27 avril 2009
What, she sucked your dick in the car ?
Petra a pendu sa crémaillère samedi dernier. Poulet était à Zürich, on est allés tous les deux à la fête (je précise, parce que nombre de gens m'ont demandé s'il allait venir aussi... Bah nan, évidemment, il vient pour le week-end mais je vais à la fête toute seule et il regardera un DVD pendant ce temps-là !), qu'on a passée en grande partie dans le couloir à discuter - l'appartement était plein à craquer. Plein à craquer de germanophones et de francophones, vu que le copain de Petra est Belge et qu'ils ont étudié ensemble à Strasbourg.
Vers minuit, on se trouvait toujours dans le couloir, avec Ned, Kazuo et... d'autres, quand un mec est sorti des WC et a éructé un énorme Putain mec, quoi ? Elle t'a sucé la bite dans la voiture avec Machin à côté ???
Réaction de Ned : Oh, in these moments I really wish I could speak French...
Et qui c'est qui raconte l'anecdote pendant le pot de thèse qui a eu lieu ce soir au labo, pour le plus grand bonheur des étudiants absents lors de la soirée ?
Et qui c'est qui, au regard hilare des mêmes étudiants, se rend compte qu'elle vient de dire diaboliquement fort What, she sucked your dick in the car and Machin was there ?... alors que Gros Lapin était exactement à 10 cm derrière moi ?
(oui, c'est moi, bonne réponse)
(et même si on dirait un fake posté sur VDM, le directeur de mon labo était réellement juste derrière)

Instruisons-nous avec notre ami Wikipédia :
"Pendre la crémaillère est une expression qui se retrouve dans une tradition médiévale. Au Moyen Âge, la cuisson se faisait avec une marmite dans l'âtre de la cheminée, afin de cuire plus ou moins fort la nourriture, on utilisait une crémaillère qui permettait de pendre la marmite plus ou moins loin du feu.
La crémaillère était la dernière chose installée dans une maison, les habitants ne pouvaient donc pas y manger avant qu'elle ne soit installée.
Lors de la construction d'une maison, il était de coutume d'inviter à venir manger toutes les personnes ayant contribué aux travaux, amis, familles, etc., afin de les remercier. La pendaison de crémaillère était une façon de dire aux amis et à la famille, la maison est finie, on pourra festoyer ensemble."
(source)
Mot allemand du jour : crémaillère se dit Kesselhaken.
22:38 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : gaffe, gros lapin, alcool, pendaison de crémaillère
26 avril 2009
Mots
19:23 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : wordle, mots, blog
24 avril 2009
Cash-back
/J'écoute cette chanson en boucle depuis trois jours. Découverte sur le blog d'Artypop, que je suis en train de lire depuis la fin jusqu'au début. J'en suis à la page 60, novembre 2005, et je suis en train de me demander quand est-ce que le blogging a été inventé pour savoir si j'aurai fini avant le prochain solstice./
Quand on est heureux... Quand on est intimement persuadé d'être l'être le plus heureux sur Terre. Quand ce sentiment dure, et qu'on le cache à autrui pour ne pas exciter les jalousies, parce qu'un bonheur convoité est vite détruit... On sait que le très bas viendra forcément un jour remplacer le très haut, parce que personne ne reste indéfiniment au sixième ciel ; et sur le moment, on l'accepte, right ? Parce qu'il faut bien une compensation à tout ça, mathématiquement, et qu'on sait que ce serait crétin de refuser le bonheur juste parce qu'on crait de voir les nuages arriver. Et aussi, parce qu'il faut un prix à payer.
Alors, si on le sait si bien, pourquoi essayer à tout prix d'échapper à l'addition ? Ça y est, c'est fini, c'était bien, c'était cool, t'as kiffé. Maintenant, tu passes à la caisse. C'est logique et on fait ça chaque jour de notre vie ou presque (j'allais comparer ça à Disneyland, mais c'est débile, vu qu'on paie avant d'entrer et que qui va à Disneyland chaque jour de sa vie ou presque ? (la Belle au Bois Dormant)), que ce soit avec les choses matérielles et saisissables (le saucisson ou le PQ) ou les loisirs.
