31 mars 2009
Oestrogènes et progestérone sont dans un bateau
Ces jours où on se sent vide, vide, vide. Où on se rend au supermarché pour acheter quelque chose, combler le vide, et où on se lâche pour la première fois - sûrement pas la dernière - sur... du beurre de cacahuètes. Où on teste la tartine beurre de cacahuètes-miel, et où c'est sûrement le meilleur événement de la journée.
Ces jours où on hait tout le monde, sans vraiment savoir pourquoi. Même Ned, qui a toujours quelque chose pour me faire rire, même - et surtout - Anton (aucun rebondissement du côté Anton ; du mien (de côté), j'ai vu Poulet ce week-end, et j'ai réussi à faire mon choix. Alors, si le gars s'obstine à me prendre pour une plante verte et parfois se rendre compte que j'existe, tant pis pour sa gueule, avant j'essayais de maintenir une poto-attitude, maintenant qu'il aille se faire voir (espérons que j'arrive à maintenir le cap)), même les gens dans le tram qui ne m'ont pourtant rien demandé.
Ces jours où le baromètre remonte devant les énormes sourires des rescapés de la Nouvelle Star et chute devant les pleurs de ceux qui s'en vont (bordel, être au bord des larmes devant Twilight est déjà humiliant, mais devant la Nouvelle Star...)
Ces jours où, le soir venu, on se rend compte qu'on est à J28 et que demain... mon endomètre va se désintégrer.
Ce genre de jours où on a envie degueuler que les hormones, ça pue du cul,
et accessoirement de buter les gens qui ont inventé le slogan Barbie, C'est tellement mieux d'être une fiiiiille !

22:59 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : beurre de cacahuètes, hormones, dure condition féminine, fille
25 mars 2009
Whistling another tired song
Kazuo écoute du jazz.
Ça a mis du temps, mais je crois qu'on a fini par s'apprivoiser, finalement. Je découvre peu à peu des aspects plus personnels, je n'hésite plus à dire quand quelque chose ne me convient et à argumenter, et, oui, j'ai fini par le trouver gentil, sympathique, intelligent, pédagogue, patient : un bon chercheur et un bon superviseur...
Kazuo écoute du jazz, mais instrumental. Moi, je préfère le vocal, largement ; l'instrumental me donne l'impression d'être dans un salon de thé ou dans un ascenseur, une musique d'ambiance, pour combler les blancs sonores inesthétiques. Je n'y connais pas grand-chose, mais il m'est impossible de ne pas être touchée par un bon morceau de Jamie Cullum ou Diana Krall. /D'ailleurs, je trouve dommage que le jazz vocal ait tant donné à l'univers de la pub, notamment pour tout ce qui est supposé être sensuel, parfum, café ou voiture intérieur cuir. Il est triste de penser automatiquement à Carte Noire quand on écoute de la bonne musique./
23:56 Publié dans Au bonheur des tympans | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : kazuo, jazz, jamie cullum, gran torino
24 mars 2009
Jules et Jim (2)
...
Quand j'ai écrit la première partie, vendredi soir, j'étais encore dans un état d'esprit particulier.
Vendredi soir, la fille lambda était amoureuse de deux garçons à la fois, amoureuse pour de vrai. Maintenant... je ne sais plus. /Illustration du concept des pensées changeantes... Cette note aurait sûrement été très différente il y a trois jours./ J'aurais dû consigner au maximum le plus tôt possible, sur le moment. Mais j'étais exténuée après avoir fini d'écrire la première partie, j'ai eu d'autres activités le samedi, le dimanche je suis allée skier avec Petra et une autre thésarde. /Illustration du fait que ce blog ne représente qu'un trou de serrure, puisque la dernière fois que j'ai parlé de Petra c'était pour l'étiqueter de ragoteuse.../
...
