30 novembre 2008
Nostalgiiiiie...
Samedi après-midi, j'ai été au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, à Montreuil, avec Poulet. J'y allais par respect de ma tradition personnelle, puisque cette année il y avait peu d'auteurs que je voulais absolument voir. Zéro, en fait. Zéro, c'est peu, mais il faut bien respecter les traditions...
J'adore ce Salon. Il y a toujours une foule énorme quand je m'y rends, puisque comme je suis d'une intelligence monstrueuse je choisis toujours le week-end - alors qu'il dure toute une semaine. Mais c'est une foule familiale, que des couples avec de jeunes enfants, ou bien des jeunes ados. Pas les horribles personnages pressés que j'ai l'occasion de croiser le matin dans le métro. Pas de vieux lents. Pas de vindicatifs. Et surtout, j'adore la littérature jeunesse. C'est un domaine très riche, beaucoup plus vaste que les aperçus qu'on peut en avoir dans les grandes chaînes du livre (Fnac et Gibert pour ne point les nommer (je ne vais jamais au Virgin)). Qui déborde de trucs ultra-formatés et commerciaux, mais surtout recèle des merveilles d'originalité et de poésie. Sans parler de tous les romans pour grands ados, qui est ma forme de littérature préférée.
Quand je dis zéro auteur intéressant, je mens (la nuit, je mens. Je prends des trains à travers la plaine). Il y avait comme d'habitude Laurel et Boulet, accompagnés de leur horde de fans ; quelques auteurs jeunesse, dont je ne me souviens plus des noms, et puis d'autres dessinateurs BD que j'aimais bien, comme Émile Bravo, qui a dédicacé le Spirou que j'avais offert à mon père ;

et puis il y avait Romain. Romain, le roux (j'ai un faible pour les roux. Mais Poulet n'est pas roux et je l'aime, alors j'en déduis que je n'ai pas de faible que pour les roux) de 6 ans de plus que moi, dessinateur en galère qui avait parlé de moi sur son blog uniquement pour résumer la façon dont je l'avais largué et dire que finalement, au bout de deux mois et demi, il ne restait pas beaucoup de souvenirs (ce qui m'avait pas mal blessée). Qui a finalement sorti une BD, le premier tome d'une série pour enfants. Je m'étais toujours promis d'acheter sa BD et de me la faire dédicacer, c'était l'occasion. Ça n'a pas plu à Poulet. Je me doutais bien qu'il ne serait pas follement jouasse, mais à ce point-là... Alors que j'étais déjà très stressée à l'idée de revoir Romain, ça n'a pas arrangé les choses.
[Finalement, son comportement était plutôt logique, et accentue quelque chose dont on n'a pas du tout la même conception : Poulet a l'impression que si je trouve quelqu'un de "mieux" que lui, je le quitterai. C'est débile et complètement absurde, puisque tant que je suis amoureuse de lui, je ne trouverai personne de mieux ; je me pose souvent des questions sur nous, j'ai parfois un petit béguin pour un mec de passage, mais rien, rien du tout en comparaison de ça. Mais il n'a pas l'air de comprendre ma conception des choses. Et puis, un de ses arguments était que Romain représentait tout ce que j'aimais à une période donnée, à savoir l'astro et la BD. Ok, d'accord, mais Poulet s'est mis à la BD et est beaucoup plus ouvert sur le sujet que Romain. Il s'est mis à l'astro aussi. Et lui, il aime la bio, il comprend quand j'en parle ; je peux débattre avec lui des sujets qui me tiennent à coeur, mon esprit de contradiction ne le dérange pas ; il est ouvert sur le monde, il s'indigne ; ça ne le choque pas que je pose tout le temps des questions. Mon Poulet a des millions de qualités et le fait qu'il puisse avoir peur juste parce que Romain est calé dans certains domaines, ça me vexe. Il ne pourrait pas avoir confiance quand je lui dis que c'est LUI, et lui seul ? Cela dit, il a accepté que j'aille voir Romain à son stand et refusé de venir, ce qui m'a profondément soulagée et était sans doute la meilleure solution. Et puisqu'il refuse totalement, totalement, totalement d'en parler maintenant, et qu'il veut faire comme si tout ça n'existait pas, plus d'embarras, au moins la question est réglée (même si cette solution me gêne beaucoup). Ouh, je m'emballe.]
Donc, j'ai fini par aller voir Romain, pendant que Poulet lisait Kid Paddle (on a une passion commune pour Kid Paddle, ça me fait limite peur).

Romain n'a pas changé. Mêmes avant-bras couverts de taches de rousseur, mêmes yeux bleus,même sourire, même chemise pas très jolie, même bouc que je n'aime pas. Seule différence possible, un crâne un petit peu plus visible, et encore. Je n'ai pas pu voir s'il avait toujours les chaussures de ville marron qui ressemblaient à des chaussures de bowling, version marron, que Célimène trouvaient hideuses. Ni s'il avait le manteau noir en laine qui lui donnait un air de campagnard en goguette.
On a échangé quelques phrases, je lui ai posé des questions - ce à quoi il a fini par réagir Ah, tu poses toujours trop de questions ! (Bah oui.)