C'est peut-être un peu trop dur de devoir payer après - même si totalement juste. Peut-être qu'on devrait demander à (à qui, bordel ?) de payer systématiquement avant, pour garder le meilleur pour la fin. On serait tous des Jamal.
Bref. Tout le monde pense à la métaphore des montagnes russes pour qualifier la vie. En ce moment, je compare plutôt à un électroencéphalogramme /si je l'écris plein de fois, le mot électroencéphalogramme apparaîtra en énorme sur le nuage de mots que je vais créer sur Wordle... Chouette ! Électroencéphalogramme, électroencéphalogramme, électroencéphalogramme, électroencéphalogramme... Hmmm.../. Et en ce moment (bis), je souhaiterais parfois avoir un électroencéphalogramme plat. Ne plus ressentir. Plus de sentiments, donc plus de bas, effet garanti et assuré.
Quelques secondes plus tard, je me rends généralement compte que je suis stupide et que si je supprime les sentiments pour effacer les bas, les hauts suivront. Plat, vide, rien, sacrifier les bonheurs juste pour ne plus se sentir comme une bouse quand ça va moins bien. D'un côté, me comporter telle un robot serait carrément pratique pour mes manipulations. Le temps de recharger mes batteries le soir, dormir, grignoter de la choucroute, un Mars et ça repart. Plus d'échappée de motivation quand les personnes que j'aime ne sont pas au labo. D'un autre côté, vu que les sentiments sont en quelque sorte le moteur de ma vie (j'ai failli écrire l'amour... et je me suis dit que si je me lisais, je me jetterais des cailloux. Ou des oeufs périmés), une vie sans sentiments puerait un peu du cul. /Je ne peux pas dire n'aurait plus grand sens, puisqu'en tant que biologiste fortement intéressée par la naissance de la vie, l'Évolution et la possibilité de trouver de la vie ailleurs, je considère que la vie n'en a intrinsèquement pas./
Hmm. Quel était le point final auquel je voulais parvenir en me lançant là-dedans ?
Ah oui. En ce moment c'est plutôt un bas. Mais comme très récemment c'était un très grand haut, je prends encore les choses de façon philosophique, toujours plus sage que le Sage, j'arrive parfaitement à me traiter d'ingrate stupide quand j'en viens à souhaiter devenir un légume. //Par pitié, pas d'encouragements ou de compatissements sinon je n'arriverai jamais à rester aussi sage que le Sage.//
Mot allemand du jour : der Knoblauch (-) = l'ail

(C'est Anton qui me l'a appris.)
EDIT> électroencéphalogramme se dit en allemand Elektroenzephalogram.
01:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ail, vie, hauts, bas, again, électroencéphalogramme
19 avril 2009
Aujourd'hui, c'est lit
Me suis réveillée ce matin, après quatre heures de sommeil, avec cette impression que la Terre tournait autour de moi. Ç'aurait été une Terre en forme de disque, un joli vinyle, moi j'aurais été au milieu - oui, dans le trou. Mettez le disque sur la platine, lancez la musique. Tiens, surprenant, on n'entend pas du jazz langoureux mais des coups de marteau insistants... Ferme les yeux ; le disque s'arrête de tourner mais la bande-son chantier continue. Tourne-toi sur le côté, ton estomac danse la java en pleine tempête. Enfouis ta tête dans l'oreiller et ne bouge plus d'un poil. Les bruits de marteau s'estompent, comme si ta tête s'éloignait physiquement du chantier, ton estomac se calme, tes paupières sont lourdes, tu te rendors.

John and Yoko Host a Bed-In in Amsterdam. (Getty)
J'ai décidé de passer ma journée au lit, comme Yoko Ono et John Lennon. Est-ce qu'ils étaient sortis du plumard pour se doucher, aller aux WC, grappiller de quoi se sustenter dans le frigo ?
