11 mai 2008
Chroniques de Saint-Tropèze (3) : À la mode de chez nous
Savez-vous planter des choux ?

... Moi non plus.
On s'en fout, en fait.
(sauf si vous êtes chouiculteurs, là, ce serait embêtant)
Revenons à nos moutons... Nos moutons provençaux.
À Saint-Tropèze, il n'y a pas de moutonss (un mouton, des moutonss) dans le sens où on l'entend habituellement. Ça ne bêlait pas dans tous les sens et ça ne sentait pas l'étable. Il n'y avait pas non plus de berger avec un gilet en peau de bête et rien en-dessous.
Mais, comme partout, il y avait les moutonss du style.
Le style saint-Tropèze, késako ?
Déjà, il faut être bronzé. Mais pas au sens où nous autres, gens du Nord, l'entendons : quand on est abricot, c'est chouette, quand on est caramel, c'est très chouette.
À Saint-Tropèze, le bronzage caramel est le minimum syndical. Quand on n'arbore pas l'ultra-bronzage, on est aussitôt catalogué dans la catégorie touriste... ou plouc.
Il faut aussi être branché, à la façon Saint-Tropèze.
Une coloration blonde, une robe sirène OU une coloration blonde, une combinaison OU une coloration brun foncé type Italienne en goguette avec des fringues d'Italienne en goguette pour assortir avec les cheveux (parce que s'habiller avec des fringues qui ne sont pas assorties à ses cheveux, c'est la loose).
Surtout pas de sandales tropéziennes, c'est pour les touristes (et même pas pour les ploucs).
Et c'est là que nous débarquons. Ma soeur, blanche, tenue collège rock. Mes parents, blancs, tenue Parisiens-qui-n'ont-pas-souvent-l'occasion-de-se-lâcher en vacances. Moi, blanche, les cheveux en mode buisson, une robe rose qui donne l'impression que je suis enceinte, des sandales plates que j'ai depuis 6 ans aux pieds.
Autant dire que je ne me sentais pas vraiment tel le fish dans les waters.

Mais le point le plus important de la mode tropézienne, c'est les Ray-Ban.

Pas n'importe lequelles, bien sûr : le modèle Aviator (oh yeah baby, comme d'hab'), celui que porte T. Cruise dans Top Gun. Alors, ok, c'est censé être un modèle indémodable, culte, Ray-Ban c'est de la qualité, tout ça. Mais le film date de 1986, et les lunettes... de 50 ans plus tôt.
Pour cet été, Cosmo préconise les solaires pop style Mulberry. Je l'ai noté dans mon agenda parce que pour une fois, un magazine me donnait envie d'acheter des lunettes de soleil !
Enfin, ça n'atteint pas le niveau des lunettes de soleil dont je rêve :

DONC.
Pourquoi cette soumission aux critères vestimentaires, à la blondeur hollywoodienne, mais pas à la mode des lunettes de soleil ? Je suis perplexe.
D'autant plus que les Ray-Ban Aviator ne sont plus vraiment arborées par des T. Cruise. Les deux dernières célébrités que j'ai ''vues'' en porter, étaient...
Désolée pour le parallèle N.S.-Raphaël, il est vrai qu'il y en a un plus agréable à regarder que l'autre (mais lequel ?), mais je n'ai pas supporté de voir les immenses pubs pour le nouvel album de Raphaël dans le métro... Pour moi, la principale qualité de ce mec est sa belle gueule. Ses chansons me saoulent au bout de 5 minutes d'écoute, et il a autant de charisme qu'un bégonia en concert. Alors, pourquoi cacher sa tête derrière des grosses lunettes de soleil, alors que la dernière 'star' (oh yeah, Nico superstar !) à les avoir portées était N.S., et qu'en plus on était encore en plein frimas à la sortie de l'album ??
À Saint-Tropèze, tout le monde porte ce modèle de Ray-Ban, des jeunettes sorties de leur 16ème natal au gardien du parking de la plage. Au début, je les traitais de ploucs, ça faisait du bien. Puis je me suis sentie mal à l'aise et un brin extra-terrestre avec mes lunettes "À fond la forme".
Et maintenant, je me demande quel est donc le mystère du culte de la Ray-Ban à Saint-Tropèze !
Et en bonus ce soir, la révélation :
Top Gun, film gay !
21:59 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ray-ban, lunettes de soleil, saint-tropèze, sarkozy, raphaël, choux, moutons
09 mai 2008
Le baiser fatal des tueuses naturelles
Un des trucs les plus cool du monde.
