30 janvier 2009
Bleu, Vert, Rouge
J'ai commencé pour de vrai. Ça y est ! Hier, j'ai balancé des virus grippaux sur mes cellules de poumon. Aujourd'hui, je suis partie à la recherche de ma protéine. NP est une protéine chargée - entre autres - d'emballer le génome du virus. Comme un emballage de Twix emballe... un Twix. Parce que le génome du virus, c'est comme un Twix : précieux, et le plus important dans ce qu'on achète. Un virus qui ne sait pas protéger son génome, c'est naze, parce que qui dit erreur dans le génome dit reproduction presque impossible (est-ce que j'ai besoin de dire pourquoi se reproduire c'est cool ?)
Donc, pour partir à la recherche de la fameuse NP, il faut balancer des anticorps dessus. Des anticorps qui font de la lumière verte - j'adore les trucs qui font de la lumière. Pour voir la lumière, il faut éclairer les cellules avec un rayon laser (mais si, vous savez, le truc avec lequel votre patron fait joujou pendant les présentations Power Point en pointant le crâne chauve de son n-1).

C'est très chouette.
Mais ça ne sert pas à grand-chose si on ne sait pas où se situe la lumière verte. Un peu comme si vous aviez faim, regardiez la carte des restaurants Courtepaille, mais ne saviez pas quelle sortie d'autoroute il faut prendre pour aller à la Courtepaille la plus proche.


23:42 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : twix, np, grippe, virus, labo, stage, immunofluorescence
29 janvier 2009
Sur la liste
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas, dit le dicton - ou Pierce Brosnan dans Mrs Doubtfire.

Ce n'est pas vrai, évidemment. L'une des choses les plus importantes qu'on apprend en biologie c'est que dans la Vie, il n'y jamais de 100%. Il y a des gens qui ne changent pas, jamais. Ou il y a des gens qui changent en surface, mais restent les mêmes en profondeur.
Mais la majorité des gens, y compris les imbéciles, change... Ou plutôt, évolue.
Découvrez Lou Reed!
Cette évolution peut être naturelle, ou provoquée. Par des événements plus ou moins graves ou... d'autres gens. Tout comme certains reviennent transformés de leur voyage au Népal ou au Pérou, j'ai l'impression d'être façonné par certaines rencontres.
Pour moi, le titre "homme/femme de ma vie" (article en partie inspiré par aWa) peut être attribué à toute personne qui a changé notre façon d'être alors qu'on ne s'y attendait pas. En général, on s'attache à cette personne, sans vraiment savoir pourquoi au juste. Pas vraiment un(e) ami(e) ou un(e) amoureux(se) ; pourtant cette personne est spéciale et peut passer avant de vrais amis. Je crois que ce qu'on doit à une telle personne reste de longues années, voire toute une vie ; c'est le genre de personnes dont on sait qu'on dira à ses petits-enfants, Ah, lui... avec les yeux dans le vague et un petit sourire ancré à la joue.

Qué, qué, naturura, un jour tu verras...
Viens mon enfant, je vais te conter l'histoire de Pocahontas et John Smith !
Par (ma) définition, les hommes/femmes de ma vie ne sont pas nombreux.
Pour l'instant, je ne vois pas grand-monde : Romain(c'est sûr), Célimène, Ricardo (pourquoi pas), ma prof de génétique de l'année dernière ; ma grand-mère maternelle ; je ne peux pas compter Poulet, il ne rentre pas dans la définition. /Je suis sûre que j'aurais envie de rajouter plein de gens dès demain et que je me sentirai bête de ne pas les avoir comptés. On verra plus tard, donc./
J'ai comme qui dirait l'impression que ma liste va s'agrandir bientôt.
