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28 février 2008
Success-story (5 et... fin)
Par conséquent, la semaine suivante, je n'ai pas contacté Machine. Ni aucun membre maudit d'Apasse. Je m'étais dit que je ferais ça la semaine suivante...

Ma et ma soeur me bombardent aussitôt de questions.
"Tu connais leur nom ?
Elle me l'a dit vite fait, je crois que c'est Bigorneau (vous vous doutez que ces gens n'ont en réalité pas le malheur de s'appeler Bigorneau, hein).
Quand je réponds que non, elle me dit que je peux faire une croix dessus...

09:05 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : boulot, emploi, job, étudiant, garde d'enfant, baby-sitting
26 février 2008
Saute dans Paris
Je suis allée voir deux films en moins de 5 jours. Quand j'en parle à une copine, j'ai l'impression que je vais tout le temps au cinéma. Alors que non. Ou alors si ?
Les deux m'ont déçue.
Mercredi, je suis allée voir Jumper à Montparnasse avec Chéri.
Je suis contente d'avoir une carte Imagin'R et donc d'avoir payé moins de 6 euros.
Remboursez !
Le film lui-même dure moins d'une heure et demie.
Le scénario aurait pu être écrit par un élève de CE1. Un mec a la capacité de se téléporter, des fanatiques le pourchassent parce qu'ils haïssent les Jumpers (ceux qui savent se téléporter). Le héros (Hayden Christensen) décide de retrouver la fille dont il était amoureux au collège (Rachel Bilson, connue pour le rôle de Summer dans The OC), et les emmerdes commencent pour de vrai parce que les fanatiques (les Paladins), menés par un fou furieux (Samuel L. Jackson) ne sont pas prêts de lâcher le morceau.
Le film est bien sous certains aspects :
- Jamie Bell, mon chouchou de cinéma depuis Billy Elliott, qui joue bien et que je trouve follement attirant ;


- les scènes d'action. Les effets spéciaux sont hyper peaufinés, tout s'enchaîne parfaitement, c'est assez dément. Pendant ces séquences, j'avais un énorme sourire scotché à la figure tellement c'était bien.
Voilà, deux côtés positifs.
Le film est naze sous beaucoup d'autres aspects :
- Rachel Bilson joue le rôle qu'elle a depuis des années, c'est-à-dire Summer de The OC. Mêmes mimiques, mêmes dialogues ;
- Hayden Christensen n'a aucun charisme (ça n'engage que moi) ;
- Les personnages ne sont absolument pas creusés ;
- Le film met énormément de temps à démarrer, et comme il est court la fin arrive beaucoup trop vite ;
- La fin est pourrie, mais vraiment, vraiment, vraiment nulle.
En fait, avec Chéri, on a limite cru que c'était une blague, qu'un film comme ça n'avait plus le droit de sortir au ciné de nos jours.
Jumper aurait été parfait si le réalisateur avait plutôt choisi de créer un court-métrage avec les scènes d'action (elles-mêmes plutôt jouissives, je l'accorde).
Hier soir, je suis allée voir Paris avec J., Anita et une demi-douzaine de leurs amis, au MK2 Bibliothèque.
Le film m'a été à moitié gâché par ma voisine, qui se baffrait de pop-corn, buvaient son Ice Tea bruyamment, se bouffait les ongles, allumait son portable.
Pour le reste... Je n'ai pas aimé.

Paris, c'est l'histoire de plein de gens. D'accord.
Pierre (Romain Duris, ils auraient du lui trouver un prénom encore plus consensuel tant qu'à faire) a un problème au coeur qui l'oblige à en faire le moins possible. Il mourra peut-être dans quelques mois. Du coup, pour s'occuper, il regarde les gens par la fenêtre. LA fille de l'immeuble d'en face (Mélanie Laurent), étudiante en Histoire à la Sorbonne, dont son prof (Fabrice Luchini) est tombé amoureux. Sa boulangère (Karin Viard), pleine de préjugés racistes, qui embauche une "beurette" très mignonne. Sa soeur Élise (Juliette Binoche) lui rend visite très souvent avec ses trois enfants, fait ses courses au marché, tandis que le prof d'Histoire commence une carrière parallèle à la télé, que le frère de celui-ci pleure la mort de leur père et continue de surveiller le chantier de la nouvelle fac de Paris 7* (MA fac, mais ils ne le précisent jamais... Pas que c'est la mienne, mais que c'est une fac !), que les gens du marché crient fort et tombent amoureux, et qu'un mec du Cameroun commence le périple vers la France.
Voilà, Paris, c'est ça.
Et je pourrais trouver plein de qualificatifs, mais intéressant ne me viendrait pas à l'idée.
Comme l'a justement dit J., y a tellement de personnages qu'on ne peut s'attacher à aucun d'entre eux. Y en a tellement qu'aucun n'est vraiment développé - à la rigueur, celui de Juliette Binoche.
Quelques séquences drôles, d'autres jolies, d'autres tristes, d'accord.
Mais il y en a beaucoup trop d'ennuyeuses ou d'inutiles.
Et puis, je déteste toujours les mini-séquences de trente secondes qui servent juste à montrer que la vie continue.
J'ai bien aimé Luchini, François Cluzet (son frère), et Karin Viard.

