 
C'était quand même vachement moins fun que l'année dernière.
 
 
Mais apparemment, c'est bon, je pourrai recommencer l'année prochaine ! 

30 décembre 2007

sexki à ixx

Deux Noëls :

Dans le Nord, puis à Chamonixx. Avec la grande famille paternelle, puis dans l'intimité avec juste mes parents et mes deux soeurs.

Niveau cadeauxx... Ca faisait longtemps que j'avais eu aussi peu ! Ca m'a fait tout bizarre. Même si en fait, j'ai été plutôt gâtée : de la part de mon cousin, j'ai reçu ça :

que j'avais demandé expressément.

Et, hmmm, une "lampe-porte-bougie-chauffe-plat" qui ne m'a pas vraiment plu,mais mon cousin ne me connaît pas tellement bien... En fait, pour le Noël en Grande Famille, on a un système de tirage au sort pour les cadeaux entre "adultes". Chacun tire quelqu'un d'autre au sort et doit lui offrir un cadeau, entre 25 et 100€ selon la personne... Mon cousin (le mari de ma cousine, histoire de compliquer les choses) m'a tirée au sort, et moi j'avais tiré un autre cousin - qui se trouve être le beau-frère de celui qui m'a offert le cadeau. Je lui ai fabriqué des truffes (d'après la recette de Luciole en couleurs) et ma mère lui a acheté pour moi un coffret de chaussettes (une paire par jour pendant une semaine) dans un magasin cher.

Pour la première fois depuis longtemps, j'ai apprécié le Noël en famille. Mes cousins plus jeunes ont enfin passé la puberté et sont plus accessibles. Et il n'y a que deux personnes qui m'ont demandé ce que je faisais cette année et pourquoi je n'étais pas en école de paysagisme (parce que j'ai raté le concouuuuuuuurs !).

Le 24, soir de notre arrivée à Chamonixx, ma mère avait prévu une raclette. Inutile de dire que depuis, mes bras et mes cuisses sont entièrement faits de fromage ! 

J'ai tristement regardé ma famille recevoir leurs cadeaux, parce que je n'ai eu qu'un seul paquet ; mais pas des moindres: un lecteur mp3.

 

Lecteur MP3 SONY NW-DB105

 

Celui-là même, mais en blanc. 

Le problème, ce n'est pas qu'il n'est pas bien. Je ne l'ai pas encore essayé.

Le problème, c'est que ma petite soeur de 14 ans s'est fait offrir le dernier iPod Nano par son parrain. Et qu'elle a reçu une grosse enveloppe de sa marraine. Bref, le soir de Noël, au moment des cadeaux, j'étais jalouse et plutôt d'humeur à casser des briques, alors qu'il n'y a franchement pas de quoi !

 

Sinon, sur Chamonixx, tout s'est bien passé. J'ai skié 3 jours pendant 5h d'affilée, j'étais affublée d'une splendide combi rose pâle et j'arrivais presque à m'en foutre, j'étais très laide avec mes bonnet, grosses lunettes et écharpe. Comment font les autres pour être sexy au ski (pour être sexki) ? Je veux la recette. J'ai visité un bout de Suisse et je n'ai même pas vu de vache. J'ai mangé du boudin et téléphoné près de la cheminée de la résidence. Et bu du vin chaud. Et assisté à la messe de Noël. Je voulais me faire des potos mais je n'ai parlé à personne... en partie aprce que Chamonixxest peuplée aux 3/4 d'Anglais !

 

Bref, ce fut une bonne semaine de vacances, et j'étais triste de revenir à Paris ! La montagne me manque.

 

15 novembre 2007

Galère in Paris

Hier. 

Jour de grève, on était prévenus. La fac s'est organisée en conséquence, la responsable de scolarité s'était arrangée pour décaler notre journée de travaux pratiques du mercredi à lundi dernier.