Bon, c'est de la biologie (plus précisément de l'Immunologie), alors ça ne va peut-être pas vous enthousiasmer autant que moi...
Mais quand même.
Déjà, ça s'appelle Le Baiser Fatal.
Ça pète, non ?
Ça se produit quand vous êtes infecté par une méchante bactérie ou un méchant virus ou un autre méchant truc méchant. Voire, quand une tumeur devient maligne et que des cellules cancéreuses commencent à se balader dans votre corps pour trouver un champ convenable pour une rave-party.
Dans le sang, on a tous des cellules vigiles. Qu'on appelle tueuses naturelles, ou Natural Killer, oh yeah baby. (Ça aussi ça pète. Les chercheurs en Immunologie ont plutôt la classe, je trouve.)
Les vigiles repèrent les cellules infectées, parce que dans un ultime geste de défense celles-ci ont mis à leur surface des petits panneaux qui montraient qu'elles avaient un méchant à l'intérieur. Hop, les vigiles sont activées.
J'imagine que ça se passe un peu comme en boîte, quand un mec repère une fille.
La fille affiche une envie d'être draguée (ou alors elle est juste vachement bonnasse), le mec vient lui faire la causette 2 minutes au bar. Pouf, il l'emmène danser, et là, ça devient collé-serré... Et re-pouf, bisou. (Les rares fois où je vais en boîte, je ne me fais jamais draguer. J'ai donc tiré cette analogie d'une scène de la BD Grand Vampire, le tome Transatlantique en solitaire je crois.)

Là, la tueuse se colle à l'infectée (qui a perdu le contrôle de son corps, puisqu'elle est possédée par le méchant virus/la méchante bactérie/l'esprit du cancer/ce que vous voulez). Et pof, elle lui met sa langue dans la bouche fait un trou avec des molécules qui ressemblent à des perceuses (je crois qu'on est sorti de la métaphore discothèque, là).
La cellule possédée par le Démon - ou presque - commence à être exorcisée (d'où la très jolie photo de gauche), sauf que l'exorcisme marche un peu trop fort : tout son contenu se répand à l'extérieur (ça doit pas être très joli à voir). Du coup, elle essaie de se sauver la vie en bouffant le bout de membrane qui a été troué et en recousant les bords, comme ça ses tripes de cellule ne peuvent plus se répandre partout.
Sauf que haha, la tueuse avait tout prévu : près du trou, elle avait collé d'autres molécules. Des enzymes qui, une fois que la cellule les a bouffées, lui ordonnent de se suicider.
Et elle le fait.
Du coup, je suis vachement fière de faire partie de ceux qui possèdent des Natural Killer. D'être un mammifère, quoi...
12:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : biologie, immunologie, nk, l'exorciste, drague, discothèque, cancer
07 mai 2008
Chroniques de Saint-Tropèze (2) : la Quête du Saint-Graal
Quand on vit dans une ville de taille appréciable, qu'on a l'ADSL (ou mieux) en wi-fi, et qu'on est accro à sa messagerie ET aux blogs, on a tendance à oublier comment ça fait, de vivre sans Internet. Et dans notre petit appart' de location, y avait pas. Pas de wi-fi, pas de modem, même pas d'abonnement téléphonique je crois (au cas où on serait tellement en manque qu'on braverait la connexion à 56K par le téléphone). Dommage. Quand je vais sur Internet, mes parents imaginent que parfois je travaille - ce qui est le cas, si on appuie sur le parfois - là, impossible de leur cacher que j'étais en mode glande maximale.
Pendant ce temps-là, Mère de moi-même se tournait les pouces. En se bouffant les ongles et les doigts. Parce qu'à l'instar de votre servitrice (moi-même), Mère de moi-même est accro à Internet. Pour des motifs plus louables, puisque Mère de moi-même occupe un poste plutôt important sur l'échelle de Richter et doit communiquer non-stop avec collèguos.
Donc, alors que finalement je prenais l'absence d'Internet comme un truc plutôt cool - une désintox, c'est vachement tendance -, Mère de moi-même téléphonait à tout va pour trouver des hotspots wi-fi dans les environs.
Et a fini par trouver.
Mardi 29 donc (si je ne m'abuse), mes parents glissent la tête par le chambranle de la porte de ma chambre (et comme dirait Pierre D. : dans "chambranle" il y a "chambre") et interrompent ma sieste. Bah quoi, près de Saint-Tropèze à 14h et sous 30°C, je ne vois pas ce qu'on peut faire d'autre.
On part chercher du wi-fi...Tu veux venir avec nous ?