Je sens comme qui dirait une connexion particulière avec Anton, un des étudiants arrivé en même temps que moi. Je ne sais pas vraiment ce qui me fait dire ça, mais il y a un truc, pas encore définissable. Déjà, quand je le vois, je suis toujours de bonne humeur, ce qui n'est pas négligeable pour une fille qui s'identifie à Grincheux. Ensuite, il a toujours les yeux qui brillent, comme s'il était un peu fiévreux, j'adore ça (j'adore les gens avec l'air fiévreux... Qu'ils soient mômes, de mon âge ou grand-parents... Je ne peux pas tomber amoureuse d'Anton, il met du gel. Je ne tombe jamais amoureuse des garçons qui mettent du gel.) Et je sens que si je ne pousse pas la relation au maximum (moi, l'ermite sociale) je le regretterai longtemps - et amèrement. /Je crois que je viens de trouver un de mes mots préférés de la langue française, amer/amère. J'aime beaucoup garçonne, aussi./
Est-ce qu'on peut être amis sans parler la même langue ? Ma tante, française, s'est mariée avec un néerlandais et leur couple dure depuis... Mais quand on est amoureux, on a d'autres façons de communiquer aussi. L'amitié, ça passe quand même beaucoup par les paroles. /Là, je veux bien un témoignage de vraie amitié inter-nationalité, si vous avez ça sous la main./
J'essaie un peu de comprendre pourquoi c'est tombé sur lui.
Je pense qu'il y a de grandes chances que je me plante et qu'Anton régresse de mon point de vue au commun des mortels. Qui sait...
***
À part ça, quelques nouvelles pour poursuivre sur les billets précédents :
J'ai eu mes cellules ce soir. J'ai pu me faire deux boîtes de Pétri (cf. note précédente) pour les cultures et une boîte pour les expériences. Je pourrai les infecter avec mes virus demain matin. Enfin !!
Quand je disais que les chercheurs de ce labo y passaient leur vie, j'étais encore en-dessous de la réalité. Tout à l'heure, Kazuo me sort Ah, ces résultats-là, ça vient de l'expérience que j'ai menée dimanche. Tu étais au labo dimanche ? (interloquée, j'étais) Bah oui, je t'ai envoyé un mail à 22h ! Résultats des courses : Kazuo était au labo dimanche de midi à 23h.
Discutant avec Anton et Gabriele, on plaisante sur le fait qu'on devrait voler des coussins à la caféteria pour pouvoir dormir dans notre salle. Et là, magistralement, intervention d'Anton : sinon, il y a le canapé au troisième étage... j'ai dormi là, la fois où j'avais une expérience jusqu'à 3h30. Votre Servitrice (moi) : 3h30... in the morning ? (interloquée, j'étais de nouveau). Hé oui. Je vais bientôt pouvoir amener mon sac de couchage au labo.
00:09 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : labo, stage, chercheur, recherche, chemise à carreaux, anton, kazuo
26 janvier 2009
Good night... and good luck
Je me suis rendu compte ce soir que j'avais raté un truc énorme au labo. À Armand, qui se plaignait de sortir tard le soir, vers 18h30-19h, j'ai répondu que pour l'instant, comme je ne manipulais pas, je sortais plus tôt, vers 17h30, mais quand je manipulerais je sortirais sans doute à la même heure que lui.
C'était pendant ma pause, l'échappée que j'avais prise sans demander la permission à qui que ce soit. Kazuo venait vraiment de me saouler. Je ne manipulais pas encore parce que je devais avoir une introduction au travail avec les virus ; introduction que j'ai eue ce matin-même. Pour étudier le virus, il faut des cellules, une responsable nous en avait donné jeudi. Je vais voir Kazuo pendant qu'il entretiens les siennes, il a presque fini ; il met dans un tube le surplus de cellules, dont il ne se servira plus. Est-ce que la responsable t'a donné des cellules ? Oui, mais je vais vérifier qu'elles sont toujours là... J'ouvre l'incubateur et retrouve mes cellules. Kazuo jette donc son tube inutile. Au moment où je rouvre l'incubateur pour remettre ma boîte de cellules : Oh, tes cellules étaient stockées dans l'incubateur utilisé pour les expériences, d'habitude il faut les mettre dans celui utilisé pour la culture... Là, il prend l'air embêté qu'empruntent les lâches quand ils savent qu'à cause d'eux, on est un peu dans la merde. (Connaissant pertinemment la réponse (bis), je lâche un :) Je dois les jeter, c'est ça ? (air embêté, le retour) Je préférerais, oui. (Connaissant pertinemment la réponse (bis), je tente un :) Quand est-ce que je pourrais prendre de tes cellules ? Il faut attendre qu'elles se divisent... Jeudi...
Argh ! J'aurais pu commencer mes manipulations aujourd'hui s'il avait regardé d'où je sortais mes cellules, ou juste attendu trois secondes de plus pour jeter son tube. M'énerve ! M'énerve ! Je pourrai commencer jeudi ; jeudi, mon 9ème jour de stage. Merci Kazuo, c'est pas que je m'emmerde à ne faire que lire des articles, mais un peu quand même, tu vois.