En conséquence, j'ai pu dormir taaaard. Enfin, tard, disons 2h de plus que d'hab', parce qu'à 9h mon inconscient n'a plus supporté  les coups de marteau dans la cour de l'immeuble et m'a dit Laure, réveille-toi, si tu ne te réveille pas maintenant tu vas cauchemarder que tu es forgeronne. Paf, je me suis réveillée. Et je me suis rappelée que j'avais précédemment rêvé que j'étais la maîtresse de Philippe de Villiers (alias P2V le facho). Pourtant, P2V c'est absolument pas mon type d'homme. Alors, soit je suis vraiment en manque d'amour mâle, soit je suis juste hyper bizarre.

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  So sexy Phiphi ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 (Moi j'ose pas Villiers... Y a que mon inconscient qui fait des choses pareilles...)

 

J'ai bouquiné HP7 dans mon lit en VF, finalement on s'habitue - même si je ne peux pas m'empêcher de noter les différences entre ce qu'a compris le traducteur et ce que j'avais compris en lisant la VO.

Bref, j'ai glandouillé toute la matinée et c'était pas si mal.

 

L'aprèm, je devais aller à mon cours de dessin.

Prévisions RATP : trafic "normal" sur la 14, "pas trop mal" sur la 1 et la 2 (entendu à la radio). Dommage, je devais prendre la 6 - même si la 2 me rapprochait.
Je décide de prendre un Vélib.

3/4 d'heure avant l'horaire normal du cours, donc un peu en retard, je me rends à la station Vélib' la plus proche de mon logis. Transactions avec ma carte bleue, tout va bien, il y a des vélos en stock. Je prends le plus proche, traverse deux rues pour me mettre sur le bon côté de la chaussée, appuie sur la pédale quand le feu passe au vert. La pédale tourne, les roues ne suivent pas. La chaîne est cassée.
Ca commence bien. 

Je fais demi-tour et remets mon vélo à la station. Trop bien : je ne peux pas ré-emprunter avant 10 minutes !!
Je me dirige vers la station demétro 2. Tant qu'à faire, autant me rapprocher et tenter d'avoir la 6...

J'arrive sur le quai au moment où les portes claquent. Prochin métro dans 1/4 d'heure. Restons calmes.

Je me dirige vers une autre station Vélib', ouf, les 10 minutes se sont écoulées. Maintenant, je suis vraiment à la bourre.

Prête à tout pour éviter la Place de l'Étoile, je prends un chemin détourné. Qui m'amène à ne rouler que sur des rues étroites, pavées, et en montée. Pourchassée par des automobilistes qui klaxonnent.

crazy velib'

Je ne connais pas le code de la route, je ne connais pas les rues en sens interdit, je ne savais qu'à peu près par où je devais aller pour atteindre mon but. En tant que grande finaude, je n'avais même pas consulté de plan...
Je me retrouve à traverser les Champs-Élysées. A vélo. Avec

les voitures qui roulent à toute vitesse. C'est un cauchemar, je vais me réveiller... Bon, je peux atteindre sans trop d'encombres la ruelle (la rue plutôt, mais comparée aux 12 kilomètres de large des Champs, voilà quoi) qui part vers le Sud juste en face de moi. Courage ma fille.
Ha merde, la ruelle est en sens interdit.  Plus qu'une soluion... M'engouffrer dans le flot de voitures et suivre les Champs, survivre jusqu'à pouvoir tourner à droite...
Les Champs en vélo dans ce sens-là, c'était une première pour moi. Dans l'autre sens, je venais de manquer de me faire écraser sur la place de la Concorde et de paumer la potesse avec laquelle j'étais on the road, que de joyeux souvenirs !
Après m'être fait klaxonner par un connaaaaaaaaard ! parce que je tentais de rejoindre vaillamment la file de droite, ouff je déboule enfin sur une rue qui va dans la bonne direction - Merci la rue - même si en montée.

Après ça, je me suis complètement paumée. Place d'Iéna (je crois), pas de feux, des voitures qui tournent pour aller on ne sait où, et moi où faut-il donc que j'aille ??
Comme dirait nos amis Grand-Brittons, God Save the inventor of the Eiffel Tower. En VF, que Dieu bénisse Gustave Eiffel, purée ! Parce que mine de crayon, une structure de 300m, ça se voit de loin. Et qu'en plus, en général, quand on habite Paris, on sait à peu près où se situe la fameuse Eiffel Tower. Couop de bol, je m'étais promenée à la sortie de mon cours il y a deux semaines et j'avais vu que j'étais très près du Champ de Mars.
Bref, je me croyais sauvée.