Tiraillements. Entre une heure et demie de tranquillité, juste moi et ma soeur sans mes parents, continuer à glander, faire un tour à la piscine voire à la plage... ou partir en quête du Saint-Graal pour assouvir mes addictions (et celles de mes parents), sachant que quand ma mère bosse je préfère ne pas être dans les parages. L'une des options était plus alléchante que l'autre.
Surtout que quand j'ai demandé à Père de moi-même où se trouvait le hotspot (nom stupide, non ?) en question, il m'a répondu... Au MacDo.
Et moi, je déteste le MacDo. Parce que a) ça pue. Parce que b) c'est maculé de taches de gras. Et puis parce que c) leurs toilettes ne sont accessibles que pour ceux qui consomment, maintenant. Et puis aussi, d) à cause de Ronald MacDonald, qui me fait peur.
MAIS. Mon dossier d'économie n'allait pas avancer tout seul. Et Ginger m'avait envoyé un message deux jours plus tôt pour me signaler qu'il était à rendre le 6 - alors que je pensais que c'était pour le 9 et que je n'avais encore rien foutu - ou presque. Et quand Poulet m'appelait, il me demandait à chaque fois si ça allait le boulot, si j'avançais comme je le voulais...
Bref. Ma mauvaise conscience m'a chatouillée, j'ai rigolé (parce que ma mauvaise conscience est vachement douée en chatouilles)... et j'ai bravé le MacDo.
Sauf que...
Après avoir été coincés pendant une demi-heure dans les embouteillages (pour 4-5 kilomètres entre notre chez-nous et le MacDo) de la sortie de Saint-Tropèze, pendant laquelle j'ai joué au Sudoku sur mon portable (c'est dire), on se retrouve au MacDo. Mère de moi-même décide qu'on va rester en terrasse, pour minimiser l'impact odeur de friture.
En m'installant, je mets ma main sur une crotte de moineau fraîche. Chouette.
On a vraiment fière allure. Trois pékins blanchâtres assis sur des bancs en faux bois (mais en quoi, alors ?) pianotant sur leurs PC noirs, le mien ne faisant pas dans le petit bonnet (au moins 95D... Heu, 17'' je crois).
Mon PC met 15 ans à s'allumer. Pendant ce temps-là, mes parents s'énervent sur les leurs, ils ne comprennent que dalle à la connexion (enfin, c'est ce que je suppute d'après grognements et soupirs).
Quand enfin, Toshi (le nom de baptême de mon PC... Bah quoi ?) a consenti à me laisser le tripoter, j'ai aussi poussé moult grognements.
Le portail MacDo était accessible.
Mais ne permettait pas de se connecter au reste de la Toile.
Au bout de 20 minutes de tentatives désespérées, mon père va demander conseil aux caissières.
Elles répondent qu'en effet, ça ne marche pas...
Ma mère réessaye quand même. Elle est persuadée que pour elle, ça va marcher, parce son ordi lui a fait je sais pas quel signe.
Bref. Évidemment, ça ne fonctionne pas, même pour elle.
On repart. Après avoir utilisé les toilettes qui, Alleluia !(je suis une fille DONC je fais pipi tout le temps), étaient gratos cette fois-ci (wi-fi +1, toilettes +1, terrasse +1 : venez au MacDo de Saint-Tropèze ! Crotte de moineau -1, wi-fi qui ne marche pas -1 : bon, finalement, vous pouvez vous abstenir... Quoique, je n'ai pas testé le toboggan). J'ai la larmichette à l'oeil en pensant à tout ce temps perdu que j'aurais pu passer sur mon plumard ou sur un transat.
Mes parents blablatent dans la voiture et je n'écoute pas. Je joue au Mahjong sur Toshi, ça me change du sudoku. [Qu'est-ce qui m'a pris de ne pas emporter de bouquin ?]
Quand soudain !
Père de moi-même donne un coup de volant vers la droite (heureusement, parce qu'à gauche il y avait les voitures en sens inverse, puis la mer) et nous nous retrouvons dans une allée de résidence de vacances. Qui n'est pas la nôtre.
Alors, y en a là ? (Ton de mafioso pressé)
???
Non, je ne capte rien...
Bon. (Soupir de mafioso)
On re-démarre et on continue sur la route.
On tourne dans un lotissement.
Cette fois-ci, c'est moi qui suis chargée de cliquer toutes les 2 secondes sur ''Actualiser'' pour voir si on capte un réseau wi-fi non sécurisé.
Que des Livebux partout... On dirait qu'Urange a très bien réussi à coloniser le territoire.