Hmm, leur premier bed-in, à Amsterdam, ayant duré une semaine - entre le 25 et le 31 mars 1969 -, je doute qu'ils aient réussi à ne pas sortir du tout de leur plum'. Cela dit, vu que la presse n'était invitée que de 9h à 21h, on ne saura jamais ce qu'ils faisaient pendant l'autre moitié de leurs jours. J'imagine qu'à leur place je passerais le plus de temps possible debout, j'irais courir dans les champs le long des canaux, escalader des montagnes les murs des jardins publics, toute la palette imaginable des usages qu'on peut faire de ses jambes. C'est une des choses qui me terrifie quand j'envisage qu'un accident me tombe sur un coin de la gueule, un jour : ne plus pouvoir me servir de mes jambes, même temporairement.
J'ai envie de voir la mer, de sentir le vent et l'iode sur ma figure, les embruns (je ne sais pas s'il existe mot plus chargé de poésie et d'aventure que le mot embruns). De m'allonger à même le sable et me laisser chauffer par le soleil printanier. J'aurais du sable dans mon jean et mes chaussettes, accroché à mon cuir chevelu, dans le nez et les oreilles, j'écouterais les cris des mouettes et les refoulements cycliques des vagues, les gosses qui gueulent en riant en se balançant le ballon.
J'ai envie d'avoir quelqu'un dans mon lit, genre une meilleure potesse ou un meilleur poto avec qui on se raconterait des secrets et des blagues de Toto stupides (attention, redondance) pendant mon bed-in. On mangerait des tartines de beurre de cachuètes - enfin, si ma persistante envie de vomir daignait me quitter -, il y aurait des miettes plein mon lit, peut-être même qu'on roupillerait.
Tiens, je pourrais peut-être regarder The Eternal Sunhine of the Spotless Mind pour la douze millième fois.

How happy is the blameless vestal's lot!
The world forgetting, by the world forgot.
Eternal sunshine of the spotless mind!
Each pray'r accepted, and each wish resign'd
(Alexander Pope, "Eloisa to Abelard")
Hé, vous vous souvenez de cette pub pour Crunch qui passait souvent au cinéma - des gens regardent un film est-européen supra chiant où un couple est allongé sur son lit et regarde les fissures du plafond... Je crois que le mec s'appelle Igor... et là, deux spectateurs qui s'emmerdent profondément croquent dans des Crunch et les canalisations pètent chez Igor, mais le couple reste au plum' ... ?
Je ne dis pas que j'aimerais que mes canalisations pètent, mais je ne dirais pas non à un morceau de Crunch, là.
(Han, ça y est, j'ai enfin compris comment importer des vidéos de Youtube ! Ma vie (fascinante) en est transformée)
18 avril 2009
Raviolis au homard
Il est 20h et je suis encore au labo. J'ai la loose, un peu.
Il est 20h, je suis encore au labo, mais surtout je suis la dernière ici ; en semaine, il y a toujours quatre ou cinq personnes qui restent le soir, souvent Anton, souvent des thésards sympa qui trouvent toujours le moyen de me charrier en me disant que si je reste aussi tard, c'est parce que je n'ai pas de maison.
Le vendredi, je ne sais pas trop pourquoi, tout le monde met un point d'honneur à partir tôt ; ce que je comprendrais si l'argument du week-end était valide, mais on a affaire à des chercheurs qui reviennent souvent bosser le samedi ou le dimanche.
Je suis la dernière ici, de mon équipe de recherche, de l'étage, peut-être même du bâtiment, et je me sens seule au monde. J'ai des temps d'attente assez conséquents entre chaque manipulation, le temps que les anticorps se fixent à leurs cibles respectives, et pas de recherches à faire. Pendant mes premiers mois, je m'occupais souvent en lisant le maximum d'articles sur mon sujet. Mais c'était en attendant que le matos qui me permettrait de réaliser mon projet arrive des Stazunis, essayer de m'occuper l'esprit en peaufinant le projet ou trouver des voies alternatives ; à présent je suis une sorte d'encyclopédie humaine de mon sujet et de tous les mécanismes connexes et mon projet n'est plus à peaufiner, le matos étant arrivé vendredi dernier (j'ai d'ailleurs failli me mettre à poil pour aller danser dans la forêt pour célébrer l'atterrissage du colis FedEx sur le bureau de Kazuo).