Il m'a fait une dédicace, jolie, que je mettrai en ligne bientôt. Il m'a offert la BD, pour ton anniversaire, c'est quand déjà ? Ça m'a fait bizarre qu'il ait oublié (parce que mon anniversaire n'est pas tombé à n'importe quelle date, du point de vue astronomique).
Finalement, les choses changent. Un peu. Suffisamment.
[À part ça, on a fait plein de trucs cool dans le Salon avec Poulet. On a fait le Train fantôme, découvert le mot-mystère du magicien, fait la pause dans des fauteuils en plastique dignes de Lego, fait les débiles avec les masques de Lapin crétins distribués par Ubisoft, poussé des ooooh/aaaah en voyant Boulet dans sa belle chemise noire. Et puis j'ai essayé de le traumatiser en poussant des Iiiiiih trop mignon ! devant chaque truc mignon que je voyais (et il y en a beaucoup, dans un Festival pour enfants) et en lui montrant des livres kitsch avec des photos de chatons - mais ça n'a pas trop marché.
L'année prochaine, je reviendrai.]
23:55 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poulet, chéri, romain, festival du livre et de la presse jeunesse, kid paddle, spirou
28 novembre 2008
Poussée de pâquerettes
Grâce aux avants-premières Canal+, qui diffusent en avant-première sur leur site le premier épisode des nouvelles séries qu'ils diffusent, j'ai pu (après être arrivée trop tard pour Mafiosa) regarder le premier épisode de Pushing Daisies. J'ai été un peu déçue après avoir lu tant de bonnes critiques. Voix off trop présente et romantisme poussé au cucul-la-praline. Mais l'idée est originale et je me demande comment ils vont réussir à en faire une vraie série !!
J'en parle ici parce qu'il y a un moment que j'ai adoré, vers la fin de l'épisode : Ned parle avec Charlotte et lui sort, texto : Je savais bien au plus profond de mon âme primitive que cet altruisme était le fait d'un égoïste.
Huhu.
Non moins huhu, la cuvée du mois en matière de mots-clés.
Y du lourd, y a du moins lourd.
Pour l'occasion, la note est illustrée avec des photos de catch.
Et puis j'ai mis en rose mes mots-clés préférés, parce que le rose, c'est la couleur de l'amûûûûr.
Dans la catégorie Poids mouches :
Barbara Mac Clintock
Besancenot
cactus pissenlit hautetfort (oui oui, c'est bien ici...)
cactus-diaporamas pps
Couleur
Dessiner un cactus
Fanette flowers
fleur cactus-diaporamas pps
Heart
Dans la catégorie Poids plumes :
corneguidouille bd
dessiner un crapaud
giga nouf
déguisement de carotte
mater panards (qui est, contre toute attente... la requête la plus demandée)
Dans la catégorie Poids moyens :
caca culotte homme
remue bière
blanche dansant booty dance
amélie la tueuse
britney spears fetichiste pieds
film avec une amputée d'une jambe français
eva green pointure 40
Et enfin, dans la catégorie Poids lourds :
belles femmes rondes noires dénudées
film copulation zoophile
breuvage doté de pouvoirs surnaturels
Et...
gros bougeoir d eglise
17:34 Publié dans Hé oui, c'est un blog. | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : pushing daisies, série, tv, canal+, catch, mots-clés, huhu
26 novembre 2008
Souris !
EDIT> Quelques illustrations inutiles ajoutées.
Ce matin, ma petite soeur Clarisse a disséqué son premier animal. Pour moi, c'est une étape hyper émouvante... La petite soeur qui marche sur les traces de la grande... Je ne peux pas m'empêcher d'espérer que Clarisse s'oriente vers des études scientifiques. Ma soeur Irène fait des études de commerce, mais on ne s'est jamais vraiment ressemblées (ni très bien entendues) - avec Clarisse, c'est différent.
Bref, savoir qu'elle a effectué sa première dissection me rappelle toutes celles que j'ai déjà faites.
Y compris lundi matin et mardi après-midi : deux souris innocentes.
Je suis un peu une routarde de la dissection, quoi (lô).
En tout cas, suffisamment expérimentée pour lister les erreurs à ne pas commettre.
- Ne pas rester l'oreille à l'affût du bruit du meurtre (effectué par les profs dans l'autre salle).
- Ne pas trop contempler la souris intacte. Une souris, même morte, c'est trop chou. Poil lustré, petite taille, yeux pétillants, même la queue est toute mignonne (à ne pas sortir du contexte). Et les oreilles ! Et les petites dents ! Et ces petites papattes !
Non, surtout, ne pas la contempler. Sinon, on se prend d'affection pour elle, et l'ouvrir devient un crève-coeur.
- Ne pas penser à Spud. Spud, que j'aurais tant aimé garder avec nous, lui qui avait élu notre cuisine comme nouvelle piaule. Si ça se trouve, la bestiole choupi-trognonne étendue sur la planche était sa cousine. Ou sa belle-soeur. Oh, Spud, où est-tu ?