Après qu'Anton se soit barré avec Germaine, la fille lambda s'est laissée tomber sur sa chaise de bureau comme une enclume. Ce jour-là, elle avait la chaise dont personne ne voulait, une rouge un peu vieille dont le plateau s'affaissait par à-coups, et qui s'est laissée tomber de dix centimètres sous le poids de l'enclume. Merci la chaise, pour ta solidarité.
Abasourdie, j'ai mis quelques minutes à reprendre mes esprits. J'avais plusieurs fois pensé qu'Anton avait une copine. Réaliste, je ne m'attendais pas à que ce garçon (aux yeux verts) soit célibataire. Mais dans ma tête, elle était en Allemagne, et était supposée y rester, je ne la verrais jamais et elle resterait un personnage imaginaire. Pas besoin d'avoir à supporter la réalité d'une fille qui avait le statut de chérie d'un garçon pour lequel je ne savais même pas ce que je ressentais ; pas de réalité, pas de problème. Là, la fille existait, pas de doute possible.
Sensation bizarre dans l'abdomen - dans le coeur ou bien dans le ventre, aucune idée - à mi-chemin entre un gros poids et un grand vide, du mal à penser, du mal tout court d'ailleurs ; je pense à retranscrire les sensations et symptômes directement dans le cahier vert à petits carreaux que j'utilise pour noter tout et n'importe quoi au labo, saisir mon Bic bleu et tout évacuer par l'encre, tout fixer à la minute. Mais je me lève et vais manipuler les cellules que je dois soigner avant le lendemain si je ne veux pas qu'elles crèvent la bouche ouverte /en gardant les yeux grand ouverts pour ne pas chialer comme une connasse, je me répète tu le savais, débile, tu le savais, tu le savais, donc arrête de te comporter comme une môme, grandis, c'est qui ce gars pour toi de toutes façons, et puis tu le savais, oh, arrête ton cinéma.../
Miracle, j'ai réalisé que j'étais devenue adulte.
La seule chose qui m'emmerdait, savoir comment me comporter le lendemain : comme d'habitude, en essayant de me rapprocher un peu, ou pas comme d'habitude, c'est-à-dire pleine de glaciôsité, pour ne pas me rendre encore plus ridicule ?
Bon, d'accord, peut-être pas pleinement adulte. Pour ma vengeance personnelle, j'ai changé de place sa bouteille de PBS (de l'eau avec des trucs dedans pour laver les cellules...) et je l'ai mise derrière toutes les autres. Si j'avais pu partager ce moment avec Poulet, j'aurais éclaté d'un rire de maniaque en hurlant "Ach, ach, ich bin diabolique !" (comme quoi, il vaut mieux parfois garde secrets ses délires de couple). Allez savoir pourquoi, savoir qu'il allait s'énerver 35 secondes en cherchant sa bouteille le lendemain m'a fait un bien fou.
...
Le lendemain, de façon inexplicable, je fais preuve d'une sagesse inhabituelle et ai exactement le même comportement que d'habitude - un tout petit peu plus distant. L'état d'adulte (attention à ne pas faire glisser les doigts vers adultère) me guetterait vraiment, alors.
Le soir, à six heures tapantes, je quitte le labo exactement en même temps qu'Anton. Au moment où on est censés partir chacun de notre côté, lui vers le parking, moi vers l'arrêt de bus (description romantique, quand tu nous tiens) /là j'aimerais pouvoir raconter quelque chose de vraiment romanesque et stupide, Anton me tire par la manche de mon blouson, me sort une phrase en dialecte hébreu en me regardant droit dans les yeux puis s'enfuit en courant dans les escaliers, par exemple/, on blablate quelques minutes. Et là, j'arrive à poser la question que j'ai envie de poser depuis la veille : la fille, bordel, c'est ta copine ou bien ?