Ah non je me goure ! Ça, c'était la bourde de ce matin, avant que je doive partir en réunion super chiante en banlieue.
Cet après-midi, pendant que je digérais la peine prolongée au purgatoire, l'horrible réunion et mon sandwich au saumon, je vais voir Kazuo pour lui demander de la lecture puisque je n'avais que ça à faire. On discute de mon projet, tout ça, il rechigne à me passer son Power Point explicatif (m'énerve !), puis il me dit que dans quelques minutes il va procéder à l'injection des ARN dans les cellules et qu'il m'appellera pour que je puisse regarder. Je réintègre mes pénates, ou plutôt la salle informatique dans laquelle les étudiants doivent se faire une place et commence à lire, quand Petra, une fille (trop) parfaite comme je n'en avais jamais connue (jolie, blonde, les yeux bleus, mince, toujours souriante, toujours à l'aise, toujours gentille, et forcément intelligente puisqu'elle est en thèse ici), vient me proposer un goûter à base de muffins avec les autres (je vous l'avais dit : (trop) parfaite), dans la salle à côté. La porte est à 1m de la porte de ma salle habituelle.
Au bout d'un quart d'heure, toujours pas de Kazuo. J'ouvre la porte de la salle de culture cellulaire : il est là, en train de manipuler. Je passe ma blouse et entre dans la salle. Regard gêné de Kazuo. Tu as déjà fini, c'est ça ? Oui, je viens juste de finir.
Râââââh mais achevez-le, bon sang de bonsoir ! Il n'est jamais là quand j'ai besoin de lui et il n'est même pas fichu de venir me chercher comme il l'avait promis !
M'énerve !

(Revenons à nos ovins.)
J'aime bien aller voir Armand, parce que je peux sortir par l'arrière de mon bâtiment pour rejoindre le sien, à deux pas ; l'arrière du bâtiment touche le bois. /Oui, on le saura que tu aimes les arbres et la Nature... Arrête de nous les briser.../
Beaucoup de chercheurs de son équipe parlent français. On discutait depuis 10 minutes quand un gars arrive et sort à Armand, d'un ton vindicatif et avec un accent français à couper au couteau : Who is she ? Oh, c'est une amie de la fac qui fait un stage en même temps que moi, répond Armand. Je suis dans l'unité de Gros Lapin, juste en face, ajoute-je. Et là, le gars lui sort qu'Armand aurait pu l'informer, qu'il doit savoir exactement qui est présent dans le bâtiment, qu'il y a des gens qui viennent voler des choses, que même si c'est son grand-père qui vient le voir, Armand doit le prévenir. Primo, qu'est-ce qu'il y a à voler ici, à part des pipettes et des bactéries ? Qui viendrait voler des trucs pareils, on a les mêmes en face ? Deuxio : est-ce que j'ai vraiment une tronche à venir subrepticement chouraver des boîtes de Pétri ?
(une boîte de Pétri c'est ça : )

Revenant à mon propre boulot, je découvre que je peux accéder aux ordinateurs avec le mot de passe que m'a donné l'Université. Chouette. J'installe Chrome sur l'ordinateur uniquement doté d'IE (IE = Evil) (et ça faisait un bail que je voulais tester Chrome) et je commence des recherches Internet parallèles à mes lectures.
Le temps passe, je trouve des bons articles, j'aimerais aller demander des renseignements à Kazuo mais je sais très bien que dans ce domaine il en sait autant que moi (et puis il m'énerve trop). Je me rends compte que la femme qui donnera une conférence jeudi prochain dans mon bâtiment, qui vient de Jussieu, a écrit un article centré exactement sur les papiers qui m'intéressent en ce moment.
Le temps passe, je vois Anton mettre son blouson. Tu pars ? Non, je vais chercher à manger.
Un groupe de chercheurs passe dans le couloir. On vient chercher à manger, tu viens ? Non, je vais partir bientôt je pense... L'ordinateur indique 18h45. Je viens de battre mon record.
Je décide d'attendre Anton pour partir. Gabriele s'en va, étonnée que je reste aussi longtemps ; pour une fois, j'ai envie de finir ce que j'ai commencé.
Anton revient en même temps que le groupe de chercheurs. 19h20. Bah ? Pas encore partie ?