- Baptiser la souris. Baptiser les êtres est très bon pour le karma - théorie confirmée par le fait que ma plante verte Barbara Mac Clintock se porte toujours comme un charme, après plus d'un an à mes côtés, tandis que la plante verte que m'a donnée Ginger et à laquelle je n'ai jamais su trouver de nom a poussé son dernier soupir la semaine dernière.
Ma souris de lundi s'appelait Charlotte-Rufusette. Elle avait une gueule à s'appeler Rufus, mais c'était une femelle, alors...
Ma souris de mardi s'appelait Marin, comme le papa de Nemo.

- Ne pas tripoter son corps tout souple et tout chaud.
- Se dire que bon, maintenant qu'on est là, autant y aller franco et effectuer la meilleure dissection possible.
- Y aller mollo avec le scalpel, ce n'est pas la peine de rendre la souris en pièces détachées.
- Ne pas jouer à Nip/Tuck. La souris est pleine de graisse, tant mieux pour elle, il faut savoir faire des réserves dans ce monde de brutes. La lui enlever ne lui servirait pas à grand-chose, vu qu'elle ne se mettra plus jamais en bikini.

- Ne pas coller son nez aux intestins. Du caca reste du caca, même à l'intérieur d'un tube de chair.
- Une fois la dissection terminée, il est possible de procéder à une mini-cérémonie d'adieu à la souris. Enlever les épingles, rapprocher les peaux découpées, dire Adieu, [Nom de la souris], je suis désolée de t'avoir fait subir tout ça, repose en paix. Rest in peace, comme diraient nos amis les Ricains.
Et la lâcher dans le sac plastique, en attendant la prochaine fois.
25 novembre 2008
Splendeurs d'Arras (2)
Après que la mère de Poulet ait harcelé en vain les vendeurs new-yorkais pour trouver les Converse de mes rêves, c'est-à-dire des Converse jaunes, ce sont mes augustes parents qui s'y sont collés. Pendant tout leur baroudage new-yorkais, d'une durée de 5 jours, ils sont restés aux aguets et à l'affût de Lapeyre La Paire.

Sans succès. La mère de Poulet m'avait rapporté les rouges ; mes parents n'avaient pas acheté de paire d'une autre couleur (ouf, mon père en aurait choisi des rose layette) et étaient rentrés fort frustrés de ne pas avoir accompli la tâche qu'avait déjà ratée la mère de Poulet - et ce n'était pas faute de ne pas avoir essayé, ils sont rentrés dans tous les magasins de chaussures devant lesquels ils passaient.
Et puis, on les a vues.
Pas à Paris, pas à New York, pas à La Baule-Escoublac.
À Arras.
Ville du Pas-de-Calais, chez les Ch'tis, quoi, lô.
Et maintenant, elles sont là :
J'ai l'impression d'avoir des mini-soleils au bout des jambes...

Maintenant, il ne reste plus qu'une question embêtante : quand je partirai à Zürich, lesquelles resteront dans ma chambre parisienne ? Lesquelles m'accompagneront dans ma chambre zürichoise ?
(Je ne vais quand même pas embarquer quatre paires de Converse dans ma valise, ça serait franchement débile...)
19:37 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : converse, arras, zürich, jaune
23 novembre 2008
Splendeurs d'Arras
Arras, week-end de famille.
Froid terrible, froid glacial, froid qui pénètre sous le pantalon, qui transperce le manteau, le pull-over, le t-shirt. Froid qui s'infiltre dans les chaussures, jusqu'aux orteils.
Un guide qui pérore devant ma famille sur les splendeurs de la ville, son histoire... Ce qui serait passionnant si on n'était pas tous en train de grelotter.
Profitant d'un instant de détente de la troupe, ma soeur s'infiltre dans un magasin.
C'est quoi, Damart ?
C'est un magasin de sous-vêtements.
Hein ? C'est pas des sous-vêtements ça !
... Si si... des sous-vêtements pour vieux.
Ma soeur se dirige vers le point le plus chaud du magasin.
Une vendeuse s'approche.
Bonjoôr Mademôsell-lô, vous avez besoin d'aide-euh ?
Ma soeur, lui décochant son sourire Colgate : Non noooon Madame je vous remercie, je regarde...
Ah bon ? Mais vous savez que vous regardez le rayon Homme, lô ?
Ah bon ? Heu... Ah !
J'en ris encore...
22 novembre 2008
Il est temps...
De monter le volume et d'imiter le cheval qui galope pendant toute l'intro de la chanson.
Découvrez Muse!
Pendant ce temps-là, je suis en week-end avec toute ma grande famille... Aujourd'hui, on a visité des carrières...
Bref, imiter le cheval, c'est certainement bien plus réjouissant.
19:16 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21 novembre 2008
Allez, au pas de course, on se retrouve en haut du château !
J'ai des courbatures partout !
Aux cuisses, aux genoux, aux mollets.
À la nuque, au cou.
J'ai des hématomes sur les épaules.
Alors, quel sport ai-je pratiqué hier ?
22:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : disneyland, paris, sortie
19 novembre 2008
"My friend Dario"
Mon coeur a toujours été d'artichaut. Il y a eu très peu de périodes où je n'ai pas été amoureuse (d'ailleurs, je ne manquais pas de le remarquer : "tiens, c'est bizarre, je ne suis amoureuse de personne en ce moment... Même machin-truc ne me provoque plus de palpitations..."). Quand je suis amoureuse, c'est simple, je ne suis de bonne humeur que si je suis proche de la personne visée, les poils de mes bras se hérissent quand il approche, mes pensées reviennent toujours à lui.
J'ai encore en tête la liste complète des garçons pour qui j'ai ressenti quelque chose, du CE1 (j'ai sauté le CP, la maternelle je ne m'en souviens pas) à... Poulet. Toutes les amourettes, de la passade idiote de deux jours à l'entichement, total, complet et irrémédiable.
Dario (my friend Dario has a super mega car, drives too fast, drives too flash, doesn't care about a crash) a été un des plus importants. [En vrai il ne s'appelle pas Dario, évidemment, vu que je modifie tous les prénoms (sauf le mien (je ne suis pas sûre que ce soit un choix très intelligent, mais au moins c'est pratique))]. Dario, d'origine réunionnaise, a la peau mate, des yeux chocolat - les plus beaux yeux bruns du monde - ; à son grand désarroi, n'est pas très grand ; mais compense avec une sociabilité à grande épreuve - est aimé de tout le monde, parle avec tout le monde, sauf aux loosers - mais vous en connaissez, des non-loosers qui socialisent avec les loosers ? Mentalité collège, vu qu'on y était, au collège. J'avais 11 ans, lui 12, wah, on était grands. Et moi, j'étais irrémédiablement amoureuse.
Le matin, on prenait parfois le même bus.
J'étais dans la même bande d'amis que lui.
Une nuit, attention, j'ai rêvé de lui. On jouait de la flûte à bec dans la cour du lycée et il me prenait dans ses bras.
Parfois, l'après-midi, on rentrait ensemble puisque j'étais sur son trajet.
Et puis un matin, il a dit à un mec qui se foutait de moi parce que je portais encore des baskets à scratches (en 5ème, la loose intégrale) de me foutre la paix. Mon héros !
Évidemment, je le regardais avec des yeux de merlan frit mais rien n'est jamais allé plus loin que des embryons de conversation et des rêves niais.
Je faisais des recherches pour trouver son adresse. Dans les pages jaunes, il y avait quatre personnes dotées du même nom de famille, je savais dans quel arrondissement il habitait. Je le lui ai demandé un jour, mais il m'a répondu tellement vite que je n'ai rien pigé à sa réponse. L'année suivante, quand il n'était plus dans ma classe, j'avais fouillé dans l'agenda d'une amie - c'était le délégué, il était populaire, elle avait son adresse. 4, square truc - je n'avais jamais réussi à mémoriser le nom du square.
Je parlais de lui chaque soir dans mon journal intime. Aujourd'hui, journée de merde. Pas vu D. Ou alors, Aujourd'hui, super journée. À la cantine, D. m'a parlé, et on a discuté avec M. aussi.
J'avais même prévu de l'appeler le jour de la Saint-V - avant de me rendre compte que même si j'avais son vrai numéro de téléphone, et que je me débrouillais pour appeler quelqu'un alors que je serais au ski, ce serait complètement con d'essayer de le joindre alors qu'il serait en voyage avec sa famille... En Inde.
En 3ème, j'ai été de nouveau dans sa classe.
Et à la fin du premier semestre, il est parti vivre à des milliers de kilomètres avec toute sa famille.

Bye-bye Dario.
Mon battant a failli pour un autre garçon, puis un autre, puis encore un autre... Tout est rentré dans l'ordre.
Mais je n'ai jamais pu oublier Dario - l'entichade de 2 ans de ma vie, mon plus grand béguin de pré-ado romantique.
Je croise souvent ses anciens amis de collège. Élias, Alexis, Therry. Par hasard, sous une frite, toujours. Et les rares fois où je leur ai parlé, je n'ai pas osé demander des nouvelles de Dario, son départ remonte à trop loin.
Dario est resté pendant tout ce temps dans un coin de ma boîte crânienne, et il en est pas mal ressorti ces derniers temps, pendant mes interrogations existentielles sur "qu'est-ce que j'ai raté, qu'est-ce que je regrette, qu'est-ce qui aurait été différent si j'avais fait ci ou ça ?" Je me suis demandé quels moyens j'aurais de le retrouver. Bien entendu, celui qui s'impose : Fesses-bouc. Comme je ne suis pas inscrite, j'ai du attendre qu'une de mes soeurs s'y connectent et acceptent que je cherche des gens dessus. Dario y était, évidemment. Avec, dans ses contacts, plusieurs filles du collège que j'abhorre de tout mon être. Sans photo nette de lui, crotte.
Et j'ai continué à y repenser. Dario était-il encore au fin fond des Mascareignes, était-il rentré en France, faisait-il des études prestigieuses aux USA ou en Grande-Bretagne ? Et si je m'inscrivais sur Fesses-Bouc, reprendrais-je contact avec lui ?