Parce que la scène de la veille était ambigüe. Certes, Germaine était venu le chercher au labo un peu avant 20h et ils étaient repartis de conserve. Et elle m'avait jeté le regard qui tue. Cependant, à ce compte-là, Germaine pouvait tout aussi bien être sa meilleure potesse - et moi, méprise sur le coup des yeux revolver.
Oh, no, no, she's not !
Anton détaille un peu. La fille voulait, lui non, elle lui a rendu visite quand même. +1 pour Laure sur l'interprétation des yeux revolver. Le reste, on s'en balance ; tout est redevenu comme avant, finalement...
D'humeur euphorique, la fille lambda décide de profiter du printemps et de rentrer à pied. Sur la descente de la colline, elle prend un chemin qui déboule sur des vignes. Exactement à ce moment-là, le soleil se couche derrière les montagnes, balançant du magenta à foison sur les nuages.
/Et en cet instant, la fille lambda est sûre et certaine d'être parfaitement amoureuse à la fois de Poulet et d'Anton, pas de la même manière, mais de façon plutôt équilibrée, que finalement ce n'est pas si anormal, et que les joies que ça lui apporte compensent largement les peines. Qu'elle pourrait vivre comme si elle était dans un film français, en aimant deux hommes./
Ce matin, je m'aperçois que sa bouteille de PBS est maintenant juste à côté de la mienne.
00:52 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : anton, poulet, hésitation, amour, relations, rêveries, adulte
21 mars 2009
Jules et Jim (1)
Donnerstag (jeudi) après-midi, j'ai pensé que ma journée était trop belle pour ne pas se terminer de façon tout à fait merdique. Excellentes surprises au boulot le matin, sociabilisations en série avec les apprentis-chercheurs ; comme je ne passe jamais une journée agréable sans qu'une couille vienne contrebalancer le tout - généralement, la taille de la couille correspondant au taux d'agréabilitude de la journée -, j'étais prête à sortir mon parapluie. J'avais pris du retard dans mes manipulations, ce qui allait me faire partir tard du laboratoire ; mais ça ne me dérange pas vraiment de partir tard, puisque habituellement Anton reste plus tard que moi (de la compagnie et la preuve qu'il y a plus no-life que moi).

Quand soudain.
Je me rendis compte que j'allais rentrer à la maison à 21h au moins, avec un frigo vide et seulement une boîte de thon dans mon placard (bon, et du muësli croustillant au chocolat, aussi) - car s'il y a bien un truc que je déteste dans la vie d'étudiante "célibataire" (définition des instituts de sondage : quand tu n'es ni mariée ni concubine, tu es célibataire, un point c'est tout), c'est le rituel des courses seule. Faire la cuisine seule, dîner seule, dormir seule ; pourquoi pas ; ça permet de faire des expériences culinaires étranges, de dîner en regardant la BBC ou Californication, de faire l'étoile de mer dans le plumard. Faire les courses seule, c'est juste chiant, stressant, emmerdant - et lourd à porter, aussi.

Donc, que j'avais à faire les courses, seule, ce soir-là. Sachant que le supermarché ferme à 21h, la seule possibilité était de quitter le labo pendant que les protéines vivaient leur vie de protéines (c'est-à-dire une non-vie, en fait, à moins qu'on ne puisse qualifier de vie le fait d'être obligée de se translater vers une électrode en se contorsionnant à travers des mailles de filet ulta-serrées), ce qui me laissait deux heures, faire le plein au supermarché, déposer les victuailles dans mon réfrigérateur et revenir au labo - ce qui me saoûlait pour plusieurs raisons : les courses seule donc, les multiples trajets en tram/bus, revenir tard, rater la pause du soir, quand j'accompagne parfois Anton prendre son dîner à la cantine (pendant ce temps-là, je goûte).