Finalement, je quitte le labo à 19h45. Dehors, il fait nuit noire. Anton et quelques autres sont restés, penchés sur leurs ordinateurs ou leurs papiers.
Sur le chemin, je croise Kazuo, portant fièrement un sandwich et un Coca.
C'est donc ça qui m'attend ?
Arriver au labo à 9h a.m., en repartir à 9h p.m. ?
Lire, manipuler, lire, manipuler, une demi-heure pour déjeuner, on recommence, on prend un sandwich, on recommence, on rentre chez soi pour se coucher et... On recommence encore ?
Dieu du Ciel ! Je comprends maintenant pourquoi plein de chercheurs soutiennent qu'une vie de chercheur est incompatible avec une vie de famille.

(heureusement que l'arrivée du fils dompteur de dragons de Ricardo est là pour me fournir un contre-exemple)
22:02 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : labo, kazuo, armand, stage, recherche, vie de chercheur, chemise à carreaux
24 janvier 2009
Alpinisme
Les différentes relations entretenues avec les gens du labo m'avaient fait oublier la drogue du chercheur.
Une drogue sans danger, qui fait planer haut, très haut, pendant plusieurs jours, qu'on ne fait ensuite que chercher à retrouver :
les résultats !
Mettre au point des expériences, essayer de deviner le pourquoi du comment, réaliser les expériences - parfois sur plusieurs jours, plusieurs semaines... La recherche, c'est un peu comme escalader une montagne (attention, je m'enflamme). Pour arriver au sommet, il faut en chier (bonjour à la personne arrivée ici en tapant "apprendre à chier"), mais c'est déjà une partie du plaisir.
D'ailleurs, Poulet m'a dit que la concierge de la cousine germaine de son meilleur poto Freud avait dit que le plaisir ressenti en faisant caca était égal à un tiers d'un orgasme.

La question est maintenant, parlait-il de l'orgasme masculin ou féminin ? Dans le dernier cas, vaginal ou clitoridien ? (Le point G existe-t'il vraiment, ou comme J. me l'a fait supposer n'est-il qu'une pure mystification inventée par le mâle en rut pour pouvoir trifouiller dans la cave ?)
Et Sigmund a-t'il énoncé sa théorie un lendemain de repas bio et équilibré, ou bien après avoir mangé une raclette ?
Revenons à nos moutons...

Depuis quelques jours, au labo, je m'ennuyais un peu ; je n'ai pas encore l'autorisation de manipuler des virus, je dois attendre de subir une formation, la semaine prochaine. J'assiste à toutes les présentations et conférences données dans l'unité, je lis des articles, je suis l'assistante personnelle de Kazuo pour ses manipulations en cours - ce qui lui permet de vérifier ce que je sais, de m'apprendre à manipuler comme il faut, et ce qui me permet à moi de comprendre ce qu'il fait.
Vendredi soir, révélation d'un Western-Blot qu'on avait commencé mercredi. Une seule manipulation en cours donc, et ce qui prend le plus de temps ne sont pas les étapes mais le temps d'attente entre chaque (entre une heure et deux heures et demie).
Enfin, dans la chambre de révélation (avec la faible lumière rouge donc... Toujours aussi gênant), l'impression photo sort. Cinq bandes noires au même endroit, de plus en plus grandes, le genre d'images qu'on voit dans les vrais articles scientifiques.
L'adrénaline monte, ce qu'on observe est bon, très bon, l'hypothèse de Kazuo est en bonne voie d'être vérifiée, toute la manip' n'a pas été inutile.
C'est aussi un pas dans la connaissance qu'on recherche. À la base, une question. Élaboration de manipulations pour essayer d'y répondre. Un résultat arrive, (on est en bonne voie, c'est génial,) apportant lui aussi d'autres questions...
Ce qu'on observe est-il bien dû à ce qu'on pense, ou bien est-ce une réaction de défense de la cellule, pas très contente de se faire infecter ?
Pour l'un ou l'autre : pour quoi ? Comment ?
Ce qui amène toujours à d'autres expériences...
Le cercle virtueux de la drogue !

20:28 Publié dans J'adoooooore la Science | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : recherche, kazuo, freud, caca, raclette
19 janvier 2009
Que sont devenus les poètes d'antan ?
(Non, le titre n'est pas destiné à... non, laissez tomber, laissons ça aux oubliettes.)
Zürich, un après-midi d'hiver. Des passants, des touristes, des nouveaux arrivants, des autochtones se promènent le long du fleuve, malgré la pluie(, le vent, le froid), vers le lac.