Mais punaise, même si j'avais lu des critiques moyennes de Paris, je ne m'attendais pas à ça... Pas à ce déballage de la Vraie Vie des Gens (copyright : la grand-tante de J., qui parlait des Feux de l'Amour), qui semble vouloir montrer que la Vie c'est important et que le but de la Vie, c'est de vivre. Sans blague ? Merci Cédric.
* Il y a d'ailleurs de très bons moments du film qui se déroulent dans ce quartier (le rêve de François Cluzet, par exemple). C'est la partie que j'ai préférée, peut-être parce que je connais bien l'endroit !
EDIT> J'ai beaucoup aimé raconter Paris à des copines de la fac et à Chéri. "Alors, mon préféré c'était Fabrice Luchini, en fait il joue le prof d'histoire de la voisine d'en face de Romain Duris qui est malade du coeur, et puis mon deuxième préféré c'est François Cluzet, donc le frère du prof d'histoire de la voisine d'en face de Romain Duris qui est malade du coeur si tu suis bien, hé bah lui il est architecte et c'est lui qui a fait les plans du bâtiment de bio de PRG [la nouvelle fac], si !" De quoi faire travailler leurs connexions nerveuses.
23:47 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : film, jumper, paris, romain duris, newport beach, the oc, hayden christensen
23 février 2008
Merci MTV, d'avoir Tunng-é ma caisse !
Depuis quelques temps, tout le monde en parle. Pas tout le monde, d'accord, mais des Grands du Blog en causent.
Que vous la regardiez ou pas, vous connaissez obligatoirement MTV.
Et si vous lisez les notes de Kek ou Sonia (sérieux, à quoi ça sert de linker Kek et Sonia ???), vous avez forcément entendu parler de Pimp My Ride.
Pimp My Ride ?
Aux pays des cow-boys, un quidam se fait offrir ou achète une grosse voiture d'occase toute pourrie. Il la sort pendant quelques jours, mais sa vie devient infernale : sa caisse est tellement défoncée qu'il se fait charrier à chaque coin de rue.
Tadadam, encore une mission pour...
Pour un ex-rappeur, X-Zibit.
Le quidam envoie son dossier à MTV et si y a vraiment du boulot, X-Zibit va chercher la caisse (occasions pour de géniaux « Ho my God ! Hoooooo my Gooooood ! » quand il sonne à la porte d'entrée), et la ramène à son garage. Son équipe se charge de la réparer et... de la tuner.
Un pick-up tout pourri devient un salon de cinéma sur roues, une camionnette défoncée se transforme en plate-forme et sono pour skate-park.
Le téléspectateur avachi dans son canapé assiste à tout le processus,ou presque. Et la production renforce la transormation par une avalanche d'effets "Avant-Après" pour te montrer que l'équipe d'X-Zibit est vraiment troooop forte.
Je dirais que tout le succès de l'émission tient à X-Zibit. Le type se moque de la voiture qu'il a à réparer comme c'est pas permis. Quand il parle à quelqu'un, il ne le regarde pas, mais fait des clins d'oeil et des sourires à la caméra. Et il a une énorme montre avec plein de diamants au poignet gauche, comme me l'ont (et Mélèche) fait remarqué les 'petits' que je garde. (C'est eux qui voulaient regarder ! Je ne vais pas forcer des pré-ados à regarder MTV... Mais je ne peux pas les empêcher de vouloir s'aliéner !)
Sur MTV, les doublages sont toujours exceptionnels. Je sais pas combien sont payés les doubleurs, mais ça doit être assez ridicule vu la conviction qu'ils mettent dans leurs phrases.
Et l'émission se termine forcément par la vision du quidam avec un sourire montant jusqu'aux oreilles, énonçant « Et merci MTV d'avoir tuné ma caisse ! » (c'est plutôt jouissif comme affaire... Ou affligeant, ça dépend comment on le voit), et d'X-Zibit levant les deux pouces en l'air (lui aussi, avec le sourire oreillesque).
Bref, Pimp My Ride est devenue une émission culte – et je ne pense pas que le succès soit du au tuning, qui conserve en France une image très très très beauf.
En parlant de tuning...
Que se passe-t'il si vous enlevez le i de Tuning ?
Vous obtenez Tunng, bien joué.
Tunng, je crois que ça ne veut rien dire.
Par contre, c'est le nom d'un groupe dont j'écoute en boucle une des chansons en ce moment.
J'ai entendu Bullets (extraite de leur troisième album, sorti l'été dernier je crois) la première fois sur OuïFM. J'ai adoré mais ai oublié illico le titre de la chanson et le nom du groupe ! Coïncidence, ils en passaient un extrait pour le test du Comité d'écoute (dont je fais partie, quelle classe) auquel j'ai participé quelques jours plus tard. J'ai donc pu retrouver la trace du morceau, l'écouter en boucle sur Deezer. Jusqu'à ce qu'il soit retiré de l'écoute à la demande, deux jours plus tard. Crotte.

J'ai donc téléchargé leur vidéo directement d'après leur site.
Et je me la repasse encore en boucle.
Voilà le morceau :
Je suis obligée d'utiliser Dailymotion parce que la vidéo fait 11,7 Mo alors que Hautetfort ne veut pas mettre en ligne un fichier multimédia de plus de 10 Mo... Tristesse.
Bon d'accord, les chanteurs ne sont pas top sexy.
Mais avouez que c'est assez génial. (Et grâce à moi, vous l'aurez dans la tête pour une semaine !)
EDIT> Le site lastfm.fr a une page sur Tunng, ici, où ils décrivent le groupe (et mettent des chansons en écoute).