Les cinq autres étudiants du semestre quittent souvent le labo à 18h, voire avant, et j'aime ces petits moments d'après-18h grappillés avec Anton. Même si on se parle peu, même si je suis souvent embarrassée. La situation n'est toujours pas claire, je ne sais toujours pas exactement ce que je ressens (je suis sûre d'être toujours amoureuse de Poulet, mais le statut d'Anton n'est toujours pas décidé), je ne sais même pas s'il m'apprécie ou s'il s'en branle - mais ce jeudi matin-là, quand je suis arrivée tard au labo, que je l'ai croisé dans l'escalier et que j'ai vu son sourire s'élargir et ses yeux pétiller quand il m'a vue, m'avait bigrement donné envie de rester plus longtemps. Le gars est pour moi un casse-tête ambulant : contrairement à moi, qui essaie d'être un livre ouvert (bougrement plus pratique et plus simple), il ne dévoile rien - peut-être qu'il n'a rien à dévoiler, tout simplement, mais ça m'intrigue.
Ce soir-là, quand je suis revenue, il venait de dîner à la cantine - comme tous les soirs - et ses yeux pétillaient toujours. Je récupère mes protéines et m'aperçois que j'ai maintenant le choix entre les foutre au frigo, me casser et aller manger du poulet suisse, ou bien les transférer pendant une heure, les récupérer puis me casser et manger du poulet suisse. Le transfert avait l'avantage de me faire gagner beaucoup de temps sur les manipulations du lendemain. Mais j'étais crevée. Restait le facteur Anton - et je rappelle que le facteur sonne toujours deux fois ; je suis restée.

Je faisais mes manips, écrivais des trucs dans mon cahier, consultais mes mails toutes les 47 secondes. Anton travaillait avec application entre son PC et ses notes.
Quand soudain.
Il a enfilé son pull et est sorti, son portable à la main. Cute, il va appeler sa copine germaine, ai-je pensé (indice du pull indiquant qu'il en aurait peut-être longtemps au téléphone, vu qu'il sort en t-shirt pour se rendre à la cantine. Appelez-moi Sherlock. Pour le fait qu'il ait une copine germaine, ça faisait longtemps que je me disais que rentrer en Germanie chaque week-end relevait peut-être plus que de la fidélité pour une super bande de potes. Mais je rappelle que ce garçon ne se dévoile pas), avant de me rendre dans la salle des manips. Où je manipule.
Quand soudain.
J'entends Anton revenir, discuter dans le couloir et blaguer dans la langue de Goethe.
C'est malencontreusement à ce moment-là que j'ai fini mes activités de la minute et que je me trouve contrainte de retrouver dans la *salle informatique*.
Et que je tombe sur la fille, dans l'encadrure de la porte.
Brune, un ou deux ans de plus que moi, pas très jolie, appuyée au chambranle, elle regarde Anton empaqueter ses affaires et éteindre son PC. Et me lance le regard-revolver quand je passe devant elle pour entrer dans la pièce, vous savez, ce regard qui veut dire Ne le touche pas morveuse, il est à moi, ou encore Tu passes tes journées dans la même pièce que Lui, je te hais, pouffiasse.
Il me souhaite une bonne soirée.
Et ils s'en vont tous les deux.
Je les entends descendre l'escalier en discutant, j'entends la porte s'ouvrir puis claquer, puis plus rien.
Je me retrouve avec une demi-heure d'attente avant la fin de la manipulation, presque seule dans le labo, seule dans notre salle, il fait nuit depuis longtemps, je suis fatiguée et surtout j'ai très faim (malgré le goûter tomates + tartines à la ricotta).
Et je me sens particulièrement stupide.
(Là je vais me coucher parce que je suis fatiguée... Et que c'est à raconter en deux temps, anyway.)
01:54 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : anton, poulet, couille, déception, mecs, même guillaume musso me trouverait ridicule
19 mars 2009
Cauchemar
(Où je raconte mon cauchemar de cette nuit, glauquissime à souhait. J'aurai prévenu.)