****
Hier après-midi, je suis allée réviser à la fac avec Dan et Roxane (et Hoshiko et Agnès). Alors que je suis plus ou moins officiellement en semaine de vacances. Pff. Au programme : Allemand (pour moi, vu qu'il faudra bien que je communique avec les pairs de Gros Lapin), Bioinformatique (pour les autres, moi j'avais oublié que cette matière existait, mon cerveau l'avait carrément gommée), et Enzymologie (pour les autres et moi aussi, malheureusement).
Dan avait réservé une salle de travail dans notre splendide bibliothèque de béton pour 16h. On se retrouve tous avant, et nous voilà cheminant de conserve vers le couloir des salles de travail. Salles qui ont trois murs en béton et une paroi de plexiglas côté couloir, comme ça tout le monde peut voir ce que chacun fabrique dans chaque salle - ça élimine le problème des partouzes en bibliothèque, j'imagine.
Dans la salle à côté de la nôtre, un groupe de 6 étudiants qui ont l'air de bosser de la physique compliquée, ou des maths, bref, un truc avec des formules bizarres.
Et parmi les six...
Dario.
Là, comme ça, comme un cheveu dans une soupe fraîche, alors que je l'imaginais au soleil à des milliers de kilomètres (ça me déprime, de penser que dans l'hémisphère Sud c'est déjà le printemps...).
Dario, pas changé d'un iota. Même coupe de cheveux, même type de fringues. À part quelques centimètres en plus, des épaules un peu plus large, une mâchoire plus carrée, une ombre sur le menton : c'est le même.
Je fus fort perturbée. Alors que j'avais passée la demi-heure précédente, pendant qu'on attendait la salle de travail, à somnoler sur ma chaise, je suis devenue rose bonbon, complètement alerte, à tourner la tête de tous les côtés toutes les 5 minutes, tel le suricate ne craignant nul torticolis.
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Je sors plusieurs fois de la salle, il me faut bien un dico d'allemand, et puis j'ai besoin de faire pipi, je suis une fille après tout. À chaque fois, je me démets le cou pour pouvoir zieuter et être sûre.
Mais qu'est-ce que je dois faire ? Je crois qu'il m'a vue, est-ce que je dois attendre qu'il vienne nous voir, ou alors entrer dans sa salle la première, ou attendre qu'il sorte ? Et si il ne se souvenait pas de moi et me prenait pour une démente ? (Et si j'allais lui parler, qu'est-ce que je devais dire : Heu... Salut, tu es bien Dario ? Tu te souviens de moi ? On était au collège ensemble, avant que tu ne te casses comme un connard, j'étais folle amoureuse de toi, j'ai pensé à toi pendant des siècles des années des mois des semaines des jours, héhé, heu... Bon. Bah, heu... Tu fais quoi en ce moment ? Argh. Et triple-argh.)
J'ai passé deux heures et demie à tergiverser.
Finalement, notre groupe est parti avant le sien, il ne m'a pas vue partir.
Au rez-de-chaussée, j'attends au guichet pour emprunter un livre des bases d'allemand.
L'attente s'éternise, le groupe de Dario sort de l'ascenseur.
Mon cerveau se bloque. Je rougis, fais semblant de farfouiller dans mon sac (je suis le Cool personnifié) et attends qu'ils soient tous passés avant de relever la tête, que je tourne aussitôt vers la sortie. Dario s'est retourné. Il m'a reconnue.
Je l'ai vu m'attendre de l'autre côté de la paroi vitrée, en discutant avec une fille. Je l'ai regardé puis (pour ne pas passer pour une psychopathe de la fixation oculaire) ai reporté mon attention sur les guichets de la bibliothèque, ils en mettaient du temps !
Quelques minutes plus tard, je suis sortie.
Dario n'était plus là.
Aucune trace de lui à l'extérieur, évaporé.
Dario a donc regagné sa place dans un coin de ma boîte crânienne.
Une chance gâchée par un acte manqué se représentant rarement, il risque d'y rester un bon bout de temps encore...
18:50 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : dario, réunion, mascareignes, perdu de vue, collège
17 novembre 2008
Vicky, Cristina, blablabla, et caetera
Je crois que je suis la seule à ne pas avoir aimé le dernier Woody Allen, Vicky Cristina Barcelona. Je suis allée le voir avec Poulet il y a déjà un certain temps, trois semaines je crois. C'était un jeudi soir, il était venu me chercher après les cours (il avait séché un cours à Lyon pour rester plus longtemps à Paris), on avait dîné puis il m'avait emmenée au MK2 Bibliothèque - mon cinéma préféré, qui se trouve à 5 minutes de ma fac [parfois la vie est bien faite], voir ce film sur lequel je n'avais lu que des critiques enthousiastes. Que j'avais envie de voir parce que j'avais beaucoup aimé Match Point (entre-temps, Poulet m'avait montré Manhattan, que je n'avais pas tellement aimé parce que les "cadrages intellos" ostentatoires, ça m'énerve).
Et surtout, j'étais très intéressée par ce qu'on me vendait comme le "baiser cinématographique le plus chaud de l'année".