Actualiser. Actualiser. Actualiser. Livebux. Aucun réseau. Livebux. Actualiser. J'ai mal à l'index.
On sort du lotissement. J'en ai marre, marre, marre.
On tourne vers un hôtel.
Réseau non-sécurisé !
Mes parents poussent des cris de joie.
Père de moi-même se gare dans le parking de l'hôtel.
Sauf que j'ai perdu la connexion... Apparemment, on ne capte que quand on est juste à l'entrée/sortie de la cour/parking de l'hôtel.
Abandonnant toute fierté, mon géniteur s'y gare. Très discret.
On se connecte et on pianote à qui mieux mieux, les PC sur les genoux. Encore plus la classe que sur la terrasse du MacDo...
Je prie pour qu'on ne soit pas démasqués.
La honte suprême, un hôtelier de Saint-Tropèze qui nous tirerait dessus à la carabine ou lâcherait son doberman à nos trousses parce qu'on a piraté son réseau wi-fi en empêchant les gens d'accéder à son hôtel.
Mon PC lâche rapidement, plus de batteries, après que j'ai téléchargé plusieurs pages Web d'entreprises créatrices de sites internet. Ma conscience est enfin tranquille.
Pendant ce temps-là, ma mère continue de pianoter férocement, et moi je stresse à cause de la carabine qui est à coup sûr planquée sous le matelas de l'hôtelier.
Et puis j'ai envie d'aller sur la plage, pile de l'autre côté de la nationale, mais je n'ose pas abandonner le navire.
Épilogue
Mère de moi-même a réussi à achever ce qu'elle voulait faire.
Mais a quand même passé le dimanche précédant la rentrée à bosser.
Quant à moi-même, j'ai appris ce même dimanche que ce que j'avais fait ce jour-là, de même que l'introduction que j'avais rédigée le lendemain pendant la sieste, ne servait strictement à rien, puisque j'avais empiété sur la partie de Léa.
Bref : une quête digne des plus grandes. Genre Perceval qui va chercher le Graal... Ou Persée qui va tuer Méduse pour rapporter je ne sais plus trop quoi...
12:50 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
06 mai 2008
Chroniques de Saint-Tropèze (1) : Panique à bord
Il est 5h du matin, on est samedi, le départ de Saint-Tropèze aura lieu dans 4-5 heures. Deux jours plus tard, c'est la rentrée, ou plutôt la semaine des examens.il fait tout noir, et j'ai peur du noir (c'est récent, en plus. Normalement, c'est à 5 ans qu'il faut avoir peur du noir (non ?) ; pour moi, ça a commencé il y a quelques mois). En boucle dans ma tête, la pensée que je ne savais pas quels examens j'allai avoir la semaine prochaine, ni quand, et tout ça parce que j'avais eu la flemme (un vrai acte manqué) de regarder un fichier Excel sur mon PC. Rien révisé ou presque, mon dossier d'économie à l'état embryonnaire.
Panique.
Je tente de me calmer, mais mon coeur bat trop vite, et puis je commence à avoir peur de pleurer (oui parce que je pleure tout le temps. Pratique).
Je me décale pour être plus près de Poulet. J'ai la tête et les épaules sur son lit, le reste du corps sur le mien, c'est pas confortable du tout mais j'ai besoin de je sais pas, le toucher, être prise dans ses bras, avoir un câlin, être réconfortée, me rendormir. Il est trop loin, carrément à l'autre bout du matelas, il faudrait que je me transvase uniquement sur le sien, j'ai peur de le réveiller. Alors je passe juste mon bras comme je peux. On dirait que je lui mets un bras mort en travers du torse, mais c'est déjà ça. Il grogne, bougeotte, re-grogne, se tourne encore plus de l'autre côté. Sympa. Je reviens sur mon matelas, je me tourne exactement de l'autre côté - la réaction vachement mature, en vouloir à quelqu'un qui dort.
Je me calme comme je peux et m'endort après une demi-heure de flip total.
10:33 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
04 mai 2008
Strict Minimum Imputable à Charogne
Pendant mes vacances, j'ai abandonné le dossier d'économie.
On est trois sur le dossier.
Je devais m'occuper de l'embauche d'un employé, quel serait le coût de l'embauche d'un salarié à temps plein, à temps partiel ?
Pour moi, cet employé serait la personne s'occupant du site internet. Pendant la première semaine de vacances, j'ai mollement commencé les recherches sur les webmasters. Puis ai dévié sur les sociétés proposant des créations de site.
23:19 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : smic