Éveillée à 6 heures du matin par le chant des oiseaux - mésanges, moineaux, rouges-gorges, j'arrive à me rendormir pour les presque deux heures qu'il me reste. Pour finalement me réveiller avant mon réveil, en larmes. Entre les deux, j'ai rêvé que mon père était mort.
Il se sacrifiait pour que je puisse passer un rite initiatique pour le passage à l'âge adulte. Rite initiatique : passer une nuit dans la même chambre que la tête coupée de son père. Le soir venu, je squatte la chambre de Célimène, mais vient le moment où elle me fait comprendre qu'il faut bien que je le passe, ce rite, et cela seule. Alors je monte dans ma chambre, je me saisis de la tête de mon père, qui repose proprement sur le plancher clair, à côté de la lampe. Je remarque que ses cheveux sont redevenus d'un brun brillant, sans calvitie. Je soupire, avait-il vraiment besoin de faire ça pour moi ?, et me couche sous la couette. /D'ailleurs, cette chambre était aussi pure qu'une chambre sortie d'un catalogue Ikea peut l'être. Plancher de pin poncé, lampe blanche tissée, couette moelleuse et immaculée./
Le lendemain, je discute avec ma mère du sacrifice de mon père. Elle-même ne savait pas qu'il projetait de faire ça aussitôt, aussi définitivement. Et répète qu'il reviendra, elle le sait, qu'il ne peut pas être parti pour toujours. Nous sommes dans la cuisine de mon ancien appartement (avant que je passe le bac), aux carreaux noir et blanc comme dans les snacks américains. Mon père arrive, dans le rêve je sais qu'il est une hallucination et je lui parle comme tel. Papa, je suis désolée... J'aimerais que tu restes plus longtemps... J'aimerais que tu sois là pour de vrai... Lui aussi, mais ne regrette pas. Il y a cette ambiance pleine de tristesse et de regret comme à la fin de Sixième Sens, quand on comprend enfin.
Et alors que dans le rêve, j'étais restée dans cette sorte d'hébétude cotonneuse, en me réveillant la douleur horrible diffuse rapidement du coeur au cerveau, et je comprends, et je ressens. (Et accessoirement, je pleure toutes les larmes de mon corps, alors qu'il n'est même pas 8 heures du mat'.) J'ai perdu mon père, mon père est mort, mon père ne reviendra pas.
Mes rêves squattent souvent pendant plusieurs heures après mon réveil. Surtout lorsqu'ils sont affreux. J'ai donc passé la journée avec dans un coin de ma tête, mon père mort à cause de moi.
Ce cauchemar entre dans mon Top 2, l'autre gagnant du Top 2 étant celui où j'ai tué ma soeur.
On peut trouver des symboles à la pelle dans mon cauchemar (rite de passage, chambre blanche, sacrifice du père... gna gna), mais le décortiquer n'est pas précisément ce dont j'aurais envie, là maintenant tout de suite.
J'aurais plutôt envie d'un bon gros hug, d'une verveine-menthe, de blagues de Toto, de m'endormir dans des bras (ceux de Poulet de préférence).
De faire un rêve poétique, pour une fois.
02:05 Publié dans Inconsciemment | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : cauchemar, rêve, papa, deuil, douleur, mort, symboles, culpabilité
17 mars 2009
Der Gipfel des Berges funkelt ;
Mon poème allemand préféré raconte l'histoire d'une blondasse à gros seins perchée sur un rocher. La blondasse s'entraîne à chanter du Lara Fabian et ça fait kiffer les mecs qui passent alentour. Il faut préciser que le rocher surplombe le Rhin et que les gars sont en canoë-kayac. Et chantonnent du "On pagaie, on pagaie, où t'as mis ma pagaie ?" à tour de bras pour accompagner la donzelle. Quand soudain, la gonze balance ses cheveux derrière son épaule, façon L'Oréal : à ce moment-là, poussés par des montées massives de testostérone à l'hypothalamus, les damoiseaux souquent de plus belle, direction le rocher.