"Tunng est composé de 3 chanteurs/compositeurs/guitaristes, d'une chanteuse/percussioniste, d'un bidouilleur électronique/turntablist, et d'un type qui joue des coquillages avec ses orteils.
Ils relèvent de l'émergence d'un nouveau courant de folk-psyché. Mais contrairement aux instruments traditionnels de groupes comme les Charlambides et Jack Rose, ils combinent le meilleur du son du "Summer of love" des 60's avec des techniques de production modernes, et des touches d'électro et de samples, qui ajoutent un côté bidouille au style psyché."
Exactement.
22:20 Publié dans La TV va nous bouffer, Musique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : MTV, Pimp My Ride, rap, tuning, folk, pop, bullets
22 février 2008
Succes-Story (4)
Le mercredi, normalement, je n'ai pas cours à la fac.
C'est pourquoi je me lève à 10h. Et quand j'ai reçu, à 10h05, un SMS d'Apasse (ha oui, ça, j'ai oublié de le préciser : chez Apasse, ils rappellent les rendez-vous par SMS. En général, leurs machines sont déréglées et en envoient 4 d'affilée. Et le contenu du message, c'est "Apasse : vous êtes convoqué le... à..., à tel endroit". Sympa, l'ambiance), me disant que j'étais convoquée à 11h, j'ai poussé un gros soupir d'exaspération. Mercredi, 11h, c'est le rendez-vous que j'avais fixé avec GM le mercredi précédent... Avant de l'annuler pour vendredi, 9h.
Je prends le temps de prendre mon petit-déj' avant d'appeler pour leur rappeler que le rendez-vous a été annulé.
10h25 Heu... Bonjour, j'aimerais parler à GM, s'il vous plaît.
il n'est pas disponible pour le moment, je vous laisse patienter...
Heuuu non, c'est jsute pour dire que j'ai été convoquée alors que notre rendez-vous avait été annulé, bref rappeler que je ne viens pas, quoi...
Ha oui mais non, pour ça vous devez lui parler en personne ! Je vous laisse patienter.
[Musique joyeusement entraînante]
GM d'Apasse, bonjour ?
Oui, heu, bonjour, Laure *** à l'appareil, je vous appelle parce que j'ai été convoquée par SMS alors qu'on avait annulé ce rendez-vous...
Hmm...Vous êtes Laure, c'est ça ? [Ce doit être sa phrase préférée]
Heu... bah oui.
On n'a pas fait d'erreur, on a trouvé des offres qui pourraient vous correspondre, des cours pour le lundi et le vendredi...
Haaaa d'accord !
Vous pouvez venir ? Vous serez en retard, c'est ça ?
Heu... bah oui, vu que j'ai été prévenue tard...
Pas de problème, je suis disponible.[Ha, GM, tu gères ! Youpi, youpi, un boulot !]
Je prends le temps de me laver les cheveux, quitte à arriver en retard et les cheveux mouillés chez Apasse (j'ai une sainte horreur du sèche-cheveux). Ca leur apprendra, à me convoquer une heure avant le rendez-vous.
11h20. Je suis en retard, et alors.
11h35. De toutes façons, on dirait que GM n'était pas si impatient que ça de me voir. Au moins, mes cheveux ont le temps de sécher pendant que je poireaute sur ma chaise. Ho zut, mon jean est destroy en bas...
11h37. Le jean de GM est aussi destroy en bas que le mien. Sauf que lui, il porte un pull en cachemire.
"Bonjour, désolé de vous avoir fait attendre...
Alors... Vous êtes Laure, c'est ça ? [Je manque d'en avaler ma cravate. Heureusement que je n'en porte pas, de cravate.]
Alors, il y a de nouvelles demandes... Je vous ai dit "lundi et vendredi", c'est ça ?
Heu... Oui, c'est ça.
Bon... Alors, ou est-ce qu'il est passé celui-là... Hmm... Non... Non... Ha bah il semblerait que l'offre ne soit plus valable.
[Attention. Mon sang s'échauffe. Je me fabrique un sourire de psychopathe dément destiné à le faire trembler d'horreur, mais absorbé par son fichier Excel tout moche, il ne remarque rien.]
Donc en fait on n'a plus que le vendredi. Ca vous va ?
[Ouf.] Heu, oui.
Bon, alors vous allez voir Machine là-bas...
Machine est déjà occupée. Alors comme d'hab', je pose mon cul et j'attends.
10 minutes plus tard, Machine s'occupe de Me, Myself and I. Ô joie.
Re-fourragement dans fichier Excel tout pourri.
Alors, ce serait dans le 15ème, ça vous va le 15ème ?
Oui. [J'ai arrêté les Heu et parle sous le coup d'une détermination farouche.]
Le vendredi...
Oui.
De 16h à...
[suspense insoutenable]
19h30. C'est bon pour vous ?
[Je manque mâcher le dossier de ma chaise.]
Non. Non, non. [Martinon, non, non] 19h30, c'est trop tard, j'ai...
Vous avez cours, c'est ça ?
... Ouiii. [Merci machine de m'avoir empêchée de placer que 19h30, ça m'empêcherait surtout deprendre le train pour Lyon, ça fait pas très professionnel quand même.]
Ha bon.
[Silence]
Bah je suis vraiment désolée, hein...
[Moi aussi... C'est rien de le dire.]
Et *comme d'habitude*, je réintègre mes pénates sans avoir décroché la moindre promesse de ramassage de blé.