Le scénario : Vicky et Cristina (mais pas Barcelona, vu que c'est une ville, voyons, soyons logiques), jolies touristes américaines ,débarquent à Barcelone. La première est fiancée et vient finir sa thèse sur l'identité catalane avant de se marier (avec un gros con), la seconde est plutôt paumée et l'accompagne pour vivre de nouvelles expériences. Elles logent chez un couple qui, un soir, les emmène à une expo. Cristina flashe (et love) immédiatement sur le peintre, Juan Antonio. Le soir-même, celui-ci les invite à un week-end Carpe Diem, avec pour but de leur faire visiter la ville, leur offrir les restaurants qu'il aime (enfin, leur offrir des repas dans les restaurants qu'il aime, pas leur acheter les restaurants eux-même, voyons, ayons un peu de bon sens), et accessoirement, qu'ils fassent l'amour tous les trois.
| Rebecca Hall et Scarlett Johansson | |
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C'est là que ça démarre. Peu de temps après surgira dans le film Maria Elena, l'ex-femme du peintre avec laquelle il a eu la relation la plus passionné eet extrême possible, et qui ne parvient jamais à lui lâcher totalement la grappe.
Déception, déception !
D'accord, le cadre est superbe et la lumière, belle. Enfin, ce cadre barcelonais tant vanté par les journalistes, on ne le voit pas vraiment. L'ambiance espagnole, si : guitare catalane, repas tardifs, rythme alangui... Et ça remonte le moral, en ces temps où le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle (ô spleen, quand tu nous tiens).
Ensuite, les acteurs sont bons. Très bons. On ne peut pas le nier. Scarlett Johannson, même si elle m'exaspère avec ses mimiques buccales, tient très bien son rôle de jeune cruche désorientée. Javier Bardem incarne son rôle d'artiste espagnol charmeur, Pénélope Cruz joue très bien les amoureuses dramatiques et (plus qu')excessives, elle est totalement électrique - et si belle ! Et les critiques n'ont pas du tout rendu justice à l'actrice qui joue Vicky, Rebecca Hall : j'ai trouvé que son rôle était le plus intéressant du film, bien plus important que celui des trois autres, et qu'elle y est parfaite - elle fait passer tant d'hésitations, de tortures intérieures, de balancements, une palette des sentiments qui la déchirent.
| Javier Bardem et Rebecca Hall | |
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(La mère de Poulet a dit que je lui ressemblais... (À Rebecca Hall, pas à Javier Bardem, voyons, soyons logiques)
Je le précise parce que je trouve que ça fait vachtement avancer le schmilblick)
Et puis, il y a quelques réflexions pas mal sur les relations, les histoires d'âme-soeur (le mot n'est jamais mentionné je crois, mais comment décrire autrement la relation entre Juan Antonio et Maria Elena ?); j'ai bien aimé la notion "d'ingrédient manquant".
De la poésie, aussi, pas au sens propre, mais palpable dans beaucoup de scènes avec Javier Bardem.
Alors, qu'est-ce que je n'ai pas aimé ?
Point le moins important : Scarlett Johannson est crédible en photographe. SAUF quand elle prend des photos - sa posture instable, sûrement dictée par Woody Allen pour un trip petit oiseau (quand tu n'as pas d'ailes, bah tu peux pas voler) fragile.
Deuxième point le moins important : pour le baiser de l'année, on peut repasser. J'imagine que le critique que j'avais lu n'avais jamais vu deux filles s'embrasser et a eu une subite érection qui l'a totalement surpris, mais sinon, je ne vois pas. Même dans Grey's Anatomy, les baisers lesbiens arrivent à être plus émouvants que celui-là.
Je n'ai pas aimé non plus les scènes d'amour - enfin, je veux dire, les scènes de baise, pas les scènes où on voit que les personnages sont amoureux. Le cadrage qui s'éternise sur la tête mal dégrossie de Javier Bardem, ce n'est absolument pas beau, esthétique, bandant, excitant ou quoi que ce soit, c'est une scène d'amour où on ne voit que sa grosse tête, ses grosses lèvres, il la mange, je n'aime pas être témoin d'un cannibalisme sexuel. Bon, d'accord, c'est surtout que j'aime les traits fins.
Mais bon, les deux points précédents sont d'ordre secondaire. Ce qui m'a déplu dans ce film, c'est le message final. On a passé un été ensoleillé à regarder quatre personnes (et quelques personnages secondaires) se tourmenter sur l'Amour, et finalement : à quoi est-ce que ça a servi ?
J'ai trouvé que nous lâcher ce pessimisme (ou ce fatalisme ? je ne sais pas) dans les dernières minutes du film, après toutes ces péripéties sous l'été barcelonais, c'était horrible.
Vous me direz que ces aventures et turlupinades n'ont pas été vaines ; ce que Vicky et Cristina (mais toujours pas Barcelona, vu que c'est une ville) ont vécu pendant le film les ont certainement enrichies (d'un point de vue humain, je veux dire).
Et alors ?
À quoi ça sert, de vivre tout ça, de vivre si intensément, si c'est pour revenir au point départ ?
Horrible.