Et s'écrasent dessus, en bons crétins qu'ils sont.
Moralité : quand la blondasse à gros seins chantant sur son rocher tu apercevras, comme Ulysse des boules Quiès dans tes orifices d'audition tu mettras.
(Là j'ai failli mettre une photo de Pamela Anderson pour illustrer "blondasse à gros seins". Et puis j'ai percuté que ce n'était pas parce que je n'avais que des trucs inintéressants et nazes à raconter qu'il fallait qu'en rajoute dans la souffrance visuelle)
Ich weiß nicht was soll es bedeuten,
Dass ich so traurig bin;
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.
Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.
Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar;
Ihr goldnes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar.
Sie kämmt es mit goldenem Kamme
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewaltige Melodei.
Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh.
Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn;
Und das hat mit ihrem Singen
Die Lorelei getan.
/Par contre, encore une fois je suis déçue par la fin. "Die Lorelei getan" : la Lorelei l'a fait. Après le poème qui déchire sa race, on aurait pu trouver quelque chose qui défonce un peu plus, non ?/
23:32 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : lorelei, allemand, blonde à gros seins
15 mars 2009
Gant de crin, geyser, aspirateur
Tout à l'heure,
j'ai passé
L'aspirateur.
D'abord, je regardais la télévision. Nan, nan, nan. D'abord, j'ai laissé Poulet repartir vers ma patrie natale sans vagir en m'accrochant à ses jambes, puis je suis retourné voir la fin du match de ru(g)bysur F2, en essayant de ne pas pleurer pendant qu'on se faisait laminer comme des lavettes. Ensuite je suis passée à la BBC. Il y avait un super reportage sur Darwin, les plantes carnivores et la sexualité des paons. Je n'y comprenais rien parce que le gars avait un accent british au couteau, mais j'avais envie de pouvoir raconter que j'avais regardé un reportage sur Darwin, les plantes carnivores et la sexualité des paons. Et puis j'ai pensé que tant qu'à faire de jouer aux larves intellectuelles, autant passer au JT de mon pays natal. Mais comme c'était inintéressant und déprimant, j'ai coupé le son et laissé Claire Chazal remuer les lèvres dans le vide. En changeant la bande-son pour la musique du générique d'Into the Wild. Musique qui rendrait tout film muet atrocement déprimant, que ce soit un documentaire sur la fabrication des fraises Tagada ou l'enfance de ton neveu (de la sortie de l'utérus au cassage de la première dent définitive au toboggan du square) filmée en Super 8.
Ensuite pour me remonter le moral (et enlever les miettes du tapis) j'ai passé l'aspirateur. L'aspirateur, c'est bien. Passer l'aspirateur, ça donne l'impression d'être Clara Sheller. (Private-joke avec moi-même et avec ceux qui ne peuvent pas saquer Clara Sheller.) Ou Mrs Doubtfire.
Là, je sais pas pourquoi, je me suis rappelé qu'il y a quelques années j'avais lu la série de mangas L'École emportée (de Hyôryû Kyôshitsu) et que j'avais eu envie de l'envoyer à Jacques Chirac (parce que c'est un manga d'horreur écolo et que la mode écolo n'avait pas encore déferlé sur la France. Logique. Vouloir envoyer un manga d'horreur en 11 volumes au Président de la République pour qu'il réfléchisse plus aux problèmes environnementaux. Logique.). Mais pour envoyer un cadeau à Jacques Chirac, il fallait attendre Noël (logique).
Est-ce qu'il y a des gens qui envoient des cadeaux au Président de la République pour Noël ?
Quel rapport ? Aucun. C'est là tout le pouvoir de l'aspirateur.

Bref. Je ne faisais rien, j'ai passé l'aspirateur, dîné, regardé Chouchou. /Je monte la garde, je descends les poubelles !/
Et appris que Bashung était mort.