Coups de pédale en série, il me reste... Aaaaah ! Il me reste 4 minutes !

http://images.memoclic.com/gif/200703/eiffel.jpg

J'arrive à la base de la Tour Eiffel. Ho my God, des travaux, je ne peux absolutely not (la panique me fait devenir anglophone, vous avez remarqué ?) passer en dessous de la Dame de Fer. Gauche ou droite ? Gauche ou droite ? Mayday, mayday ! Allez, gauche, soyons fous.

[Interlude. Un mec avec un appareil photo Reflex prend en photo le bas de tous les vélos qui passent devant lui. Comme il se penche comme un dingue à chaque fois, on dirait un pervers qui essaye de mater la culotte des cyclistes femelles... Sauf qu'en ces temps de frimas, tout le monde est en pantalon, alors j'en ai savamment déduit que c'était un journaliste qui allait illustrer un article sur le vélo à Paris. Hyper original.]

Me suis rendu compte que j'aurais du tourner à droite. Traverse-je le parc ? Non, je suis à vélo, c'est Mal.
Oui mais bon, maintenant je suis perdue pour de vrai, je patrouille dans les rues du 7ème et je ne connais rien ici, moi !

Punaise, il faut que je trouve un plan de bus... Ha la la, je le savais qu'il fallai

t que je tourne à droite...

Toute bouleversifiée, je suis le premier cycliste venu. Qui ne comprend pas trop la raison de cette filature, mais ne se formalise pas. Quand soudain, j'aperçois au loin le quai aérien de la ligne6 !! Hourra, God save the Queen !

Hmm. Il est 15h15. Je suis à Cambronne. Mon cours est à 15h à Dupleix. Bordel de m****, c'est où Cambronne ? Où suis-je ? Où vais-je ?
Pile, je vais à droite, face, je vais à gauche.
Allah est grand ! Il semblerait que je sois sur la bonne voie... Bon, faudrait peut-être que je pense à garer mon véhicule, moi, sinon je vais débourser un maxx...
Je continue de rouler. Je dépasse la rue qui m'intéressait. Crotte. Où est cette put!?* de station, corneguidouille ?

 

Ha, enfin une... enfin. Enfin. ENFIN !! Hahahahahaha. Je me mets à ricaner comme une hystérique. Je n'en peux plus.
Je traverse la double voie pour accéder à la station, qui n'est pas de mon  côté évidemment, ce serait si simple.

La station est pleine. Aucune emplacement libre.

Paris inaugure Velib', le vélo en libre-service

Je me suis dit qu'il ne fallait pas que je hurle tout de suite, au moins, je pourrai bénéficier d'un quart d'heure gratuit... Et non.L'écran était bloqué sur "Veuillez retirer la carte de crédit". Je veux bien moi, ça me filerait des thunes, mais y a PAS de carte de crédit dans cette conn*rie de machine ! 

 

Je repars. Tant piss pour le cours de Dessin. J'en peux plus, achevez-moi, j'ai fait tout ça pour rien et je ne cherche même plus à améliorer la situation. Je roule au pif derrière un jeune homme, j'avise une station de Vélib' avec UN emplacement libre, je gare mon vélo.
Un papy reluque la borne. Je me retiens de lui hurler Nooooooon, ne faites pas ça ! Le Diable est dans le Vélib', vous m'entendez ? Le Diaaaaaaaaaable !
Au moins, je n'ai plus mal aux fesses. Mes jambes respirent.
Je marche au pif. Je vois un bus arrêté. Je monte, je demande au chauffeur s'il va repartir, dans quelle direction il va, et je m'écroule sur un siège.

Puis, je sors Harry potter 7 de mon sac et je ne pense plus à cette put?!* de grève. Ni au séchage de mon cours de Dessin, après tout c'est la faute de Sarkozy et des cheminots, na.  