Et ce n'est pas encore fini.... Héhé.
Je rappelle que j'avais rempli une fiche indiquant toutes mes disponibilités lors de mon inscription au groupe. Pour le vendredi, j'avais noté 13h-17h => j'aime bien râler, mais là ce n'est pas gratuit.
22:55 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : boulot, job, étudiant, emploi, baby-sitting, garde d'enfant, cours particulier
18 février 2008
Success-story (3)
Pas folle la guêpe.
À peine rentrée chez moi, je fomente un plan : le Grand Manitou de chez Apasse n'est au courant de rien concernant le déroulement des études, des inscriptions ou par exemple des formalités d'emploi du temps. Par conséquent, il peut croire à ce que je m'apprête à lui dire : Surprise, mon emploi du temps est arrivé l'après-midi même de mon entretien ! Abadidon, quelle coïncidence, c'est fou.
Comme ça, je peux demander à garder le rendez-vous que m'a fourni l'ordinateur (vendredi, 9h) et annuler celui que j'ai pris avec Grand Manitou himself. Envoyons un mail poli à Grand Manitou... C'est dans la boîte.
Quelques heures plus tard, Grand Manitou me répond que c'est ok pour vendredi, 9h.
Vendredi, 7h30. Ouch, ça fait mal de se lever si tôt quand on n'a pas cours de la journée. Mais les affaires sont les affaires, comme ils disent dans Management (Mens sana in corpe sano, ça passe par de super lectures).
8h25 Cette fois, je n'oublie pas mon planning. Ni tous les papiers d'identité que Mélissa m'avait demandés. Je rembarque même mon CV, et de la lecture scientifique pour m'occuper. Je m'éblouis moi-même par tant de non-oubli.
8h26 Ma têêêêêêêête ! Ma têêêêêêêêêête ! J'ai oublié ma têêêêêêêêêête !
8h27 Nan, je blague, elle était bien à sa place (sur mon cou, entre les deux épaules).
8h50 Je suis une déesse. Tout le monde m'a toujours dit que 10 minutes d'avance à un entretien, c'était le top. (Par "tout le monde", j'entends "ma mère")
8h53 Peut-être pas super top quand c'est pour se retrouver avec trois collègues de Mélissa, le bureau de Grand Manitou désespérément vide, la femme de ménage encore en train de passer l'aspirateur, et de la transpiration dans le dos pour s'être dépêchée.
9h Bon, GM (Grand Manitou), tu fous quoi là ? La moitié de tes potos est arrivée et a déjà chaussé son casque de télécom'...
9h04 Ha, enfin ! J'ai failli attendre.
9h10 Grand Manitou pourrait-il arrêter de papoter avec ses potos ? J'en ai rien à fiche, moi, de leurs problèmes de compatibilité de photocopieuse... Et vas-y que je regarde mes mails, que j'écoute mon répondeur, mais non ça ne me dérange pas, mais si tu pouvais arriver avant l'heure de ton rendez-vous pour faire tout ça, ça m'arrangerait...
9h13 Oui, c'est bien avec toi que j'ai rendez-vous, Grand Manitou. Oui, Laure c'est moi, oui c'est bien moi qui t'ai envoyé un mail, oui j'ai mon planning...
Grand Manitou consulte mes disponibilités, que j'ai recopiées au crayon papier sur une feuille de brouillon toute moche (je milite pour le recyclage des feuilles de brouillon toutes moches). Il rentre tout dans son PC - j'aurais pu le faire de chez moi, ça, GM. Et pis il compare avec les demandes qu'on lui a soumises.
Forcément, vu que les seuls cours que j'ai de la semaine sont casés entre 16h et 18h30, je ne suis pas dispo pour des sorties d'école. "Bon, bah y a rien qu'y va hein, vous pouvez pas vous arranger ?" (J'ai comme une impression de déjà-entendu...)
"Heu.. Bah non... Non, pour les sorties d'école, je peux jamais, mais vous n'avez jamais besoin de quelqu'un à d'autres horaires ?
Ha non. Vous savez bien, pour les gardes régulières, c'est sorties d'école ou rien...
Heu... Bon. Mais, heu... La dernière fois, vous m'aviez parlé de donner des cours particuliers...
Ha bon ?
Heu... oui. Comme je...
Oui oui, vous êtes en troisième année c'est ça ? En Licence ? Vous avez déjà donné des cours, c'est ça ?
Heu... Bah oui. [À mes petites soeurs. Sur un CV, je suis pas sûre que ça le fasse.]
Bon, on va voir ce qu'on a...
Mardi, gnagna, non vous pouvez pas... Mercredi, gnagna, là vous pouvez ?
Heu... Bah non, c'est trop tard, ça déborde sur mon cours...
Le jeu du "Et là, vous pouvez ? Heu... Bah non" se poursuit pendant 5 bonnes minutes.
J'essayais d'afficher un sourire de circonstance, mais je sentais mes coins de lèvres s'affaisser à chaque "Et là ?" GM avait l'air totalement horripilé. Et en bande sonore, on avait toujours la voix de Mélissa en pleine prospection.
Jusqu'à ce que GM déclare forfait.
Me dise qu'on m'appellera si on trouve chaussure à mon pied.
Me remercie.
Et me serre la main en se levant.
9h35 Joli score : 20 minutes de perdues à attendre GM, 20 autresà discourir sur des disponibilités que je n'ai pas (alors que je ne fous rien de mes journées). Hors temps de transport, évidemment.