13 novembre 2008
Doc Gynéco, cravate et sac plastique
Ça fait déjà quatorze mois que je prends la pilule. J'ai déjà usé 15 plaquettes de ces mini-comprimés qui tuent les poissons (parce que les hormones inutiles sont éliminées par voie de pipi et restent alive (born ! born ! born to be alive !) jusqu'à la Seine/mer/rivière de ta cambrousse.
15 plaquettes, c'était 6 + 9, avec une visite chez Doc Gynéco entre les deux. Qui m'a prescrit 7 mois pour la deuxième fois, mais comme la pilule se vend par boîte de 3 plaquettes (argh ! Trop de chiffres ! Trop de chiffres !), je l'ai bananée et j'ai eu mes 9 mois.
Et je suis arrivée au bout.
Et comme une grognasse, je n'ai pas réalisé à temps qu'il fallait que je prenne rendez-vous.
Puis, quand j'ai réalisé qu'il fallait que je le prenne, je n'ai pas eu le temps de le prendre - cours jusqu'à tard, préparation d'examens, pensées ailleurs à cause de Gros Lapin, appels de Poulet...
Finalement, quand je me suis lancée (après plusieurs appels infructueux au secrétariat, déserté à une heure où encore même les fonctionnaires (ho, ça va, hein... on peut rigoler) bossent encore), la secrétaire m'a répondu qu'il n'y avait pas de rendez-vous avant des semaines. Évidemment, Doc Gynéco ne bosse pas le lundi, il y avait un jour férié, tout ça... Mais c'était urgent là ! Enfin, Doc ! Si j'attendais, les Anglais allaient débarquer et t'allais pas pouvoir me zieuter l'entre-cuisses, puis après j'allais être en retard pour mes comprimés et j'allais tomber enceinte et comme je n'arrête pas de me prendre pour Juno j'allais vouloir garder le bébé, mes parents allaient me jeter à la rue et Poulet allait me quitter et j'aurais fini mère célibataire SDF !! Pendant la trêve hivernale, en plus !
J'ai du faire appel à un autre Doc Gynéco. Abandonner la mamie cool (wo-hoo, mamie cool ! Mamie ! Mamie coool ! Mamie, mamie cool !) avec son blouson de cuir, son franc-parler et ses taches de vieillesse sur les mains, pour un Doc inconnu...
J'ai repris la liste que m'avait filée la remplaçante de la remplaçante de mon généraliste (c'est bizarre, niveau Doc je suis toujours tombée sur des remplaçants plus chouettes que les titulaires... Alors imaginez, une remplaçante de remplaçante : elle était géniale) il y a des lustres décennies années et appelé le deuxième nom sur la liste.
Sa secrétaire me répondit qu'il n'y avait pas de place avant un mois.
Un mois !!!!!!!!
Mais si vous voulez, son collègue a des places pour la semaine prochaine...
Un homme !!!!!!!!
Un homme qui allait zieuter mon entre-cuisses !
(réflexion rapide : je me voyais déjà appeler toutes les gynécos du quartier, suppliant pour avoir un rendez-vous dans moins de 10 jours, me faire raccrocher au nez par toutes les secrétaires médicales offusquées que je n'ai pas pris rendez-vous plus tôt, rappeler pour avoir rendez-vous avec ce Doc-là et me faire répondre que trop tard, lui non plus n'avait plus de place, puis mourir dans le caniveau après être allée me faire enlever un embryon à l'aiguille à tricoter par une arrière-grand-mère à verrue sur le menton - ou alors, m'abstenir pendant un mois (bon, d'accord : je voyais plutôt Poulet faire la gueule de devoir se couvrir pendant un mois))
... Heu, bon, d'accord.

Et le rendez-vous est arrivé.
Seul horaire compatible dans la semaine : deux heures avant mon partiel de Biologie Moléculaire. Hauts les coeurs.
J'arrive avec un quart d'heure d'avance pour être sûre de passer à l'heure. [Ma Doc Gynéco habituelle a, comme tous les médecins surbookés et irritables qui ne supportent pas d'attendre, une super technique : quand le patient n'est pas encore là mais celui d'après, si (car celui d'après est au courant de la super technique de Doc Gynéco), on prend celui d'après. Comme ça, même si tu arrives en avance à ton rendez-vous, tu as une chance de poireauter une demi-heure dans la salle d'attente, elle est pas belle la vie ?]
Je patiente 5 minutes dans la salle d'attente. Ils passent une chanson nulle de Mylène Farmer, qui me fait regretter une fois de plus de l'avoir mise dans mes 5 chansons.
Docteur Truc vient me chercher. Il ne m'adresse pas un mot avant que je lui dise bonjour, l'interroge du regard avec mes yeux de biche, telle la maman de Bambi, dise Oh et prenne mes affaires - là, il dit "On y va". Ça commence bien, dites-donc.
Le bureau de Docteur LaMoule faisait face à un canapé. Bizarre.
Antécédents, traitements en cours et tout le bazar : on passe à la Salle de Torture.
(Là, j'ai voulu mettre une photo de Salle de Torture, et puis je suis tombée sur le forum sado-masochiste de Doctissimo...
J'ai abandonné...)