 

 

Edit - Pour mon cours de Dessin, je m'étais dit que j'irais ce soir, à la place. Je viens de regarder sur le site de la Ratp : ligne 6, trafic quasi-nul. C'est MORT mon coco, tu ne m'y reprendras pas deux fois, je n'y vais PAS ! 

18 octobre 2007

C'est pour une urgence ? Call 9-1-1.

Ce matin, 10h20. Je me réveille hébétée au son des cris des ouvriers dans ma cour. Pas de cours aujourd'hui, c'était prévu pour la grève. [de toutes façons je suis en semaine blanche, mais c'est trop long à expliquer, et il faut garder en tête que c'est la grève.]

 En regardant l'heure sur mon portable, je vois Un appel en absence. Un numéro inconnu ? Ô joie !!! Du travail !! Du travaaaail ! De l'argent ! J'écoute le message.  Je retiens qu'un photographe fait des shootings à Montmartre avec sa fille dans les pa-pattes. En gros, c'est une urgence, Super-Laure est demandée à l'accueil. Ni une ni deux, j'engloutis un demi-bol de Special K et me mets deux roulements de déo sous mes aisselles non-lavées - miam, rêvasse sur le job à venir - garder une mignonnette dans un studio hype, le photographe serait trop gentil et flasherait sur ma plastique de rêve, je deviendrais sa muse artistique et accèderais enfin au statut de top-model - et cours jusqu'au trom, direction Anvers. La station de métro, pas la ville belge. Au moment de pénétrer dans la station, coup de panique. Merde, c'est la grève. Je déboule sur le quai et vois que mon métro est annoncé dans 3 minutes. Franchement, qu'est-ce qu'on deviendrait sans l'affichage des horaires de métros à venir ?? Je vous le demande.

Anvers.

La femme du photographe ne connaissait pas le nom de la rue et m'a indiqué l'endroit par Tout en haut, là où il y a les escaliers, il y a un café. Haaaa oui.
Bon, 5 minutes plus tard elle m'a donné le nom de la rue hein.

Je manque mourir d'apoplexie en montant à toute blinde les escaliers montmartrois, derrière des troupeaux japonais. Vivement que je reprenne le taekwondo, parce que là j'ai pas la frite. Ni la patate.

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Effectivement, la petite famille est dans les escaliers. La maman est en train de refuser à la petite de descendre sur le cul les 'toboggans' - mais oui, vous savez bien, juxtaposée aux marches, y a une pente en pierre qui a l'inclinaison nécessaire pour suivre icelles - environ 45° - et qui s'arrête 6 mètres plus bas ! Effectivement, si la blondinette se loupe, elle finira en chair à pâté en bas du 'toboggan'...

La môman m'explique le job. En gros, Prison Break, le pseudo-beau gosse à gardienner étant remplacé par mini-Blondinette qui ne sait que courir. Tu la lâches, elle court. Le mieux c'est de la porter si tu peux.

Allez, on descend tous les escaliers pour aller vers le manège.
À côté du manège, y a une boutique de souvenirs et une aire de jeux avec deux toboggans. Des vrais toboggans.  Hourra ! m'écriai-je intérieurement, me disant que  Blondinette-choupinette ne voudra pas les lâcher. Que nenni ! Ce qui l'attire, c'est la boutique souvenirs. Elle est littéralement fascinée par les Tours Eiffel en plastique rose ou en peluche, les boules à neige, les porte-clés à paillettes. Mais je lui demande de ne pas y toucher et elle n'y touche point. Yes ! Ensuite, je la dirige vers le manège. Horreur et putréfaction : sur le manège en train de tourner, un gamin blond et sa grand-mère... et celle-ci, c'est ma prof de Français de Seconde ! Celle qui me kiffait à donf' et était très investie pour le bien-être et la culture G de ses élèves. Si je commence à discuter avec elle, ça va être l'horreur... Ok Choupinette-blondinette, on retourne dans la boutique Souvenirs, quitte à affronter la vendeuse énervée. Ouf, 2 minutes plus tard, l'ex-prof de Français quitte le manège avec Gamin blond sans me reconnaître. Je suis limite déçue. 