Étienne m'a dit Va voir le lac, ça vaut le coup. Moi, je voulais aller voir Grossmünster, l'église dont on voit les deux clochers de la gare, alors j'ai longé le fleuve jusqu'à Grossmünster, en m'arrêtant devant chaque église, chaque maison ancienne, chaque vitrine qui sortait de l'ordinaire.
Le lac lui-même me donnait le sentiment d'être dans une scène du film Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, quand Harry survole le territoire de Poudlard à dos d'hippogriffe. Le même gris, la même immensité entre les montagnes.
(Scrutez l'horizon, moussaillons : derrière la ligne noire des basses montagnes sous les nuages, vous les voyez, les sommets enneigés ?)
Découvrez The Rolling Stones!
Je ne suis pas sûre qu'en parler vaille le coup. Mon maître de stage japonais est sympa mais mou et porte un jogging défraîchi.
Il m'a expliqué la situation, j'ai lu des articles, et je l'ai aidé à faire une révélation de Western-Blot.
Ensuite je suis partie et j'ai acheté ma carte de transport.
Rien de drôle du tout.
19:21 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : zürich, poète, gros lapin, grossmünster, promenade, you can't always get what you want, zurichsee
17 janvier 2009
Second espace
Je caresse l'idée d'un nouveau blog, un blog supplémentaire, pour y publier photos et découvertes zürichoises. Ce serait un blog beaucoup moins personnel que celui-ci, destiné à tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à mon séjour ici : famille, amis, Poulet (moins intéressé puisqu'il a droit à son compte-rendu quotidient, ces deux derniers jours par mail, bientôt par Skype) ; peut-être même pourrait-il servir aux futurs étudiants Erasmus qui viendront ici par ma fac.
Ce serait surtout un bon endroit pour écouler toutes les photos que je vais prendre pendant mon week-end de touristes, les anecdotes qu'Étienne me raconte, ce que j'apprends sur la ville, sur la Suisse et les Suisses en général.
J'hésite encore : un deuxième blog, c'est du travail ; je pourrais me mélanger les pinceaux entre les deux espaces, et celui-ci serait découvert ; quelle dose de personnel mettre dans le deuxième ? Raconter mes épisodes de vie foireuse (balade au hasard dans le centre commercial, cherchant désespérément un adaptateur électrique, une couette, une carte de téléphone) ? Quelle plate-forme utiliser ?
En tout cas, la découverte de cette ville mérite plus que des plaintes sur le fait que mon coloc' ne m'ait pas nourrie le premier jour.
Rien que l'arrivée à la gare a provoqué un spasme dans le côté "je me pâme devant l'Art" de mon cerveau :
Quand je pense qu'à Paris, la gare de Lyon n'est ornée que de deux palmiers défraîchis tout gris...
20:17 Publié dans Hé oui, c'est un blog. | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
15 janvier 2009
J-1
C'est arrivé tellement vite !
J'ai l'impression d'avoir été engloutie dans un trou noir, une faille spatio-temporelle, depuis le jour où j'ai arrêté ma décision - je partirai.
Les vacances d'été, le premier semestre, la recherche de stage, la recherche de logement, les vacances de Noël, les examens, *fffjjjjjijjjjjff (bruit du tunnel spatio-temporel)*, on y est.
Dans moins de 24h, je serai à Zürich, pour y vivre une demi-année. Très court, très long, tout dépend de l'échelle.
J'ai tellement peur que je ne comprends pas pourquoi de battre mon coeur ne s'est pas arrêté.
Je me répète en boucle les moteurs de mon départ. Tous.
N'empêche, j'ai toujours peur. Cette fois-ci, même pas de "et si..., et si..." : la peur est indéfinie, mouvante, je ne peux pas en voir les contours mais elle est là et ça fait mal...
Je me heurte à l'incompréhension de Poulet, voire à un "je ne voulais pas te le dire, mais je savais bien que..."
Comment lui expliquer que j'ai l'impression que demain, je naîtrai ? Je me trouve dans un ventre chaud et confortable, pas d'effort à fournir. Demain, je partirai, je m'y suis engagée, je le ferai. Au-dehors du ventre, l'Inconnu ; froid, inconfortable, dur. J'en récolterai sûrement bien plus de bonheur ; "sûrement"...
Oh, j'ai si peur !