Si j'étais une blogueuse de l'extrême, je pourrais faire un compte-rendu live de ces minutes qui s'égrènent lentement. Je pourrais partager avec les gens de l'Internet et les terrasser d'ennui. Je pourrais aussi me créer un compte Twitter, tiens. Est-ce que c'est pour ça que le Twitter a été créé ? Pour que les gens qui s'emmerdent puissent montrer au monde qu'ils s'emmerdent - puisque quand on ne s'emmerde pas, on ne prend pas deux minutes pour le crier à l'Univers - mais où se trouve la fierté à s'emmerder et à raconter qu'on est en train d'attendre la fin de la cuisson de ses poivrons farcis ?
20h. "Il est 20h et je suis encore au labo. J'ai la loose, un peu."
Je décide de répondre, 9 heures plus tard, au mail que Poulet m'a envoyé ce matin. Je lui manque.
20h11. La page MSN Messenger comporte un encart "comment retrouver un ventre plat ? Dix conseils Machin". C'est vrai que j'ai des centimètres d'oreiller qui commencent à s'accumuler autour du nombril et des hanches. Avec un peu de chance, je pourrai plus facilement faire la planche dans le Pacifique cet été.
20h12. Je ne suis pas sûre que la bière soit ce qu'il y a de plus indiqué pour retrouver une taille de guêpe. Cependant, il est hors de question que je vide dans l'évier cette bouteille chèrement acquise (gratos) à l'apéritif du labo d'en face. La bière, c'est trop précieux.
20h14. J'aurais peut-être dû chouraver des bières à l'apéro pour ma fête demain.
20h18. Je crois que les apéros du vendredi soir ont lieu le vendredi soir parce qu'on n'est pas vraiment censé bosser après. Hmm. On va dire que les tomates cerise et les bâtonnets de carottes ont un peu épongé les quelques degrés de bière ingurgités.

20h26. Mine de rien, raconter sa vie aide quand même fort bien à tuer le temps. Si la salle informatique ne se trouvait pas être celle dans laquelle sont parqués les étudiants toute la journée et où chercheurs vont et viennent pour imprimer revues et articles, je pourrais bloguer plus souvent du labo. Méchant manque de bol, je ne suis quasiment jamais tranquille ici pendant la journée. Otho, un étudiant suisse qui "m'aime bien", a à peu près le même rythme de travail, occupe le poste jouxtant le mien, et aime regarder sur mon écran ce que je trafique /je fais exactement la même chose pour lui, comme ça je peux me moquer quand il lit le quotidien de sa ville de 23.000 habitants : "aujourd'hui, accident de voiture dans la rue de la mairie !"/ Quand il n'est pas là, il y a forcément un post-doctorant qui imprime des millions d'articles, un autre étudiant pour qui je ne veux pas être "celle qui ne bosse jamais et envoie des mails longs comme la barbe de Mathusalem", ou Anton qui me perturbe. Du coup, je relucte aussi énormément à envoyer des mails de nouvelles aux amis - comme je ne suis jamais motivée pour écrire des pages et des pages le soir après le labo, je deviens l'ingrate qui a oublié ses proches dès qu'elle a découvert l'Appenzeller.
20h40. O mi Dio, comme dirait Gabriele, le soleil s'est couché, la nuit tombe. Je suis la dernière à travailler ici et ça y est, il fait nuit, je suis définitivement perdue.
20h46. Mon timer a sonné, j'ai des lavages à faire, ma première manipulation touche à sa fin.
20h52 /j'ai une pause de 5 minutes pendant chaque lavage/ Dieu du Ciel, j'entends du bruit. Des pas pesants. Un cambrioleur qui cherche à chourer des machines à électrophorèse ? Un admirateur secret de ma ténacité au boulot ?

20h53. Ni l'un ni l'autre. Un thésard resté planqué dans la salle du microscope. Bordel, un témoin gênant. Il faudrait peut-être que je lui paie des bières pour qu'il oublie qu'il m'a vue et qu'il ne raconte pas à tout le labo qu'à 21h, j'étais encore là.