Après le manège, je re-pousse Pucette-blondinette vers les toboggans. Y a un petit gamin anglais qui nous sort "This is my kitchen. I've cooked my dinner. But it's too hot !" Hyper choupi ! Mais un peu trop jeune pour moi, là.

La petiote se lasse. Bon, on remonte, alors.  

Trois mille marches plus tard... On arrive au Château. Le Château, c'est la Basilique du Sacré-Coeur en langage choupinette-blondinette. Avant d'y arriver, icelle a quand même réussi à m'échapper pour courir sur la pelouse ultra-pentue à côté des marches, et se vautrer en plein dedans, aves sa baby-sitter (votre servitrice) qui faisait de même. Résultats, rires de touristes anglais et traces d'herbe sur le caleçon de la petiote gigotante. Elle a aussi tenu à monter les marches à côté de celle-ci, dans le caniveau. Et à balancer des bouts de bâton sur le monsieur qui jouait religieusement de la harpe devant la Basilique. Et à se rouler sur les marches.
Dans le Château, elle se calme.  Elle marche (exceptionnel) tout doucement en me tenant bien la main (re-exceptionnel) , jusqu'à la sortie. Dès qu'elle voit le soleil, elle se remet à courir. Et me confie que dans le Château, elle avait peur. Ha, d'accord... Moi qui pensais qu'elle se tenait coite par respect de la religion, ou qu'elle avait eu une vision divine, hé non. Elle a juste cru qu'on visitait la Maison Hantée.

 *********

 

J'ai couru toute la journée. Monté des marches, descendu des marches, béni chaque instant de calme, visité chaque recoin du Montmartre touristique, subi les remontrances d'un vendeur quand Choupinette a commencé à faire tourner comme une dingue le tourniquet exposant les cartes postales. Choupinette avait la côte, en général. Auprès des touristes qu'elle bousculait, des vendeuses de la Boutique Souvenirs, du tenancier du manège, des rasta-men qui traînaillent partout. Sa fidèle gardienne attirait quelques regards de compassion - par exemple, quand j'ai du la porter entre le manège et la Basilique, parce qu'elle n'en pouvait plus et ne pouvait plus monter des marches.  J'ai pensé à la forcer à me suivre en la laissant sur le bord, mais le résultat aurait été la re-descente des marches que je venais de gravir par Choupinette, et re-belote. Pendant la moitié du chemin, j'ai pensé à Jésus qui devait porter sa croix, en me demandant combien pesait le bout de bois exactement. Plus que vingt-cinq kilos, c'est certain. Pov' Jésus. Au moins, moi, on ne me jetait pas de cailloux pendant l'ascension de la butte. Un mec m'a même proposé de m'aider, mais bon, on sait jamais, ç'aurait pu être un vil kidnappeur pédophile qui aurait profité de mon extrême lassitude.

 

 

**********

 

Le meilleur moment de la journée ? Quand elle a fait son énième crise dans une Boutique souvenirs, pour que je lui achète une peluche Tour Eiffel. Crève, charogne ! M'écrai-je intérieurement. Comme je n'ai pas cédé, elle a enclenché la sirène d'alarme. Veux cadeau, veux cadeau, veux cadooooooooooooooooo ! Comme ça ne s'arrêtait pas, je l'ai chopée et emmenée vers le square miteux dans lequel j'avais essayé à plusieurs reprises de nous parquer (Ô bénédiction ! Un espace clos sans voitures et presque personne à l'intérieur !). Elle ne bougeait plus mais continuait de geindre/beugler Veux cadeau, veux cadoooooo ! Yes, ça se sent : c'est la fin !! Effectivement, dix minutes plus tard, le geignement stoppait - aidé en grande partie par mon début de monologue : t'es en quelle classe au fait ? Elle est gentille ta maîtresse ? Qu'est-ce que tu fais à l'école ? Et mon entame de berceuses l'a achevée. Elle s'est endormie sur moi. Je me sentais très clodo, à être assise sur un banc plein de fientes dans un des squares les plus miteux de Paris avec une petite fille (ça aurait pu être la mienne, après tout) en doudoune endormie sur moi.
Je l'ai porté jusqu'à Môman, qui a ouvert la Mercedes et l'a allongée sur la banquette arrière.
Pendant ma dernière heure, j'ai donc fait du gardiennage de Mercedes, la vie est belle.