Autant le bureau est assez chaleureux, autant la Salle de Torture donne envie de s'enfuir en courant. Le "lit" avec les étriers trône en plein milieu, à côté d'une foule d'objets barbares.
Pendant que je me déshabille, il me demande ce que j'étudie. La biologie. Ah bon ? Mais vous savez, moi aussi je suis un biologiste ! Ah ? euh... Bah non je savais pas, non... Alors, vous étudiez où ? À Jussieu ?
Moi, m'avançant à poil (et essayant d'avoir l'air assurée) vers la Table de Torture : Oh, j'étais à Jussieu, mais ils ont déménagé... L'année dernière. Il n'y a plus que Paris 6, sur le campus de Jussieu, maintenant.
Que n'eus-je dit là : c'était parti pour la pire épreuve de ma vie (ou presque).
Docteur LaMoule a braqué une lampe dans mon entre-jambes...
et a entrepris de me raconter sa vie par le menu.

C'est ainsi que je sus que Docteur LaMoule avait passé 5 années de sa vie à Jussieu, pendant la Préhistoire jusqu'en 68, pour étudier la biologie sous-marine (quel rapport avec mon vagin ?). Qu'il allait dans tel amphi, qu'il achetait ses livres à telle librairie, qu'il avait usé ses fonds de culotte sur les mêmes bancs que moi, qu'il rentrait chez lui à pied parce qu'il adorait ce quartier, que ce qu'il avait c'était un DEA mais qu'il ne connaissait rien au système actuel, qu'avant il y avait les PCSN, les MPC, les machin-chose, que lui il avait pris PCSN, qu'il y avait un tronc commun et que lui, Docteur LaMoule, il avait pris plein d'options en plus... j'en passe et des meilleures.

Pendant ce temps-là, Votre Servitrice, allongée sur une table chirurgicale, les pieds dans les étriers métalliques, avec une lampe braquée dans le vagin, À POIL (BORDEL !), priait pour que ce soit un cauchemar - ou qu'il s'arrête, pitié, qu'il s'arrête. Bah oui, puisqu'il parlait sans m'ausculter pendant ce temps-là. Genre comme si on était en train de prendre le thé en famille.

Il a fini par se rendre compte qu'il pouvait raconter sa vie et palper en même temps. Chouette alors.
Docteur LaMoule avait réussi son DEA en biologie sous-marine... Et s'était aperçu que personne n'allait l'embaucher, puisque personne n'a besoin d'un gus qui connaît par coeur le chant des cachalots et sait communiquer par sonar avec les baleines.
Docteur LaMoule s'est donc dit tiens, 10 ans d'étude après les 5 ans que je viens de me taper, ce serait bath nan ?
Et c'est ainsi que Docteur LaMoule est devenu Docteur LaMoule.

Je passe sur les joyeusetés vaginales. Évidemment, Docteur LaMoule étant un gus, je ne m'attendais pas à une délicatesse excessive. Mais bon, vu les années de pratique, on aurait pu penser que... Mais non, en fait.
À un moment, il m'a fourré un sac plastique à l'intérieur, a trifouillé avec, a ressorti le sac plastique, l'a mis dans une enveloppe. Le tout sans aucune précision sur le pourquoi du comment d'un sac plastique à l'intérieur de mon corps si frêle, si tendre et si fragile.

Puis il m'a fait une échographie. Alors que je n'attends nul polichinelle. Et que je n'ai aucune déformation utérine.
Là, Docteur LaMoule commençait sérieusement à m'angoisser avec son zèle à la noix - j'étais nue, je n'avais donc pas de montre, par contre mon cerveau se souvenait parfaitement que j'avais un examen à 16h30 - et j'avais l'impression d'être sur la Table de Torture depuis des heures et des heures.
Puis, Docteur LaMoule m'a palpé les seins.
Et c'est là que je me suis rendu compte d'un truc atroce : les pois orange sur sa cravate bleu marine... N'étaient pas des pois.
C'étaient de mini-citrouilles d'Halloween.
Mon cerveau s'est mis en mode pause, j'ai dit Oui, Oui à tout ce qu'il disait. Et D'accord. Et Oui, Oui.
Il m'a fait mon ordonnance.
M'a donné une enveloppe à envoyer à un labo.
Dans cette enveloppe, il y avait le sac plastique............
Quelques minutes plus tard, j'étais libre. Libre !
Enfin, libre ; libre surtout de payer la consultation, et donc de donner quatre-vingt-cinq euros à la secrétaire.
Quatre-vingt-cinq euros.
Ça fait combien en francs, ça ??
(Et en écus ?)
(J'ai passé tout l'aprèm' avec l'enveloppe contenant le sac plastique qui m'avait explorée dans mon sac à dos.)
EDIT> J'ai osé ouvrir l'enveloppe pour vérifier son contenu. Bien évidemment, il n'y avait pas de sac plastique (il aurait eu du mal à rentrer dans l'enveloppe A5, j'imagine), mais une petite boîte de culture avec ma flore bactérienne en train de pousser...
23:14 Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : moule, gynéco, médecin, sac plastique, moule boy, cravate