21h50. Le temps a défilé magiquement pendant que je manipulais, mes écouteurs sur les oreilles. J'aurais adoré beugler les paroles ou secouer mes hanches en rythme (le moment est venu de placer un Ou pas), mais le thésard bossant dans le bureau d'à côté je me suis contentée d'articuler silencieusement en tapotant du pied. Ce qui vaut sans doute mieux quand on écoute les tubes du dernier été, fournis par sa petite soeur et très utiles pour lutter contre les instants déprimants - au hasard : il est 20h, un vendredi, toute seule dans un labo, la loose. Des singles comme Infinity 2008 (le single qui par son titre s'auto-proclame tube de l'été... Le pire étant que ça fonctionne) qui me donnent invariablement, au bout de la 42ème seconde, l'envie d'enchaîner la passe tecktonik du gel dans les cheveux.

21h52. Ça fait un mois que j'ai envie de poser à Otho la question la plus importante du Monde.
Que je vous livre :
Est-ce que les Suisses connaissent la tecktonik ?
Parmi les deux réponses possibles, aucune n'est meilleure que l'autre. Oui, les Suisses connaissent la tecktonik : la tecktonik n'est donc plus cantonnée à la France mais a atteint un statut international. Bientôt, les jeunes Hong-Kongais (est-ce qu'il y a des jeunes à Hong-Kong ? La seule image que j'ai de Hong-Kong, ce sont des hordes d'Asiatiques en costume-cravate noir corbeau devant d'immenses buildings de verre) danseront eux aussi sur les titres des compil's siglées de l'aigle en faisant mine de s'enduire les cheveux de gel et d'avoir les genoux atteints d'une féroce envie de jouer des castagnettes. Non, les Suisses ne connaissent pas la tecktonik, ce qui n'est en soi pas si mal mais devrait m'obliger à mimer. Mimer la tecktonik devant des non-initiés, Suisses ou Allemands, risquerait d'atteindre gravement ce qui me reste de dignité.
22h. Le thésard quitte le labo en même temps que moi - en fait, j'ai plutôt dû le supplier de m'attendre pour ne pas rester seule - et me raccompagne à bord de sa Mercedes. /Être raccompagnée en Mercedes est une des choses que j'aime le plus au monde. J'adore les moteurs Mercedes. Même si penser au nombre de litres de pétrole que ça consomme m'ensevelit sous la culpabilité./
C'est à ce moment que le lecteur pige que la blogueuse ne peut pas décemment être simultanément assise dans une Mercedes et devant son ordinateur. Le lecteur non-occasionnel sait que je n'ai ni iPhone ni BlackBerry (beuh). Le lecteur a donc deviné que la fin est une sorte de fake-live-blogging. Ce dont en fait on se fout comme de la première branlette de Robbie Williams (quoique).
Mot allemand du jour : die Hummermaultasche (-n) = le ravioli au homard.

02:47 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : labo, tecktonik, blog, fake-live-blogging
16 avril 2009
Cagibi
Vous connaissez, ce cagibi où vous entassez un tas de fourbi au fur et à mesure, en vous disant que vous rangerez demain ou la semaine suivante. Au début, vous déposez gentiment les objets dépassés sur des étagères, classifiés dans un ordre plus ou moins logique. Puis les étagères se remplissent... un peu trop ; les livres s'empilent à l'horizontale, pour combler les trous ; des boîtes en carton font office de vide-poches. Ensuite, arrivent devant les étagères les vieilles chaises du salon à repailler, la bicyclette à la roue voilée, le guéridon passé de mode, sur lesquels atterrissent les peluches mitées et les poupées unijambistes.
Au final, le cagibi recèle d'objets que vous avez abandonnés au fil du temps, abandonnés... un débarras. Et rien qu'en ouvrir la porte provoque une montée acide et angoissante de culpabilité, alors pour déposer les objets suivants, vous tournez la poignée le plus vite possible, la porte pivote sur ses gonds, vous jetez la chose à l'intérieur sans même allumer la lumière, refermez la porte et essayez de ne plus y penser - ou vous soulager en pensant je rangerai ça dans deux semaines, le week-end après l'anniversaire de Louison - ce que vous ne ferez pas, évidemment, vous le savez pertinemment, mais cette pensée vous a absous.