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Réflexions en tout genre :

* mais comment font-ils les autres jours pour garder Pucette-blondinette ? Hé mais, elle ne va pas à l'école ? Ha mais siiiiiii... C'est parce que c'est la grève, aujourd'hui...
Conclusion : la grève crée des emplois. En l'espace d'une journée, je suis devenue Super-Laure-qui-apprend-à-courir.

* Hé, quand même, j'ai fait plus de sport que je n'en avais jamais fait en une journée...
Surtout que comme c'était ... la grève, il n'y avait plus de métros pour mon retour à la maison ! Donc ce fut BM-double pieds et Vélib'. Bertrand, les Vélib' ils sont gros et moches et chers, mais j'en veux PLUS !

* Les mannequins, elles mangent de la pizza et boivent du Coca même pas Light.

* Les mannequins, elles ne sont pas tellement belles. Juste très grandes et très intimidantes. Intimidantes, surtout quand la gosse dont on a la charge colle ses mains pleines de sucette à la pomme sur les manteaux de fourrure Dior. Argh.

* JACKPOOOOOOOOOT  ! J'avais reçu hier une lettre de la banque m'annonçant que j'avais été à découvert la semaine dernière et qu'actuellement il ne me restait plus que 66 euros sur mon compte-chèques. Ouille, voilà ce que c'est de prendre le TGV.
Et voilà, le porte-monnaie se remplit... Il y a un Dieu sur cette Terre ! Ou alors, j'ai juste une chance de cocue. Re-ouille.

 

 

Bref : maintenant, je suis de nouveau riche et mince. Et j'ai des courbatures dans les bras.

 

 

http://www.daliparis.com/pro/montmartre.jpg

 

 

 

07 octobre 2007

Nuit bleue

On a gagnéééééééé !

Oué, bon, je l'avais dit et répété. Ils sont forts mais nous aussi, c'est pas parce qu'on a merdé au départ qu'on va re-merder, regarde la constitution de l'équipe et celle des remplaçants, tu vois bien qu'ils ont prévu une vrai stratégie de jeu, et tout et tout.
Mais ça fait du bien !! J'ai jamais autant crié pour un match, je crois. On a pas mal galéré, on voulait aller mater l'écran géant sur l'Hôtel de Ville, mais aucun de nous n'avait prévu qu'il y aurait autant de people. Impossible de s'approcher à moins de 300 m, avec en bonus des voitures vrombissant/klaxonnant devant nos nez, des têtes chauves dans le champ de vision et un gros buisson d'ornement qui bouchait un quart de l'écran. Heureusement, on a vite bougé pour squatter un appart'. Et là, on a pu suspendre nos yeux aux fesses de Vincent Clerc à la course de Michalak (qui a retrouvé force et courage grâce au rasage de son immonde coiffure), aux pieds de Beauxis et au superbe attrapage-de-cheville-néo-zélandaise d'Elissalde (après accrochage désespéré au short dudit Néo-Zélandais). Splendiiiide.

 

 

On a enchaîné sur la Nuit Blanche. Les 3 autres années, j'avais été un peu déçue - la première était sympa mais trop éparpillée et trop de gens, la deuxième était horrible, et je n'avais pas pu profiter de la troisième (à part la Concorde "colorée" en bleu Klein et les moutons en glace sur les Champs-Élysées).  

 Départ pour les Olympiades. Trois "manifestations" :  4 voitures bourrées de plantes en plaatique mit lumières colorées aux néons, 3 bouches d'égout émettant fumées blanches, et 1 "film" d'animation projeté sur une grande façade d'immeuble. C'était joli et décalé, et pour une fois il n'y avait pas à marcher 3 plombes entre chaque installation.  