(à imaginer avec la voix d'une doublure de film des années 50)
23:22 Publié dans On s'en va ? | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : départ, zürich
13 janvier 2009
Moule et Absolut
16:00 Publié dans Sur la Toile | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : elixie, sexe, blog, parodie, vodka rose
11 janvier 2009
Vampires in California
À ceux qui iront voir Twilight (mon (long (trop long ?)) compte-rendu du film est juste au-dessous de cette note) alors qu'ils ont déjà vu la saison 3 de The O.C. (en VF : Newport Beach) :
Ces visages ne vous rappellent-ils rien ?


| Nikki Reed | |
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16:35 Publié dans Les globes oculaires ont besoin d'être divertis | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : newport beach, the oc, twilight
Crépuscule
J'ai vu Twilight au sortir de mon examen de Bioinformatique (qui ne s'est pas passé au mieux). UGC Ciné Cité Bercy, tarif étudiant ; comme on avait choisi le cinéma au pif, on est arrivé dix minutes après le début de la séance, c'est-à-dire... 30 secondes avant le début du film. Parfait.
Qu'est-ce qu'on attend généralement d'une adaptation ? Qu'il soit conforme à la vision qu'on se faisait d'après le livre. Que les personnages soient comme on les imaginait. Qu'on ressente les mêmes choses en visionnant l'adaptation qu'en lisant le roman. Et plus encore. Que la bande-originale accentue ces sentiments, que les acteurs soient fabuleux, que le film enrichisse l'original. Qu'il soit pareil mais différent. C'est chose rare, je ne vois pas beaucoup d'exemples d'adaptations parfaites de ce genre. Le Château ambulant de Miyazaki, tiré du roman de Diana Wynne Jones : Le Château de Hurle.
En général, quand le film est une adaptation d'un best-seller, il déçoit. Forcément.
Twilight ne m'a pas vraiment déçue, parce que je m'attendais à l'être (déçue). Même après avoir lu plusieurs critiques disant que ce film renouvellait totalement les histoires de romantisme avec vampires et qu'il fallait absolument le voir. Les critiques n'avaient peut-être pas lu le livre.
Le film est un parfait condensé du livre. Rien à redire sur la gestion du temps du film, le découpage, l'importance attribuée aux différents événements : scrupuleusement fidèles au livre. Le réalisateur a jeté à la poubelle toutes les longueurs du film. Les déjeuners à la cantine, du lycée, la préparation du dîner, les jours sans lui : ils ont leur place, mais elle est dix fois moins importante que dans le livre.
Au final, on se retrouve avec un film temporellement millimétré. Ce qui ôte une grande part de charme, mais je suppose qu'il est difficile de rendre un film attractif sans passer par là.
Au niveau des personnages : malheureusement, je trouve que Robert Pattinson ne convient pas pour le rôle d'Edward. Je m'attendais à quelqu'un de plus... magnétique. Alors, oui, Pattinson est beau. Le problème, c'est que quand il ne sourit pas, il a le charisme d'une laitue. Or, Edward fait fréquemment la gueule, surtout au début. En résumé : au début du film, quand il tire la tronche ou qu'il est furax contre Bella, on ne ressent absolument pas ça ; quand il sourit, tout va mieux (il a cet adorable sourire en coin qui donne envie de se rouler par terre en bavant).
Bella est presque parfaite. Juste un peu plus belle que je l'imaginais - je la voyais plus quelconque ; mais suffisamment agaçante pour me donner parfois envie de lui mettre une tarte, un peu comme dans le livre (il n'y a que dans le tome 4 qu'elle n'est pas à baffer. Je trouve).
| Kristen Stewart et Robert Pattinson | |
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Les personnages secondaires au lycée sont à peu près parfaits aussi. Même s'ils diffèrent un peu de la description faite dans le livre, ils recréent quand même très bien l'atmosphère du lycée. Blagues débiles des mecs, cancans des filles, on y est.
La famille d'Edward, les Cullen : pas déçue pour un sou par Carlisle, Emmett, Jasper, Alice. En revanche, Esmé n'est pas aussi belle et lumineuse que ce que j'attendais ; et Rosalie... Rosalie n'est pas du tout le canon qu'on nous annonce.
Ce qui m'a aussi gênée, c'est qu'on nous rabâche dans le film que les Cullen sont tous d'une grâce qui dépend l'entendement. Qu'Alice se déplace comme une danseuse, ou comme un lutin. Qu'ils impressionnent en ne faisant rien de spécial.