J'adorais La nuit, je mens. Je ne connaissais pas énormément d'autres chansons, mais j'aimais sa voix, j'aimais ses textes.
Alors voilà, ce soir où ma vie est si inintéressante, je regrette Bashung.
(J'ai dans les bottes des montagnes de questions, tout ça.)

22:43 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : pyramide, aspirateur, chouchou, bashung, jacques chirac
12 mars 2009
Tombouctou
Donc, oui, finalement, oui, il est apparu que des gens connaissant mon coloc' sont tombés sur mon blog, ont reconnu Étienne et lui en ont touché mot. Bonjour coloc', bonjour gens connaissant mon coloc'.
Par conséquent, plus de racontage de toute activité qui touche à Étienne.
Par conséquent (bis), je suis ultra-gênée puisque encore une fois, une personne que je connais a découvert l'endroit où je racontais des pensées que je ne voulais lues que par des inconnues. Ce qui est bien évidemment entièrement ma faute, ce n'est pas comme si j'étais vraiment planquée, ça m'apprendra à parler pendant des siècles de la ville où je réside actuellement et à poster des photos de l'appartement. /Je réfléchis à remplacer tous les "Zürich" du blog par "Tombouctou". Ça perdrait peut-être un peu de son authenticité, cela dit./
Bien, le mal est fait, pas la peine que je planque les notes où je dis que j'ai peur du noir - les parties "Étienne" ont elles entrepris de disparaître. Dorénavant, soit j'ouvre un nouveau blog (où je ne parlerai pas de mon coloc' mais où je pourrai cacher le fait que je rêve d'un autre mec, par exemple), soit j'atténue le côté personnel de ce que je raconte.
Pour l'instant, j'imagine qu'une pause s'impose.
11 mars 2009
A life beyond
There's a life beyond the lab.
Ils disent tous ça. Et on les prend tous pour des péroreurs, du type fais ce que je dis, pas ce que je fais, prodiguant des conseils à la pelle mais acceptant de rester prisonniers jussqu'à des heures impossibles. Et on se dit que nous, on n'est pas comme ça, et qu'on sait bien qu'il y a une vie derrière.

Jusqu'au jour où on quitte le labo un peu avant 23h. Où le lendemain, en sortant alors que 18 heures n'ont pas encore sonné, on se dit Tiens, je sors tôt aujourd'hui... Où on ne se souvient plus de la dernière fois où le soleil brillait encore quand on a réintégré ses pénates.
Scheisse ! Alors, moi aussi, je vais devenir une no-life ? Ça ne m'embête pas tellement d'être étiquetée lab-addict. À vrai dire, je trouve plutôt ça... gratifiant. Être passionné par son travail, sacrifier ses soirées pour avancer, aimer son activité à tel point qu'on la fait passer avant tout le reste, c'est génial. Mais que se passerait-il si je le restais ? Parce qu'en ce moment, pour ce stage, ce n'est pas si grave de ne pas avoir de vie extérieure. Bah ouais. Traîner à l'appart' avec Étienne, alors que je ne sais toujours pas si oui ou non il a un raport avec Étienne G. (commentateur sur ma note du 4 mars) ? Voir des amis ? Mais ici je ne considère comme amie que Gabriele ; Armand n'est décidément pas mon ami, on s'est passablement éloignés depuis la soirée Erasmus ; Anton, ou les autres étudiants au labo, ne sont pas mes amis non plus - des amis feraient systématiquement attention à ne pas se raconter de blagues en allemand pendant des heures quand je suis dans la pièce (du moins, je suppute que ce sont des blagues... Allez savoir), des amis n'oublieraient pas de m'appeler pour aller déjeuner /je déteste être oubliée/.