 

Avrabou & Xenakis

caty oliveFrancois Chalet

 

Ensuite, je suis allée avec Chéri (abandonnant nos compères fatigués) au Jardin des Tuileries. C'était magnifique. La Compagnie Carabosse avait installé du feu organisé partout. Accueillis par des milliers de gros pots de fleurs enflammés qui exhalaient une douce ordeur de paraffine, on déambule entre des braseros, des totems flamboyants, des sphères constituées des mêmes pots de fleurs enflammés. Ils avaient aussi installés des flammes dans un  des bassins., et dans l'autres, des petits personnages qui pédalent en maintenant des ampoules allumés. L'ambiance, les organisateurs de la Compagnie habillés de façon traditionnelle, la chaleur du feu, les reflets des flammes... C'était juste magique.  

 

- Aux Tuileries, 2000 feux allumés - AFP/Miguel Medina -
 
(Franchement, Bertrand, sur ce coup-là t'as assuré !) 

 

17 septembre 2007

Un peu d'Humanité (et pas mal de bière)

Vendredi soir, sortant d'un mini-baby-sitting durant lequel j'ai eu l'insigne honneur de torcher une fillette, j'ai affûté mes godillots les plus pourris pour me rendre à la Fête de l'Huma.

L'heure est grave ! Ce même vendredi, j'avais appris que notre bien-aimée Marie-Georges Buffet ne ferait pas son discours traditionnel du dimanche, 16h. (traditionnel, enfin bon, je me comprends, puisque je n'y vais que depuis deux ans). Dans le journal, il était écrit noir sur blanc que c'était sans doute à cause des deux énoooormes défaites du PC.  Bon, d'accord, le score était minable, mais justement, faudrait donner du baume au coeur des fantassins, non ? UN ch'ti coup de "Et Sarkozy il est méchant et c'est parce qu'on est tous solidaires qu'on a emporté le Non le 29 mai [oui bien sûr, on y croit]", ça ferait du bien par où ça passe. Bon, en fait, ça me réjouit plutôt de ne pas avoir eu droit au discours obligatoire, voix chevrotante sur fond pathos. Mais si Marie-Georges s'en va déjà, QUI y aura-t-il l'année prochaine ? Si elle dépose déjà les armes, est-ce qu'il y aura encore une fête de l'Humanité ?

 

Après un trajet éreintant ("voyageur malade" dans le métro, des gens partout, La Courneuve-Base du Bourget à pied), P.et moi nous dégotons des sandwichs-chipolatas mit frites. Je sors les cannettes de bière (boisson officielle) et m'enfile les 2 dans la soirée (sachant qu'à jeûn, j'arrive  être bourréeavec un demi).
On assiste en sautillant au concert des Fatals Picards, vraiment pas mal. Dommage, il y avait des chansons dont je ne connaissais pas les paroles, et c'est franchement moins drôle qu'on ne peut pas suivre, vu que tout est basé sur les jeux de mots pourris. 

Ensuite, on a traversé tout le site pour arriver à la Grande Scène, où Olivia Ruiz finissait son concert. Déjà bien entamée, je brame à tue-tête les parole de La Femme Chocolat.

Et on est rentrées, parce que voilà.

 

Samedi, on a enchaîné. Mademoiselle K. : pas mal, sauf que je ne connaissais pas assez de chansons pour être dans l'ambiance. Là aussi, tout se jouait  sur les paroles. J'ai bien aimé son jeu de scène, plutôt intime/provocant léger.

Luke : hmm... Comme souvent, le public trop jeune m'a un peu gâché la fête. Je ne connaissais qu'un titre du dernier album (Les Enfants de Saturne : ce titre m'est sûrement destiné, à moi-même et personne d'autre !), celui qui passe à la radio et que j'aime beaucoup. Le reste de l'album, j'avais bien envie de le découvrir tranquillement, dans la joyeuseté et la bonne humeur, en pouvant sautiller et agiter les bras sans craindre pour ma vie. Là, la tribu des 14-17 était déchaînée. Et que je te sors des pogos en série sur des chansons qui ne bougent pas, et que je slame dans tous les sens dès que quelqu'un veut bien me lancer. Dans le dernier quart d'heure, on n'écoutait plus du tout la musique, on essayait juste de se protéger la tête.