Et pourtant, cette fois-ci, je l'avais, mon emploi du temps.

Encore une fois : à suivre...
22:20 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : boulot, job, emploi, étudiant, baby-sitting, garde d'enfant, cours particulier
17 février 2008
Indubitablement
Notre société, les magazines féminins, le blog, la malamabilité avec laquelle mes parents me parlent parfois, le métro tous les jours, mon compte en banque qui fait des flexions-extensions sur des airs de java...
Des excuses, je peux en chercher, je peux en trouver.
C'est pas une raison.
Je suis devenue égoïste à l'extrême. Quid de ce qu'il pense, lui ? Ces derniers temps, je n'y fais pas attention - surtout quand il est loin de moi.
Je sais bien qu'un peu d'égoïsme est toujours nécessaire pour se sauvegarder. Mais quand il n'y a plus que l'égoïsme, on ne peut plus parler d'amour, et je l'aime - c'est indubitable.
Recentrage nécessaire. Arrêter de me regarder le nombril, regarder autour de moi, me fixer des objectifs, faire autre chose de mes journées que regarder mon écran d'ordinateur.
Facile à dire, dans l'état actuel. Quand il est là, je ne doute plus ; quand il fait beau, j'ai l'impression que je pourrais y arriver.
Well, si je fournis suffisamment d'efforts pour être un peu moins self-centred*, ça pourrait le faire.
* Je déteste les gens qui mélangent français et anglais dans la même phrase, mais je ne peux pas m'en empêcher. Ca sonne vraiment trop prétentieux quand je laisse la langue de Diderot faire tout le travail. Reste à t=rouver le bon équilibre entre Diderot et Jean-Claude Vandamme... J'en suis aware.
EDIT> Sans transition, et juste parce que je n'ai pas envie d'ajouter une note pour ça : ça y est, j'ai enfin obtenu (merci au meilleur poto de fac de Chéri) les chansons du Live de Daft Punk (Alive 2007). Y a pas à dre, ça déchire sa race.
15:15 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Chéri, égoïsme, recentreage, recommencer, nada surf, i like what you say
15 février 2008
Tu reprendras bien une petite rose rouge, ma douce ?
Incroyable. Depuis hier, un(e) fanatique s'acharne à chercher des photos de Zac Efron sur Gooogle. Ca a fait péter mes stats. Ca fait trop du bien !!
Alors, ma Saint-V.
Bon, je savais que côté Chéri, ça allait être la merde de toutes façons - ça me déprime toujours de voir des gens-heureux-qui-s'aiment-tout-ça quand je ne suis pas avec Lui.
Je ne l'aurais pas imaginé de cette envergure.
A quelle heure commence une journée ? Est-ce qu'on doit considérer que tout démarre à minuit, ou après la nuit de sommeil ?
Le 13, Chéri m'appelle -comme chaque soir- vers 23h. J'aime bien quand on se parle à cette heure-là, parce que je peux me mettre au lit, la lumière éteinte, et m'endormir dès qu'on a arrêté de parler.
Cette fois-ci, c'était un peu spécial. J'avais encore mes réflexions sur la surprise dont j'aurais rêvé, en sachant pertinemment qu'il ne serait pas avec moi le lendemain. Un peu cafardeuse, je ne savais pas trop quoi raconter. Je l'écoutais me raconter sa journée, quand il embraye sur le sujet le plus délicat du moment. Une de ses amies avait demandé à la cantonade de réfléchir aux colocs qu'ils aimeraient avoir à la rentrée prochaine. Pour lui, c'était trop tôt, il n'était même pas encore décidé... Et là, il me sort qu'il resterait sûrement à Lyon jusqu'à janvier prochain, pour faire son premier semestre de master avec son école.
On en avait déjà parlé une fois : il m'avait dit que dans le cadre de son école, il pourrait peut-être se débrouiller pour revenir à Paris l'an prochain, faire un master en virologie (celui que je vais faire ou autre chose). En fait, l'année prochaine il aura un semestre de cours et un semestre en stage. L'année suivante, deux semestres de stage. Sur les trois stages, un doit avoir lieu à Lyon, un autre à l'étranger, le dernier où il veut. [J'ai envie de dire, s'il pouvait partir à l'étranger en même temps que moi, ce serait pas mal.]
En gros, dans le meilleur des meilleurs des cas on est deux semestres ensemble.
Dans celui qu'il envisageait, c'était divisé par deux.
J'ai commencé à pleurer. Sans faire de bruit pour pas qu'il m'entende. L'ennui, c'est que pleurer et parler, c'est incompatible. Je l'ai laissé continuer... Jusqu'à craquer, évidemment. J'ai presque crié. Je lui ai demandé d'arrêter d'en parler avant qu'il soit fixé, lui ait dit que je ne voulais pas faire partie du choix qu'il aurait à faire. Il n'était pas d'accord. Je lui ai expliqué. Il a voulu en finir : "de toutes façons, moi, tant que je suis avec toi, je suis heureux." Ce qui à la base était adorable. Mais comme j'avais passé les minutes précédentes à me demander si je devais vraiment continuer dans notre relation à distance , "Mais moi je ne le suis pas" est sorti tout seul.
Il a pleuré.
J'ai continué à pleurer.
Je lui ai demandé pardon.
On a continué à pleurer en même temps.
J'ai fait une sorte de crise de spasmophilie.