Revenons à nos moutons : je me suis rendu compte qu'effectivement, je n'ai pas de vie en dehors du labo. Éberluée par le fait qu'Anton ne rentre que chez lui que pour dormir - et... regarder la tv, j'ai réalisé que de mon côté, je faisais pareil. Rentrer, allumer l'ordinateur, rattraper mon retard bloguesque, préparer mon dîner, dîner, appeler Poulet, regarder un épisode de Californication, dormir. What a life, man, what a wonderful life.

Et puis crotte hein, j'ai la vie je veux. Alors, me défoncer au labo (me défoncer en travaillant... Pas de sexe, pas de drogue (malheureusement ?)), pouvoir en sortir professionnellement quelque chose de bon, pourquoi pas. Je ne peux pas forcer les gens à être mes amis, je ne peux forcer personne à m'aimer - ce n'est pas faute d'avoir essayé, moi qui avait décidé de me battre pour tout ; je ne peux pas forcer les autres à avoir envie de me voir en-dehors du labo, je veux bien avoir une vie seule mais il faudrait que le soleil soit là pour que je puisse sortir un brin...

Je crois que je suis encore en train de chercher mon équilibre. Pas facile, quand on oscille entre deux vies (Suisse et labo, France et affectif), quand on est aussi sentimentalement instable (c'est pas ma faute ! J'ai cru pouvoir résister. Mais j'ai toujours les poils de bras qui se dressent quand il a les yeux (verts) qui pétillent, et je n'y peux rien...), quand on vient de se lancer dans l'univers qu'on connaîtra pour le restant de ses jours. D'ailleurs, c'est stupide, je ne veux pas trouver mon équilibre, ce serait ennuyeux /Et puis, vous savez : quand on est dans un train qui oscille latéralement et de façon imprévisible... Le seul moyen de ne pas tomber, ce n'est pas de chercher son équilibre, c'est d'avancer le plus vite possible/, alors pourquoi le chercher ? De toutes façons, je suis tellement lunatique que j'aurai changé d'avis dans trois minutes dans le fameux débat équilibre/pas équilibre.
Bref. Cet après-midi, épuisée à cause de la longue journée d'hier (prolongée par le fait que je devais arriver tôt ce matin), je profite d'une longue pause entre deux manipulations pour marcher dans les bois. La neige a presque totalement fondu et les cimes caressant le ciel anormalement bleu semblent bigrement vertes, les oiseaux cui-cuitent. Que s'est-il passé pendant mes quelques jours d'ermitage, le printemps se serait-il enfin pointé ? Au sol, des perce-neige, crocus et primevères. Preuve végétale qu'effectivement, sortir la tête des protéines peut valoir le coup, et que dehors, la vie continue. Même si ce n'est pas la mienne.

Comment ça, cette illustration finale n'a rien à voir avec la choucroute ?
23:26 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : labo, no-life, george clooney a une tête chelou quand il court, xena, je suis preque amoureuse de hank moody
10 mars 2009
Master mention "Faites fuir les mâles à toutes guibolles"
Leçon numéro 2, quand la Journée de l'Antisexualité (polaire, choucroute) n'a pas porté ses fruits. /Pour apporter une touche d'humour à ce blog qui devient carrément fadasse, la rédaction a décidé d'ôter les articles définis et indéfinis à toutes les phrases de la leçon./
Garçon entre dans pièce avec café et pose gobelet de café sur table.
Fille lambda : ooh, ça sent bon !
Garçon : quoi, café ?
Fille lambda : Bah oui café... Pas toi !
Fille lambda peut ensuite devenir cramoisie, rigoler nerveusement et se ratatiner sur chaise de bureau tout en marmonnant excuses étranges. Grand art : en plus d'avoir sorti réplique de l'année, fille lambda a gommé d'un coup tout ce qui aurait pu être interprété comme assurance ou sex-appeal.
À bientôt pour une prochaine leçon de repoussage de Mâles !
00:21 Publié dans Contacts entre humains et moi-même | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : maladresse, gaffe, anton, timidité, je suis et resterai éternellement une couillonne