Ayo : Après avoir retrouvé J. (laborieux), on s'est affalées dans l'herbe, un peu (beaucoup) loin de la scène. Ayo, je ne suis pas fan, de toutes façons. Je trouve ses chansons répétitives, et je cherche encore un vrai rythme. Ce qui était très drôle, c'est quand elle nous répétait ce qu'on lui disait à l'oreillette : "on me dit qu'il reste encore 25 minutes. J'ai répondu C'est vrai ? On m'a dit Oui, il reste 25 minutes. J'ai dit Aaaaah, c'est bien !" Et elle a fait à peu près la même chose pour 15 minutes. Marrant.

Razorlight : "un concert de filles". Ils ont attaqué directement avec In The Morning, qui a mis pas mal d'ambiance. L'ennui, c'est qu'il ne leur restait plus qu'un  tube en réserve.  Après America, j'ai décroché.  Le chanteur (Johnny , je crois) a déclenché l'hystérie en se mettant torse nu. C'est vrai qu'il avait de bons arguments, le bougre. En-dessous, c'était jean slim blanc. J'ai bien rigolé quand les filles (16 ans) derrière moi ont commencé à débattre sur la localisation de son appareillage. J'ai suggéré que les slims pour mecs comportaient des poches exprès pour que ça ne se voit pas trop. Dès que je vois un mec en slim, je lui demande. (heureusement que la mode est passée !)

Iggy Pop : Grosse déception... On était complètement écrasées, et le son ne donnait pas envie de rester. Ok, on n'y connaissait rien, mais je pensais qu'Iggy saurait nous retenir en jeu de scène, communication ou autre. Mais nan, que dalle, juste des fuckin' partout.
On est allées chercher des chipolatas et des frites, du coup.

Le mec qui tenait le barbecue auquel on s'est arrêtées m'a bien fait rire. Le type a réussi à se foutre de ma gueule parce que je prenais un ton péremptoire en lui demandant s'il pouvait me filer un sandwich au chipos, et il a fini par merefourguer une merguez. Quand je lui ai tendu un billet de 10 euros, il m'en a rendu 8 (en pièces !! Raaaah) alors que le sandwiche en coûtait 1,50... et qu'il m'avait dit qu'il était prof de maths.  

 

Dimanche : on a fait soft. Le matin, je me suis réveillée avec l'impression que j'avais trempé dans la sauce merguez, que je n'étais plus qu'une immense merguez épicée et suintante. Et le dimanche matin, c'est pas très appétissant comme impression. 

A 17h, j'ai retrouvé P. pour assister au concert de Fancy (que j'avais découvert au Festival de Marne). Dément. le chanteur est arrivé avec une veste en cuir rouge, un petit haut à lanières (rouge) caché en dessous, un slim rouge en satin (apparement) hypra moulant, avec ceinture lamée, et des chaussures dorées. Comme il n'y avait personne, on a pu se mettre au premier rang, accrochées aux barrières, dans les cheveux touffus des photographes.

Même si j'aurais bien aimé rester jusqu'au bout, on a déserté pour aller voir Renaud. La première fois que je le voyais. Il y a quelques années, j'adorais Renaud. Et puis je me suis rendu compte que Boucan d'Enfer ne valait pas le reste, et je n'ai même pas cherché à connaître  la suite. C'était vraiment bien. Il a ému tout le monde avec Le Mistral Gagnant ; P. et moi avons bien déliré en faisant la partie Axelle Red pour Manhattan-Kaboul. Toujours revendicatif, il a grogné contre Sarko, contre l'emprisonnement injuste de Léonard Peltier (il faut que je me renseigne sur cette histoire) et contre l'inactivité des gouvernements sur les affaires des otages en Colombie.
Bref, enfin un chanteur vraiment dans les valeurs de la Fête de l'Huma... Loin de Mademoiselle K qui se proclame anarchiste et loin des "cocos", d'Ayo qui dit "l'Humanité, c'est bien, c'est de la joie" (à peu près), ou de Fancy qui s'en foutait comme de l'an 40 de tout ça. Et ça fait du bien, de se sentir rassemblés pour quelque chose, même quand c'est loin d'être défini, abouti, et en bonne voie.