J'ai respiré dans ma taie d'oreiller et me suis calmée.
On a raccroché à presque 1h du matin, ça allait un peu mieux....
Une demi-heure après m'être réveillée, j'ai décidé que la vraie journée de Saint-V. commencerait à 7h12. Ai envoyé un message à Chéri pour le lui dire, et lui souhaiter une bonne Saint-V., donc. Il m'a répondu adorablement (comme d'hab').
Après 2h de cours, je me suis sentie d'humeur massacrante. J'ai passé mes nerfs sur Lancelot (dont j'aurais du mal à me passer). J'ai déjeuné au RU avec Léa, Ginger et Mél, et j'ai vraiment passé un bon moment. Pour mes trois heures de Biotechnologies à venir, je me sentais détendue. On a commencé avec mon sujet préféré et la prof m'a donné un nom pour un stage en Virologie des plantes. J'ai distribué des bonbons à la pêche en forme de coeur aux gens que j'aimais bien.
Après la pause de la première heure, j'ai été victime de harcèlement regardeur. Un mec de l'amphi, qui n'est en cours avec moi que pour ce cours-là, m'a regardée pendant 2h. En souriant. À chaque fois que je me tournais pour voir s'il continuait à me regarder, il me regardait. Je me sentais rougir comme un coquelicot (ou une rose rouge, tiens). Je n'ai plus tourné la tête du cours, pas facile vu qu'il était côté prof. Ca a bien fait rire Léa, puis Lancelot quand je le lui ai raconté.
Pendant mes deux dernières heures de cours, j'ai reçu un texto de Chéri qui me demandait de l'appeler dès que possible parce qu'il n'en pouvait plus de ressasser.
Le métro était bloqué à 4 stations de chez moi, je n'en pouvais plus de mes collègues de wagon, j'ai décidé de rentrer à pied et de l'appeler sur le trajet.
Super calcul : mon trajet empruntait des boulevards monstrueusement bruyants, il faisait très froid... Et surtout, je devais passer devant Monceau Fleurs et Au Nom de la Rose. Puis les deux boutiques de fleuristes de ma rue. Toutes bondées d'hommes, c'était drôle... Et frustrant.
Quand je suis arrivée chez moi, on était toujours au téléphone.
C'est là que ça a ré-explosé.
J'ai re-pleuré. Je l'ai refait pleurer. Je me suis expliquée. Je lui ai dit que j'avais failli prendre mon billet de train pour hier soir. Je l'ai rassuré. Je me sentais un peu horrible, mais c'était vraiment bon de vider mon sac là-dessus.
[Et maintenant, qu'est-ce qu'on va faire ? Je ne sais toujours pas.]
Quand on a fini de discuter, j'avais enfin le coeur léger. C'est bon, je le vois ce soir, l'épreuve Saint-V. est passée.
J'espère que je ne traiterai jamais les gens qui vont la fêter au restaurant de gros beaufs, comme l'avait fait ma mère le soir du 13. Hier soir, mes parents ont préparé des pâtes à l'eau. Voilà, joyeuse Saint-V. ma chérie, tu reprends des pâtes ? Yuuuk.
J'exagère, il lui avait offert des roses (blanches).
Mais mon père a fini la soirée avec moi sur le canap', à regarder les bonus du DVD de Nos Jours heureux. Quand on a fini, ma mère nous a rejoints, a posé la tête sur son épaule et s'est assoupie.
14:45 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Saint-V., Saint-Valentin, Chéri, dispute, réflexion
14 février 2008
C'était prévisible...
... et je m'obstinais à ne pas le voir venir.
Ma Saint-V. fut, sous certains aspects, très caca.
Mises au point, crises, larmes - avec Chéri. Du grand n'importe quoi assez utile.
Pour le reste, je suis contente d'avoir des amis à la fac. J'ai été fortement réconfortée par Lancelot, Léa et Ginger, j'ai rigolé, je leur ai offert des bonbons en forme de coeur (achetés spécialement pour l'occase... Allez-y, fustigez-moi).
Journée assez remplie.
Et comme je suis fatiguée, je raconterai demain.
23:05 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
13 février 2008
Maudite Saint-V.
[Diable, avec cette chanson, on pourrait croire que je suis au bord du suicide. Que nenni, c'est juste que le titre colle avec le texte.]
La Saint-V., toujours.
Déjà, c'est important d'en parler avec le principal concerné.
Conseil inutile ? Pas évident. L'année dernière, on n'en avait pas vraiment discuté et je suis totalement tombée des nues quand j'ai tilté que comme je ne lui en avais pas parlé, il n'avait absolument rien prévu. Enfin non, pas absolument rien : venir à la fac comme tous les jours, faire une partie du trajet avec moi en métro au retour, dîner avec ses parents à 20h comme tous les jours, ce n'est pas rien. Ca s'était à peu près bien fini, heureusement.
Donc, cette année, on en a parlé. Il a cours le 15, donc on ne sera pas ensemble. [J'ai failli lui demander de sécher les cours. Mais vu que je le sermonne à chaque (rare) foisqu'il le fait "T'es payé pour devenir l'élite de la Nation, si t'y vas pas ça veut dire que le contribuable paie pour rien, tout ça parce que tu t'es couché à pas d'heure !", je ne pouvais pas, c'est contre mon éthique personnelle. Sans blague.]
Et pourtant...
Je ne peux pas m'empêcher d'espérer.
D'espérer quoi ?