Dans le film, pas de grâce et les enfants Cullen sont impressionnants parce qu'ils toisent les autres d'un air méprisant... (En revanche, Carlisle , le père, est génial, je trouve).
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Je ne m'attendais pas à un Charlie (le père de Bella) aussi jeune ; en fait, je l'imaginais un peu comme le père de Juno. Hé bien, alors que j'ai soupiré de mécontentement en voyant le jeune sergent moustachu apparaître, j'ai été surprise en bien, Billy Burke se fond génialement dans le personnage.
Enfin, les "méchants", les vampires nomades, Laurent, James et Victoria, qui apparaissent au milieu du film, sont très bien aussi.
À propos de Victoria, ceux qui ont lu le(s) livre(s) savent qu'elle possède une chevelure rousse incroyable, qui évoque contamment des flammes en mouvement ; ceci me fait penser à la photo du film. Par la photo, je veux dire les couleurs. Comme la presque totalité du film se déroule à Forks, ville la plus humide des États-Unis, celui qui choisit la photo (je ne sais pas qui prend cette décision : le réalisateur ? Le directeur de la photographie ?) a décidé que le film se déroulerait presque intégralement dans des tons gris, bleus, verts. J'aime beaucoup, surtout les moments où les couleurs s'estompent presque jusqu'au noir et blanc. Et là-dessus s'ajoute la chevelure de Victoria, flamboyante, colorée comme dans... Sin City.
...
Il y a trois gros problèmes au sujet de ce film.
Le premier est d'avoir autant ciblé les ados. Du coup, toute la rythmique du film est stéréotypée ; pas de surprise. Tout tombe comme prévu. Finalement, cette adaptation ne surprend absolument pas. Un substitut du livre pour les fans en manque.
Le deuxième : la bande-son et sa synchronisation. On dirait que le réalisateur a voulu faire au mieux, tout en se lâchant dans des effets de style... sans réussir. Exemple 1 : la scène du base-ball, rythmée par Supermassive Blackholes de Muse. Très bonne chanson au demeurant ; adaptée à l'action (problème pour moi : je la connais par coeur. Alors, pour l'effet de surprise, on repassera) ; seulement, on dirait que le réalisateur a fini par adapter la scène à la chanson, la partie de base-ball devenant une sorte de clip pour cette chanson (d'ailleurs, on retrouve avec l'orage le côté apocalyptique d'une tonne de chansons de Muse). La chanson étant un tube mondial, au final, on dirait des images du film remontées pour un clip sur MTV.
Exemple 2 : les échanges de regard du début de la relation Bella-Edward sont rythmés de façon très originale par une musique style... western. Passerait encore si les musiques western en question n'étaient pas assaisonnées à la sauce rock. Passerait encore si Robert Pattinson ne devait pas faire appel à toute la force de ses paupières pour devenir plus expressif qu'une salade verte.
Le troisième et dernier... est capital.
On nous annonce un Romeo et Juliette nouveau. Effectivement, on a deux êtres totalement destinés l'un à l'autre. Sauuf qu'on ne comprend absolument pas à quel moment ils s'en rendent compte. Paf ils ont l'air de ne pas s'entendre, et paf ils sont totalement in love (je ne raconte rien que l'affiche ou les critiques ne disaient ou laissaient deviner). Et on ne voit pas la transition. Je ne me souviens pas du tome I de la série, mais on sentait quand même les choses venir grâce à l'expression des sentiments de Bella ou aux longueurs. Ici, longueurs coupées, expression réduite des sentiments de l'héroïne. Donc merci, on le voit bien, le romantisme, une fois qu'ils sont ensemble. Mais avant : prrrrt.
...
Avis final : Twilight est un film 'sympa'. Calibré pour les ados et les post-ados, coucou c'est pour moi, la fille qui ne grandira jamais.
Cependant : a) il vaut mieux ne pas le voir quand on n'a pas lu le livre (aucun intérêt)
b) par rapport au livre, ça ne vaut pas grand chose
(il y a quand même une fontaine avec des statues de dauphins en verre dans le parc du lycée, à la fin...)
(Par contre, il y a une scène sous la pluie que je me regarderais bien en boucle, moi.)
16:11 Publié dans Les globes oculaires ont besoin d'être divertis | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : twilight, film, vampire, fascination, romantisme, muse, réalisation