Et puis vous finissez par ne plus jamais y entrer. Par éviter le périmètre entourant la porte. Par éliminer la pièce de votre cerveau, par trouver des solutions alternatives pour le 'rangement' de vos choses obsolètes. Et si, par un beau jour d'avril /il fait si beau, ici.../, un huissier venait vous annoncer qu'il avait le devoir de murer cette porte, vous ne ressentiriez rien. Rien, ou un soulagement malhonnête, enfin une excuse pour ne plus jamais y rentrer, être confronté à ces bidules que vous avez aimés, leur redonner une seconde vie.
Pendant cette dernière huitaine, mon blog est devenu ce cagibi.
Je me suis inventé toutes les excuses imaginables pour ne pas écrire, ou plutôt je me suis raccrochée à des excuses invoquant des obstacles qui ne m'auraient jamais empêchée de m'épancher ici auparavant.
Au premier jour, j'ai commencé à écrire et n'ai pas achevé.
Au deuxième, j'ai consulté mes statistiques.
Au troisième, ai commencé à frémir quand je voyais un commentaire arriver.
Aux suivants, eu des idées de notes que je jetais aussitôt dans ma poubelle mentale. Eu d'autres idées que je développais, pas si mauvaises, mais ne transposais pas à l'écrit.
Je suis partie, revenue, et ce blog ne me manquait plus.
J'ai cherché les façons les plus élégantes et les plus originales de dire adieu et en ai trouvé.
Et ai finalement décidé que non, je ne voulais pas murer mon cagibi. Que j'avais des choses à raconter, même si elles seront différentes d'avant, même si les mots seront plus timides, plus pesés, plus rares sûrement. Que certes, en ce moment j'étais un peu dégoûtée de cet univers bloguesque, des écrits narcissiques /non, ce n'est pas narcissique que je voulais dire, un blog est pour moi conçu pour être narcissique, les narcisses sont parmi les plus belles fleurs, et la légende de Narcisse une des plus jolies qui soient ; non, je voulais parler des écrits qui transpiraient la suffisance, l'impression que l'auteur sait, un point c'est tout, cette absence totale d'humilité qui suinte de plus en plus.../, que beaucoup écrivaient plus drôle, plus juste, plus intéressant, plus touchant, mieux ; mais que, té !, ce n'était pas une raison pour jeter bicyclette aux roues crevées et poupées démembrées dans l'oubli.
Comment appelle-t'on ça, prendre de la distance ?
Relativiser ?
Ces derniers temps, je me sens plus sage que le Sage...
00:49 Publié dans Hé oui, c'est un blog. | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blog, écrire, cagibi, journal intime
05 avril 2009
Des seins partout
Je ne sais plus trop comment j'en suis arrivée là ; la semaine dernière, pendant que je discutais avec Anton, je lui ai révélé que pendant le développement foetal le tissu mammaire recouvrait tout le corps (discussion totalement glamour, pour continuer sur la lancée choucroute).
Ah si, je sais très bien comment c'est venu. /Accrochez-vous./ Mes carottes râpées n'étaient pas assaisonnées et me faisaient penser à de l'herbe, du coup je lui ai demandé s'il avait déjà essayé de manger du gazon (encore plus glamour que la choucroute, continue comme ça Laure) - bien évidemment, le gars m'a répondu que non (au cas où vous vous poseriez la question : oui, pour ma part j'ai déjà essayé, c'est original mais... désagréable (je dois être une des seules personnes majeures au monde à avoir déjà bouffé du gazon sans jamais avoir essayé de tirer sur un joint)).
La question suivante de votre Servitrice, adressée au pauvre garçon : imagine qu'il existe des gens nés avec plusieurs estomacs. Est-ce tu crois qu'ils peuvent s'en rendre compte ? (lien logique : manger du gazon - vache - plusieurs estomacs)
Réponse du garçon torturé : Heu... Je ne crois pas qu'il existe des gens avec plusieurs estomacs. Déjà, où est-ce qu'on mettrait un deuxième estomac ?
Bah, il y aurait la place si l'intestin ne se développait pas totalement... Et puis le foie pourrait se décaler un peu...