La surprise.
Comme dans les films, ou pas. Il me demanderait le soir du 13 (ce soir, donc) à quelle heure je finis le lendemain, sous prétexte de savoir à quelle heure m'appeler. Le jour J, il prendrait le train et viendrait me chercher à la sortie des cours. Je ne serais bien sûr absolument pas prête à sa venue, donc avec les cheveux gras, la moustache brune, des poils sous les bras et sous les sourcils, le nez rougeaud as usual, mes fringues moches [Je suis sûre que maintenant, vous brûlez de me connaître], je me sentirais horrible mais il me dirait quand même que je suis superbe [comme dans les films, on a dit !] Il pourrait avoir des roses à la main, être rasé de près et sentir bon le Cristobal ; aller saluer Lancelot, Dan et tous les mecs près de moi à ce moment-là (soyons fous) ; on prendrait le métro en même temps que les gens avec qui je rentre d'habitude, il me dirait "on sort à telle station" et m'emmènerait... je sais pas où, où il veut tant que c'est une surprise. Le je sais pas où serait un endroit chaleureux, où je ne me sentirais pas anti-classe, et où on pourrait avoir un peu d'intimité, parce que bordel Saint-V. oblige. Et puis à la fin de la soirée il me raccompagnerait jusqu'à chez moi, tel le gentleman un soir de Saint-V.
Ce serait juste parfait doublé de merveilleux. Und sehr romantisch.
Et moi le lendemain, contemplant mon bouquet :
Le caillou dans l'assiette de pâtes, c'est que surprise il n'y aura pas. Puisqu'il a cours, puisqu'il aura pensé que comme je lui ai dit C'est bon, j'en mourrai pas ça sera effectivement tout aussi bien de se voir le 15. Le bonhomme sait bien mon adoration pour la Saint-V., par conséquent je pense qu'il est soulagé d'être loin et pas under pressure de ma part.
Et moi je serai triste, parce que comme une connasse je ne lui ai pas demandé de sécher pour être là plus tôt. Et je ne me suis pas saignée pour y être.
Le pire sera sans doute de passer la journée accrochée à mes roses distribuées par le Secours Populaire, comme l'année dernière (quand tous les mecs du métro avaient un énorme bouquet entre les pattes).
Si surprise il n'y a pas [arrête d'espérer ! Surprise il n'y aura pas, tu le sais], j'essayerai de faire contre mauvaise fortune bon muscle cardiaque, et je rejoindrai Maria au bowling avec ses potos.
Attention, question existentielle.
Quels sont les cadeaux de Saint-V. que vous aimeriez recevoir ?
Pour, ce serait soit un pendentif en cristal Swarovski (comment ça, ça ne cadre pas du tout avec Moi ? je tombe amoureuse de ces machins dès que je passe devant une de leurs boutiques), soit un bouquin (je précise que le Swarovski est profondément number one). Ou alors un parfum. Ou alors un pull de mec avec son parfum. Ou alors un filtre H-alpha pour mon télescope. Ou bien un week-end à Venise. Ou alors...
Ca m'intéresse de savoir ce que vous aimeriez qu'on vous offre, les filles pour savoir si je suis un minimum normale, les mecs pour savoir si ce que je compte offrir est potable.
Et n'oubliez pas mon concours Saint-V., je n'ai pas encore décidé et vous avez jusqu'à demain soir ! (Comment ça, ce blog pue la morue-greluche niaise depuis que je suis en blocage sur la Saint-V. ? Paaaas du tout !)
12:05 Publié dans Tout ça c'est de sa faute à LUI, là | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Chéri, Saint-Valentin, Saint-V., surprise, romantique, roses, cadeau
12 février 2008
Success-story (2)
9h25, je suis dans le métro.
Et je m'aperçois que j'ai oublié mon planning.
Comment est-ce que je vais pouvoir indiquer mes disponibilités sans mon planning ?
Panique.
Je tilte que j'ai mon portable et qu'un portable, ça sert à aider dans les moments de panique (oubli du lieu de rendez-vous pour visite scolaire, oubli de CB à la borne de la banque, oubli de planning avant entretien d'embauche, au hasard bien sûr, tout ceci ne pourrait m'arriver à moi...). J'appelle Léa et la tire du lit pour qu'elle me donne nos horaires de fin de cours. Manque de bol, j'ai des options très irrégulières qui me font terminer à 19h trois fois dans le semestre. Je n'ai pas beaucoup de crédit, j'ai l'impression d'être en retard, je lui demande de ne me donner que les horaires maximaux. Que j'écris au dos de Studyramag plutôt qu'au verso de mon vieux CV, apporté au cas où et déjà plié en quatre.
9h55. Je suis devant l'immeuble d'Apasse. De jeunes cadres dynamiques sont en pleine pause café-clope. Je sonne à l'interphone, qui a une tronche bizarre, et qui me bippe effrontément à la figure.
9h57. Je débarque dans une grande salle avec une vingtaine d'employés en open-space, casque de télécom sur les oreilles, les yeux collés à un ordinateur. Je regarde autour de moi, qu'est-ce que je suis censée faire, à qui est-ce que je dois aller parler ?
Quand soudain, vers le fond de ma salle, j'entends la voix honnie...
Allo, Machine ? [...] Bonjour, c'est Mélissa d'Apasse...
Argh ! Elle est encore pire que je ne l'avais imaginée.
Avachie vers son écran, les cheveux gras, elle mâchouille un chewing-gum. Un chewing-gum ! Quand on a un job qui demande à blablater au téléphone toute la journée, c'est plutôt moyen...
Une jeune femme d'aspect rebondi s'avance vers moi. Hamster Jovial me demande à quelle heure j'ai rendez-vous.
« Heu... Dix heures.
Vous êtes déjà inscrite ?
Heu... Non.
Bon alors voilà, vous vous installez à cet ordinateur et vous remplissez le formulaire. N'oubliez pas d'indiquer qui vous a contactée. » [Comment l'oublier ? Ha, Mélissa... Ta voix hantera désormais mes jours et mes nuits...]
Formulaire basique, Nom-Prénom-Âge-Niveau d'études. Ca se corse pour mes motivations. Qu'est-ce que je veux ? Bah, gagner des sous en en faisant le moins possible, comme je l'ai spécifié à ma mère dernièrement. Disponibilités : je mets « 19h-23h59 » pour chaque jour de la semaine, en ajoutant les trous géants en milieu de journée que comporte mon emploi du temps.
Je fais virtuellement la course avec la fille sur l'ordinateur d'à côté, qui a commencé à remplir son formulaire quelques secondes avant moi. (Quand je dis virtuellement, ça signifie qu'elle n'est pas officiellement au courant qu'on fait la course. On s'amuse comme on peut, na.)
Tout à la fin, « j'accepte les condititions d'Apasse ». Je clique pour en savoir plus et tombe sur le règlement, ça peut servir. Je ne comprends pas pourquoi ils ne vérifient même pas qu'on l'ait lu... Ca peut quand même être intéressant de savoir qu'on sera embauché en CDI (Un CDI pour tous ! Un CDI pour tous !) au bout de 10 heures de période d'essai, que pour démissionner pendant ce CDI il faut un préavis 1 mois à l'avance, etc.
Après avoir lu le règlement, je reviens à mon formulaire. Et non, en fait. J'ai du faire une fausse manip' qui a fermé la fenêtre, je dois tout recommencer de zéro... Nom-Prénom-Âge-Niveau d'études-Dernier diplôme obtenu-Numéro de CNI...
La fille à côté de moi a fini largement avant moi. Tant pis, elle sera bien embêtée quand elle voudra donner sa démission et qu'on lui dira « Ok, mais encore un mois à fournir ! Haha, dans ton cul ! » A moins que contrairement à moi, elle connaisse les règles du CDI. Hmm, faudrait que je pense à me culturer.
L'ordi m'affiche ensuite une page pour prendre rendez-vous. Bizarre, j'y suis, à mon rendez-vous. Bon. Je prends ''Vendredi, 9h'', pour avoir le temps avant mon train vers Lyon.
10h10. Hamster Jovial, le retour : « On va vous faire passer avec Grand Manitou, attendez sur cette chaise. »
J'attends un bon quart d'heure que Grand Manitou ait fini d'interroger la fille qui m'a devancée et de répondre à des questions existentielles de Collègues & C°.
10h27. « Vous êtes Laure, c'est ça ?
Heu... oui.
Bien, bien. Troisième année, c'est ça ?
Heu... oui.
Et donc, vos horaires... Holala ! C'est parce que vous êtes en Sciences que votre emploi du temps est si chargé ?
Heu... peut-être, mais c'est surtout parce que j'ai plein de trous dans la journée...
Ho mais dites, vous ne pouvez pas vous arranger ? Parce que ça ne colle pas du tout avec nos demandes, ça !
Heu... Bah non, je peux pas, je suis dans un cursus de 40 personnes donc on ne peut pas vraiment s'arranger, si vous voyez ce que je veux dire...
Bon, bon... Et en cours particuliers, vous seriez disponible ?
Heu... oui ! (Mon rêve ! Comme je ne suis pas encore Bac+3, je ne pensais pas pouvoir !)
Bon, on aura peut-être quelque chose qui collera mieux... Attendez, je regarde mes demandes... bah non, y a rien pour vous, c'est vraiment trop tard... Vous êtes sûre de ne pas pouvoir vous arranger ? »
Et là, je crache le morceau sur mes options.
« Vous me parlez du second semestre, là ? Vous avez votre emploi du temps ?
Heu non non, pas encore... La semaine prochaine sûrement... [Mytho de première, mais je ne pouvais pas admettre que je l'avais oublié !]
Mais quand la semaine prochaine ?
Heu, je sais pas...
Bon, mercredi prochain, vous l'aurez ?
Heu, je...
Ok, bon, vous savez quoi, on va reprendre rendez-vous, mercredi prochain, 11h ça va ? Vous m'enverrez un mail si vous l'avez plus tôt, on pourra décaler, ou si vous ne l'avez pas ça sera pas la peine de venir. »
Grand Manitou se lève, me fait un sourire avec la bouche mais avec les yeux qui disent Putain, j'ai perdu mon temps, me serre la main en me disant À bientôt, et je m'en vais.
10h40. On peut dire que j'ai su perdre mon temps, moi aussi... Tout ça à cause de l'oubli de mon emploi du temps à la maison. Un jour, il faudrait que j'apprenne à ne plus oublier les trucs utiles à la maison... (Ce qui peut se traduire par Un jour, il faudrait que je grandisse, moi !)
12:30 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : boulot, job, emploi, soutien scolaire, baby-sitting, garde d'enfant, étudiant






