Ouais mais s'il y avait deux estomacs, il y aurait aussi deux coeurs, deux paires de poumons, et là ça commencerait à faire un peu gros !
Le bonhomme germanique avait-il fumé de l'Appenzeller ?
Ma conception du double estomac n'impliquait pas du tout un double de chaque organe ! Ce que je lui rétorquai. Avec un super argument : il y a bien des femmes qui ont trois seins...
Yeux ronds de l'apprenti virologiste.
Si si, je t'assure.
Oui mais les seins ne se développent pas en même temps que les organes internes !
Hmm, j'espérais que tu ne remarquerais pas la faille dans mon argumentation... HÉ, tu sais quoi ? À un certain stade du développement, les foetus sont recouverts de tissu mammaire, et après ça se désagrège pour ne laisser des seins que sur la poitrine !
Gné ? Où est-ce que tu as vu ça ?
Heu... (fille pas très fière) Dans Dr House...
Et là, affreux coup de théâtre : Anton refuse de me croire ! Pire, il refuse de croire 'Greg' !
Et argue du fait que c'est une série, que c'est le seul endroit où j'ai vu cette description, et que c'est tellement invraisemblable que les scénaristes ont dû se dire que les télespectateurs goberaient sans aucun problème.
J'ai bien essayé de sur-arguer, en lui rappelant qu'à la base on avait les doigts palmés, mais que la moitié du volume crevait de lui-même avant la naissance, nous laissant de jolis doigts ciselés, et que le phénomène était donc sûrement possible pour le tissu mammaire, mais le gus n'a pas voulu en démordre.
Moi, je sais bien que Dr House dit toujours la vérité (et ce cas était mon préféré de la saison 4).
Seulement, quand j'ai essayé de vérifier l'information, je n'ai rien trouvé. On dirait que les femmes enceintes ne se focalisent pas sur le tissu mammaire de leur futur gosse mais plutôt du leur, et de l'Avant-Après phénoménal que leurs mamelles vont devoir subir ; quelles égoïstes.
Y a-t'il un biologiste dans la salle ? Aidez-moi à prouver à Anton que Dr House a toujours raison !
(Et que lui aussi, dans le bidon de sa Mutter, a été recouvert de seins... Hin hin.)

22:39 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : vache, estomac, dr house, seins, appenzeller, foetus, anton
02 avril 2009
Ainsi parla la culotte
Sortie du labo un peu avant 23h, je me retrouve confrontée à un problème de taille.
N'ayant pas fait de lessive depuis 10 jours (flemme, sortie tard du labo, à Paris le week-end dernier...), je n'ai plus aucune culotte (googliste fétichiste des culottes, bienvenue !) propre dans mon placard - placard où tout est rangé par couleur, SAUF les sous-vêtements, parce qu'on ne plaisante pas avec les sous-vêtements.

J'ai donc le choix entre lancer une machine maintenant, ce qui prendrait au minimum 40 minutes (et il est tard), en lancer une demain matin - et dans ce cas, choix entre porter une culotte mouillée ou me lever à 6h pour effectuer aussi un cycle de séchage (préférez-vous l'arsenic ou le curare ?), ou porter une culotte déjà sale demain - où j'ai notamment rendez-vous avec la chef d'une autre équipe de recherche.
Hmm.
La scoute qui hiberne en moi vient de me rappeler qu'une culotte sans compagne peut se laver à la main.

Après ça, je relirai toutes mes BD de La Patrouille des Castors, histoire de rendre hommage à la débrouillardise scoute, qui vient de sauver mon hygiène intime.
Cette affaire importantissime me rappelle cette manie qu'a Dave La Marrade (Journal intime de Gergia Nicholson, de Louise Rennison) de remplacer des mots au pif dans les citations par... "culotte".
Ce qui pourrait donner, si je m'y mettais vraiment :
L'amour est enfant de culotte,
Il n'a jamais jamais connu de loi !
Ou encore :
La culotte... Il y a ceux qui en parlent et ceux qui la font. À partir de quoi, il m'apparaît urgent de me taire.

23:45 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : culotte, scout






